‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 354 sur 411 · A M. DE CREIL · texte numérisé non relu

A M. DE CREIL

INTENDANT A BOUEN.

Versailles, 16 mars 167&.

Pour réponse aux lettres que vous m'avez écrites les 3, 1 1 et 1 3 de ce mois sur le sujet des arts et métiers, je vous diray que, pour conduire ces sortes d'affaires en une fin telle qu'il est nécessaire pour le service du roy, il faut estre extrêmement circonspect pour les bien commencer et encore plus pour les conduire , de telle sorte qu'elles ne puissent rien émouvoir^. Vous sçavez ce que je vous en ay écrit; mais quand

* «Le droit des francs-fiefs fat, en effet, au profit du roi, de diverses parties sépan^,

augmenté de 2, /i 00,000 livres, avec la rc- diaprés, un travail parHculier que M. Golbert

mise du sixième. Mais on tira encore depuis avait fait faire pour connaitre le fond de cette

i,3oo,ooo livres de c^îtte affaire en dépossé- affaire.') (Forbonnais, 111, 110.) dant plus tard les fermiers et en sous-traitant, * Voir pièce n^ 381, note.

«ÏZ^ZTEZ^^X^vlcr :^

3â8 FINANCES,

elles sont une fois commencées et qu'elles sonl en bon train, il est dangereux de les suspendre, d autant que cela ne se peut que par foibiesse ou par inconsidération, qui peuvent avoir do grandes suites dans les affaires publiques. Ainsy, je vous avoue que je n'ay jamais pensé que Ton dust avoir recours, pour les arts et métiers, à la contrainte au nom du roy contre chacun particulier; mais seulement que, après que les communautés en corps seroient convenues de donner au roy les sommes qui auroienl esté offertes, les principaux en fissent ensuite la répartition entre eux, afin que, s'il y avoit quelque contrainte à exercer contre les particuliers , elle vinst de leur part et non de celle de Sa Majesté.

Les cinquanteniers ^ et les arquebusiers ^ doivent payer leurs taxes quand elles seront réduites dans les termes que je vous ay marqués, et le Roy donnera les arrests du conseil nécessaires pour cela.

Je vous recommande toujours Tacbèvement du recouvrement des firancsfiefs et nouveaux acquests, et surtout de faire exécuter les arrests qui vous ont esté envoyés pour obliger les habitans de la ville de Rouen à donner leur déclaration.

(Bibl. des Inv. Ms. Cam^^ondanee de M. Cotbert, 167& , page 176.)

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