A M. PELLOT
PREMIER PRÉSIDENT A ROUEN
Saint-Germaio , s A féTrier 1678.
Pour réponse au billet écrit de vostrc main, le 19 de ce mois, von» pouvez croire que je ne me suis pas servy du canal de M. Tarchevesque de Rouen * pour aucune négociation du tiers et danger, ni mesme de la vojb que vous m'écrivez que MM. les évesques ont tenue en écrivant des lettfe» circulaires aux curés.
Pour vous dire la vérité, je ne sçais si cette voye peut estre soufferte, vu que , quand mesme on s'en serviroit à bien et qu'elle ne pust servir jà mal , comme elle n'a jamais esté pratiquée dans le royaume , il ne seroit pas à propos de la mettre en usage. MM. les évesques peuvent bien, ponr le spirituel de leurs diocèses, expédier des lettres circulaires, mais non pas pour les affaires du roy, ni pour celles du public.
A l'égard des affaires du tiers et danger, il n'a esté introduit aucune négociation. Les ordres du roy ne sont autres que de poursuivre l'establissèment de ce droit et de faire exécuter avec diligence les jugemens qui ont esté donnés par les commissaires départis. Si quelqu'un a fait icy quelque proposition , on l'a seulement entendue pour en faire rapport au Roy, ainsy qu'on fait de toutes autres choses, sans se départir de l'exécnlion ponctuelle des jugemens rendus^.
(Rib]. des Inv. Ms. Corregpondance de M. Colbert, 1673, fol. 98.)
' François Rouxel, baron de Médavy. (Voir I. 1, 367.) Successivement évoque de Séez , de Langres, puis de Rouen en 1671. Mort en fé vrier 1 69 1 , à Tâge de quatre-vingt-six ans. — Son successeur fut Jacques - Nicolas Colberl, fds du ministre.
* Malgré celle affirmation de Colbert en œ qui concerne le maintien du tiers et danger, on peut être sâr qu'il pensait d(^à à le supprimer, c'est-à-dire, à en préparer le rachat. Il fut en cflet aboli au moisd^avril suivant. (Voir pièce îi" Q 1 3 , note. )
Une Chambre fut établie pour procéder au rachat de ce droit Le 9 février 1 67/i , Colbert écrivait à ce sujet à PcUol :
« A regard de la Chambre du tiers et danger, vous sçavez si bien comme il faut agir dans
ces sortes d'occasions, et faire en sorte qne le Roy tire de cette affaire le secours que Sa Majesté s'est a tien du , que, pourvu que la Chambre agisse ainsy que vous avez fait en tant d^autres ocx'asions pondant que vous serviez dans les provinces, vous ne devez pas douter que Sa Majesté ne luy laisse la connoissance de cette affaire ; mais aussy vous devez estre assuré que , pour peu qu'elle languisse, ou que les commissaires de la Chambre se laissent aller aux recommandations, ainsy qu'il se pratique trop souvent dans les commissions de province. Sa Majesté leur en ostera la connoissance et la donnera aux commissaires départis. Mais vous devez estre assuré que je souhaite fort qu'elle demeure entre vos mains... n {Contêp, deM* Colbei'l,, fol. 10 3.)