‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 307 sur 411 · A M. DE CREIL · texte numérisé non relu

A M. DE CREIL

I^TEi^DA^T A ROUEN.

Saint-GcrmaiD , 3 févriei* 1673.

J'ay vu et examiné le mémoire que vous m'avez envoyé de toutes les affaires dont vous prenez connoissance et sur lesquelles la Cour des aydes de Normandie a formé ses plaintes^. Vous ne devez pas rejeter sur de mauvais offices les avis que Sa Majesté m'a ordonné de vous donner sur ce qui regarde vostre conduite , vu que le Roy agit avec une profonde «t entière connoissance qui ne peut pas estre prévenue par des faussetés, sans lesquelles il ne peut y avoir de mauvais offices.

Pour ma part, je puis encore vous dire qu'il est assez difficile, pour ne pas dire impossible, de me surprendre sur ce sujet. Je crois vous avoir cydevant donné avis qu'il falloit que vous prissiez garde h ne connoistre que des matières qui peuvent estre de vostre compétence, et c'estàquoy aboutissent, pour l'ordinaire, tous les avis faux ou véritables que l'on peut me donner^. Mais en cette dernière occasion, c'est vostre Mémoire mesme qui vous a rendu ce mauvais office dont vous vous plaignez, parce qu'il a paru clairement, par la lecture de ce qui y est contenu, que vous preniez connoissance de toutes les matières concernant les tailles qui sont de la juri^ diction des élus et de la Cour des aydes. Pour finir cette matière^ contenez-vous avec soin dans l'estcndue des pouvoirs qui vous sont donnés par les arrests du conseil, et, à l'égard des tailles, par les règlemens qui ont esté enregistrés en la Cour des aydes. Pour le surplus, si les ^us et ladite Cour jugent mal, donnez-m'en avis, et attendez le pouvoir néeessaîro pour y remédier.

Je vous avoue que je n'entends pas ce que vous dites qu'il y a eu jusqu'à vingt et vingt-quatre collecteurs des tailles en chacune paroisse, vu <piele nombre qui doit estre pris par chacune année , en chacune des trois élections, est porté par les règlemens, et qu'il n'y a pas d'apparence que ces règlemens soyent si facilement anéantis. Expliquez-moy ce que vous avez voulu dire sur ce sujet, afin que j'en puisse rendre compte au Roy^

Dans toutes les affaires qui nous reviennent des généralités, il h*y a

^ Voir pièce n° 333. saient id tYoir été fmte8 sur leur compte. On

* Il existe de nombreuses lettres de Goi- voit, en les lisant, <iu'il ne se laissait {MtsaHer

berten réponse à celles que lui adressaient des facilement aux préventions, et qu^il aoulenafit

intendants pour prévenir le mauvais effet de ses agents avec fermeté. (Voirpiècsen* 19A.) plaintes vraies on imaginaires qu*ils suppo- ^ Voir pièce n** 18, note.

{H)int à présent d abus qui ayt paru plus considérable au Conseil que celuy des sergens domestiques des receveurs des tailles, sous le nom desquels ils font taxer par les élus qui sont de leur intelligence les frais de courses et exécutions qu'ils appliquent à leur profit ^ Gomme il a esté donné arrest au conseil du à juillet 166&, portant règlement sur ce désordre, je vous prie de me faire sçavoir s'il est connu , et s'il s'exécute dans la généralité de Rouen, et mesme de vous appliquer particulièrement à conooisire si quelques-uns des receveurs des tailles ou commis aux recettes en usent de cette sorte, pour porter le remède nécessaire par vostre autorité ou m'en donner avis.

(Bibl. (les Iiiv. Ms. Correipondance de M. Colbert, 1678, fol. 53.)

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