‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 325 sur 411 · A M. D'ARGOUGES · texte numérisé non relu

A M. D'ARGOUGES

PREMIER PRÉSIDENT A RENNES

Sceaux , 1 1 aoasl 1 673.

Je suis bien ayse d'apprendre, par vostre lettre du n de ce mois, que nonobstant le changement arrivé dans le parlement de Bretagne, les officiers n'ont pas laissé de s'y rendre en grand nombre. Gomme c'est une marque certaine du respect qu'ils ont pour le Roy et de l'amitié et de k considération qu'ils ont pour vous, vous voulez bien que je m'en r^ouisae avec vous.

Je suis bien ayse que le restablissement de la santé du sieur du Moalinet vous mette en estât de presser plus vigoureusement que jamais les affaires qui sont de la compétence de la Chambre souveraine des domaines. Je vous prie de faire en sorte que nous en puissions tirer des assistances un peu considérables dans le commencement de l'hyver prochain.

A l'égard des diligences qui se font dans la province pour sçavoir les arts et métiers qui sont en chacune ville \ je vous diray que quand mesme les Ëstats seroient obligés de racheter cette affaire, et que le Roy voudroit bien leur accorder cette grâce, il faut laisser faire et mesme appuyer la recherche qui s'en fait, parce qu'il n'y aura que cette recherche qui portera les Estats et les communautés a en souhaiter le rachat et mesme à donner quelque chose de considérable pour cela ^.

(Bibl. des Inv. Ms. Correupondance de M. Colbert, 167S, fol. 991.)

* Un édil de mars 1673 portait que ceux qui faisaient profession de commerce, denrées OQ art8n*<5tant d^aucunecommunnnté, seraient ëtabiis en corps, communautés et jurandes, et qu'il leur serait accordé des statuts. (Isambert, Ane. lotifranç. XIX.) — Cet édit, éminemment bursal, produisit, au rapport de Forbonnais, 3oo,ooo livres. «« Cette bagatelle, ajoutait -il, valait-elle la peine de mettre des hommes si utiles a la merci des traitans et de donner un exemple qui devint peniicieux sous les ministres siiivans??) {Rech, ttir Um fin. 111 , 11 o.)

* Colbert écrivait au même, le s a septeinbre suivant :

<t A regard des arts et métiers, il n*y a point encore de taxes faites. Il est seulement question que les principaux officiers envoyent les listes de tous ceux qui sont dans les villes de leur establissement ; mais il seroit fort dangereux de reculer par la crainte des émotions des peuples, et vous sçavez combien cela est éioigné du caractère et de Tesprit du Roy.?» {Corresp, de M. Colbert, fol. 899.)

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