‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 305 sur 411 · A M. ROUILLÉ · texte numérisé non relu

A M. ROUILLÉ

liXTENDANT A AIX'.

SaintrGcrmain , 27 janvier 1673.

Pour répoUvSe aux lettres qu'il vous a plu de m'écrire les 1 1 et 1 5 de ce mois, j'ay rendu compte au Roy de l'enregistrement qui a esté fait au parlement de Provence de l'édit concernant les procureurs, notaires et sergens^. Sa Majesté n'a pas esté satisfaite du trop long retardement qui y a esté apporté, mais elle ne doute pas que vostre application n'establisse une conduite plus réglée et plus soumise dans cette Compagnie, pour toutes les choses qui regardent son service.

Pour ce que vous dites qu'il sera nécessaire d'ordonner au traitant d'en user différemment dans cette province que dans les autres, Sa Majesté n'est pas persuadée que la misère soit si grande parmy les officiers [procureurs, notaires et sergens] qu'elle vous est représentée. Si vous écoutez les raisons qui vous seront alléguées par ces gens-là, assurément le Roy en tirera peu de secours; mais si vous considérez tout ce que le Roy fait pour cette province ^ la quantité d'argent (jue Sa Majesté y envoyé tous les ans pour sa marine, ses galères, et pour les travaux qu'elle y fait faire, vous trouverez certainement qu'il est difiicile, voire mesme impossible, qu'elle soit si misérable que l'on tasche de vous le persuader; il est nécessaire que vous ayez toujours en vue la subsistance de TEstat, et la

* Jean Rouille , comte de Meslay, né eu 1 6 1 5, de la pièce Sg, page i oG, qui le concerne , est

maitre des reqoôtcs en i653, intendant de erronée. Provence de 1 673 à 1 680 , conseiller d^Ëtal en ' Voir pièœ n° a 1 & , uole.

1680. Mort le 3o janvier 1698. — La note ' Voir pièces n** 9&3 ctSaA.

gloire du Roy qai dépend uniquement des secours extraorditi aires que S^ Majesté Teut tirer de ses peuples. Permettez-moy de vous dire qu'en une matière aussy importante, il faut s'armer de force et de fermeté, parce qu'il vaut beaucoup mieux qu'un particulier qui vit de la subsistance des peuples, bien souvent par sa mauvaise industrie, souffre un peu, que TEstat entier. Je vous prie d'avoir toujours dans vostre esprit les raisons du Roy et de l'Estat présentes pour combattre par la justice toutes celles qui vou^ seront opposées par les intéressés en ces taxes ^

Sa Majesté a esté bien ayse d'apprendre que l'assemblée des communautés soit finie. Elle s'attend bien que la première lettre que vous écrirez sera datée de Marseille et que vous réglerez entièrement les affaires dé cette ville-là qui sont de la dernière conséquence dans Testât ou sont a présent les affaires de l'Europe, d'autant que le Roy tenant le détroit fermé par une puissante escadre de vaisseaux qui y sera toujours, le commerce universel de la Méditerranée peut estre attiré à Marseille, si vous y pouvez restablir le bon ordre et la bonne foy*. ..

(Bibi. des Inv. Me. Comttpondanee de M. Colbert, 1673, fol. 46.)

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