A M. TUBEUF
INTENDAÎNT A TOURS.
Versailles, a3 février 1676.
Je feray rapport demain au Roy de Tarrest dont vous m'avez envoyé le projet pour vous donner le pouvoir de faire le procès aux coupables de l'assassinat commis en la personne d'un huissier, porteur du jugement que vous avez rendu contre le nommé Fougère. Je ne doute pas que
commissaires départis dans les provinces , qui doivent s^y employer avec soin et prudence, beaucoup de persuatiim et un peu de contrainte, sdon qu'ils jugeront nécessaire pour le succès de cette affiiire...»
£t le a mars suivant : nJe sçab bien que Tafiaire des arts et métiers peut estrc difficile dans son exécution ; mais comme tous les Ordres et toutes les Compagnies du royaume donnent, dans Toccasion présente de la guerre, des preuves de leur zèle et de leur fîdclité pour le service du roy, il me paroist aussy juste que ces sortes de gens donnent pareillement quelque aanstance à Sa Majesté; néanmoins vous aurez vu, par mes dépescbes précédentes, qu'il faut conduire cette affaire avec grande circonspection et grande prudence. Comme il y a desjà plusieurs villes comme Bordeaux , Tours, Rouen et autres, et des provinces entières, comme le Languedoc , qui ont composé et traité de cette afiaire, il seroil bon que vous profitassiez de la
crainte que les maires, échevins et principaux boui|[eois ont du bruit qu'elle pourroit exciter parmy le menu peuple pour porter les villes à s'en accommoder et à payer cette taxe, et, en ce cas, on en pourroit tirer une aussy bonne et assez raisonnable composition. C'est à quoy il est nécessaire que vous donniez vostre application entière... T)
Knfin, à l'intendant du Languedoc: «Encore que MM. les députés dcsEstats qui sont icy m'ayent desjà proposé de traiter l'affaire des arts et métiers, néanmoins, comme il est important de les presser un peu pour les obliger d'en donner quelque chose davantage et une partie comptant, je crois qu'il est bien à propos que vous fassiez en sorte que le traitant renouvelle quelques instances un peu pressantes, afin que le bruit en venant de la province, les députés soyent obligés de conclure promptement..." (Corretp, de M» Coïbert, pages 198, ihU et 1/19.)
Sa Majesté ne vous l'accorde; je le feray expédier aassytost el j^ vous IW verray par le premier ordinaire.
Appliquez-vous toujours, autant qu'il vous sera possible, à avancer le recouvrement des francs-fiefs et des affaires extraordinaires; surtout tenez, s'il vous plaist, la main à l'exécution des arrests des 9 et 3o décembre der^ nier, que je vous ay envoyés, l'un pour obliger les traitans des affaires extraordinaires à faire convertir leurs récépissés en quittances^ des gardes du trésor royal et du trésorier des revenus casuels , et l'autre poar obliger ceux qui ont payé des taxes pour l'extinction de la Chambre de justice* à faire convertir en quittances comptables les récépissés qu'ils ont eus des sous-traitans.
( Bihl. des InT. Ms. Corretpondance de ¥. Colbert, 167& , page taô.)