A M. DE SÈVE
l]NTEiM)Aî>T A BOIIDEALX.
Sainl-G(M"niaiii, i5 décombre 1673.
J'écris à M. le marescbal d'iVlbret sur le sujet du renouvellement du traité de bonne correspondance entre les fronlières de France et celles d'Espagne.
A l'égard des faux bruits que l'on fait courir en Guyenne concernant Festablissement de la gabelle et autres de mesme nature, vous sçavez bien qu'il est diilicile d'empescber (jue les peuples ne se remplissent qupl(|uefois de ces sortes de terreurs paniques; mais comme elles n'ont aucun fondement, elles se dissipent presque au mesme moment (ju'elles sont nées. Ainsy, non-seulement il n'y a point à craindre aucun mauvais effet, mais mesme je ne doute point (jue ces bruits ne soyent à présont dissipés. Cependant il faut toujours augmenter, s'il est |)ossible, vostre application à maintenir et avancer les recouvremens de la laille, des francs-fiefs et de toutes les autres affaires extraordinaires. Vous voyez assez, par la guerre que le Roy est obligé de soutenir contre loute*la maison d'Autricbe, d'Espagne et d'Allemagne, les Hollandois et tous leurs alliés, combien il est nécessaire de tirer les plus grands secours qui seront possibles de
* r.V*8t-à-dirO| vu iruxii^euni que (juaraule ans de {Hxiiiossioii iiirunteftl«'e.
FliNANCES,
toutes les affaires extraordinaires qui sont à présent poursuivies dans Testendue de la généralité de Bordeaux.
Je vous prie d'examiner avec soin Testât auquel est Taffaire des formules, d'exciter souvent les fermiers (|ui sont sur les lieux à vous informer des difficullés qui surviennent en ce recouvrement, et de leur donner incessamment toutes les assistances qui dépendront de l'autorité que le Roj vous a commise pour les surmonter.
J'ay reçu le mémoire concernant les octrois et les charges de la ville de Bordeaux et je verray ce (|ui se pourra faire pour cela ayec les députés qui sont icy.
(Bibl. dcH Iiiv. Ms. CorreiponàtMCt de M. Colbert, 1673, fol. kbS.)