‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 306 sur 411 · A M. FEYDEAU DE BROU · texte numérisé non relu

A M. FEYDEAU DE BROU

INTENDANT A MOJNTAUBAN.

Saint- Germain, 3 février 1673.

J'ay reçu, avec la lettre que vous avez pris la peine de m'écrirc le 9 3 de ce mois, le jugement que vous avez rendu, avec le présidial de Lectourc,

* Colbert écrivail, sur ie même sujel, le (î février suivant , à M. de Miromcsnil , intendant à Poitiers :

«Le traitant des taxes des notaires, procureurs cl sergens de la gonoralilé de Poitiers a écrit aux traitans généraux que son rorouvrement n^iroil pas si vite qu^il espéroit, à cause du délay de liuit mois que vous avez accordé aux procureurs de celte ville -ià pour payer 3oo livres chacun, à quoy vous avei modéré leurs taxes, et que vous leur avez encore fait espérer qu'on leur remettra le dernier payement desdites 3oo livres.

«Vous sçavez que je vous ay écrit plusieurs fois que le Roy avoit destiné le fonds qui doit provenir de ces taxes à des dépenses qui ne souffrent point de retardement. Et conmie Pintention do Sa Majesté est de laisser la liberté

audit traitant de composer avec Icsdits procureurs ainsy qu'il estimera à propos, je vous prie de luy donner toute Tassistance et toute la protection dont il aura besoin pour avancer ses recouvremens, et de ne rien faire que de concert avec luy et de son consentement. Rapprends auiây que vous n'avez pas voida décerner vostre contrainte contre un huissier de Poitiers qui a abandonné sa charge au profit du roy, plulost que de payer sa taxe, quoique fort riche. Comme cela peut servir d*exen)pie dans la province, et qu'il est de grande conséquence de terminer promptement ce recouvrement, vous ne devez pas faire difficiilté de donner ladite contrainte, afin d*ob1iger tous ces petits officiers à payer leurs taxes incessamment. . . n {CorreMp. de M. Colbert, fol. 63.) * Le 3o juillet précédent , Colbert avait écrit

contre le consul de Cahors. Encore que ce jugement ne soit pas proportionné h la faute que ce consul avoit commise, il y a lieu d^espérer qu'il ne laissera pas de contenir tous les esprits inquiets dans le respect et Tobéissaoce qu'ils doivent, et vous devez toujours vous appliquer à prévenir, dans le commencement des séditions, toutes les suites qu'elles pourroient avoir.

Vous aurez à présent reçu le pouvoir pour juger les coupables de l'attroupement arrivé en Lomagne^ A l'égard des désordres qui se commettent aiiK environs du lieu de Lavit '^y il auroit esté nécessaire que vous eussiez envoyé quelque plainte ou procès-verbal de vostre part, afin que sur ce qu'il auroit contenu, dont j'aurois fait rapport à Sa Majesté, elle eust pu résoudre le pouvoir que vous demandez de les juger souverainement. Je ne lai^seray pas de luy lire le contenu en vostre lettre et de vous faire sçavoir la résolution qu'elle aura prise sur ce sujet.

A l'égard des porteurs de contraintes, je vous ay desjà écrit qu'il est nécessaire que vous traitiez cette matière avec quelque délicatesse, parce qu'il faut surtout que vous ne préjudiciez jamais à ce qui peut regarder la célérité du recouvrement des deniers du roy. Surtout, il est de la dernière conséquence que vous ne vous découvriez à qui que ce soit des sentimens qui paroissent dans vos lettres sur ce sujet, parce que, si vous faisiez connoistre que vous improuvez la conduite qui a esté tenue jusqu'à présent, les peuples, qui ne sont pas trop faciles, en tireroient un trop grand avantage qui nuiroit audit recouvrement^. Vous devez donc traiter cette matière avec prudence et mesme avec quelque sorte de dissimulation, en retranchant l'un après l'autre les plus grands abus par tous les moyens que vous trouverez les plus doux et les plus faciles; et ainsy, successivement, vous parviendrez à réduire les frais de contraintes et à soulager les peuples. Pour cet effet, si vous m'envoyez un mémoire en détail des abus que vous reconnoistrez sur ce point, je vous feray sçavoir mes sentimens sur la conduite que vous aurez à tenir.

(Bibl. des Inv. Ms. Comtpondanee de Jf. Colbert, 1673, fol. 61.)

aux maires des villes maritimes et commor- * Lavit- de -Lomagnc, chef-iieu de canton

çantes de Tintërieur pour leur donner avis de dans Tarrondissement de Castel-Sarra8in( Tarn-

rétablissement de quatre croisières ayant pour et- Garonne).

objet de protéger le commerce français. ( Voir ^ Voir, plus loin , les lettres au mémo intenta section Marine et galère»,) — On trouvera dant, pièces n~ 387 et iiSg. — L^obligation dans la section Induetrie y Commerce , de nom- de préparer des ressources suffisantes pour la breuses lettres renfermant le môme reproche guerre qui se poursuivait contre la Hollande contre les négociants marseillais. était alors la préoccupation dominante de Gol-

* Petit pays qui faisait partie du bas Arma- bert gnai^, .compris actuellement dans le Gers.

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