‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 367 sur 411 · A M. FOUCAULT · texte numérisé non relu

A M. FOUCAULT

INTEINDANT A MONTAUBAN.

Paris, 1 5 juin 167/i.

J'ay reçu avec voslre lettre du 6 de ce mois vostre avis sur le brevet de la taille. Gomme le Roy ne prendra résolution sur les impositions que dans la (in du mois de juillet ou dans le mois d'aoust prochain, on pourra plus facilement connoistre si les biens de la terre seront abondans, et si nous aurons la paix. En ce cas, Sa Majesté fera une dimûiution considérable sur ses peuples; mais si la guerre continue, vous voyez bien vousmesme qu'il n'y a pas d'apparence que Sa Majesté puisse leur en accorder aucune. Ainsy, quoyque ce temps-cy soit fascheux par la crainte que l'armée hollandoise donne sur les costes, vous ne devez pas laisser d'examiner soigneusement ce qui se pourra faire pour tirer de la généralité de Montauban des secours ordinaires et extraordinaires, auxquels Sa Majesté s'attend pour soutenir les grandes dépenses qu'elle est obligée de faire.

Vous avez bien fait de régler et do modérer les estapes que M, le marcschal d'Albrct a ordonné estre fournies aux gentilshommes qu'il a appelés pour la défense des costes maritimes'. Comme je vois que ces dépenses iront

' Celle mesure , loule locale, avail précédé rarrière-ban pour la défense des côles et des de quelques mois la publication des lettres pa- frontières *. Les mêmes précautions furent lentes par les<|uelles le Roi convo(|ua le ban et prises par le duc de Saint-Aif^nan , gouverneur

* Lo 17 août 167/1, 1<^ 1^"^ ap|M>la nii »ci'vicr, pour deux mois, la iiioiliû do la noblesse des provinces situées à moins de cent lioucs des fronUères menacées. Cctlo mesure était purement fiscale , car, moyennant nnv taxe, vnriahle suivant le revenu , on |)ouvait se dispenser de servir; «ne doutant pas. dî-

Wi FINANCES,

assurément beaucoup plus loin que Sa Majesté n'a fait estât, vous devez travailler par tout moyen possible à les retrancher et à les dimînaer, sans toutefois préjudicier au service de Sa Majesté , qui doit estre préféré i tontes choses dans une occasion comme celle-cy. •

Je vous recommande toujours de chercher avec soin les moyens de vendire les domaines contenus dans les rôles du Conseil qui vous ont esté envoyés, afin que le Roy en puisse tirer les secours dont Sa Majesté fait estât.

Je sçais bien que la convocation des gentilshommes peut apporter (|uelque retardement à l'aiTaire des francs-fiefs; mais comme cela finira bienlosl, vous pourrez reprendre la poursuite de cette affaire et en continuer le recouvrement. Cependant il est bon que vous examiniez toujours à combien peut monter Taugmentation de forfait que je demande aux receveurs généraux ' et de m'en faire scavoir voslre sentiment.

(Bibl. des Inv. Ms. Correipondnnce de M. Colbert, 167 A, page 5o8.)

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