A M. BIDÉ DE LA GRANDVILLE
INTENDANT A LIMOGES
Versailles, a 3 mars 1674.
Je suis bien ayse d'apprendre, par vostre lettre du 17 du présent mois, que le débit des bestiaux ayt commencé à estre avantageux dans la généralité de Limoges et que vous voyez beaucoup d'apparence qu'il y apportera de l'argent.
Vous avez bien fait de ne pas donner l'ordonnance qui vous a esté demandée, ne la croyant pas nécessaire pour faire payer les tailles et estant très à propos de ne point faire connoistre au public qu'il "soit nécessaire d'y apporter tant de rigueur. 11 dépend beaucoup de l'industrie et de l'application de MM. les commissaires départis d'en faciliter la levée par les divers expédiens que le caractère de l'esprit des peuples de chaque généralité leur peut fournir, y ayant beaucoup de provinces où les peuples payent sans frais dans les temps qu'on leur donne, comme l'Auvergne qui est voisine du Limousin et où les collecteurs se chargent du payement moyennant quelque profit qu'ils tirent par l'imposition, et quantité d'autres où les seuls sergens des tailles se font payer avec facilité et où les frais ne montent pas à plus de 3 ou /i 00 livres par an dans une élection de cent paroisses et au-dessus. 11 est vray qu'il y en a quelques-unes où les peuples sont plus difficiles et où il faut plus de rigueur pour les obliger de payer.
L'intention du roy est que les marchands prennent des registres en papier timbré sans aucune difficulté ^ Ainsy, vous devez les y obliger; mais il faut, en cela, éviter autant qu'il sera possible les contraintes personnelles.
Je vous ay desjà fait sçavoir, sur le sujet des arts et métiers, que vous devez porter les villes à traiter de cette affaire et l'accommoder de concert et avec la participation du traitant 2.
(Bibl. des Inv. Ms. Correspandanec de M, Colbert, 167A , page 195.)
' Voir pièce n*.a78. — ^ Voir pièces n*** a8i el aSA.