A M. DE SÈVE
INTENDANT A BORDEAUX
Sceaux , û 3 soplembre 1 673.
Je suis surpris d'apprendre , par vostre lettre du 1 5 de ce mois, que le recouvrement des affaires extraordinaires de la généralité de Bordeaux soit si peu avancé et que vous n'ayez encore reçu que deux rôles sur lesqnds vous avez donné vos ordonnances. Je presseray, dès aujourd'huy, celny qui est chargé de ce recouvrement d'agir avec plus de diligence; mais comme le nom de ceux qui seront sujets à ces taxes, avec la qualité des biens qu'ils possèdent, doit venir de la procédure des élections dans lesquelles vous ou vos subdéiégués travaillez, je vous prie de commencer pfomptement ce travail et de l'avancer avec plus de diligence qu'il n'a esté fait; estant obligé de vous dire que, dans Testât présent des affaires, tous les recouvremens ordinaires et extraordinaires qui se font dans les provinces ne doivent pas dépendre [uniquement] de la conduite ou de la diligence de ceux (|ui en sont chargés.
Mais il est nécessaire que ceux qui, comme vous, par leur caractère et leur employ, doivent avoir phis de zèle et de chaleur pour le service du roy et pour les besoins de l'Ëstat, ne se contentent pas d'agir et de travailler lorsqu'ils en sont requis ou pressés par les traitans; il faut qu'ils sapplëent h leur défaut et à leur négligence, les pressant de faire tout ce qai est nécessaire pour avancer leurs recouvremens, et me donnant promptement et fréquemment avis de tout ce qui leur peut manquer pour les avancer ^ C'est en cela qu'il faut sortir de l'action des juges ordinaires qui ne rapportent et ne jugent un procès que lorsqu'il est mis en estât.
Ce que je vous dis en ce rencontre vous servira , s'il vous plaist , dans toute la suite pour toutes les affaires qui passent par vos mains qui regar* dent le Roy, l'Estat et le public '^.
(Bibl. des Inv. Ms. Correspondance de M. Coibert, 1673, fol. 3a3.)
' Voir pièce n" a5<j. — ^ Les mêmes recommandations furcnl faites par lettre circulaire à tons les intendants.