A MICHEL COLBERT
INTENDANT A ALENÇON
YenaÛleB, 6 juillet 1O7/1.
J'apprends , par vostre lettre du a 6 du mois passé , les sommes que les villes de Verneuil , de Séez et d'Argeotan offrent de donner pour les arts et métiers; ces deux taxes doivent estre toutes différentes, estant comprises dans deux différens traités dont Texécution est commise à deux différentes personnes.
A l'égard du nommé Marreau , commis de Domfiront , je vous avoue que j'ay esté un peu surpris que vous ayez commencé par le faire arrester, et que vous ayez commis un vicomte pour la recette des tailles et pour le recouvrement des firancs-fiefs. Jusqu'à présent les commissaires départis dans les provinces n'en ont pas usé de cette sorte, et il seroit trèsdangereux de l'introduire. Le bon ordre veut que lorsque les intendans tnuvent quelque désordre de cette qualité dans l'estendue de la généralité dans laquelle ils servent , ils m'en donnent avis pour en rendre compte au Roy; ensuite, si Sa Majesté estime qu'il y ayt lieu de faire un exemple, elle leur envoyé ordre de faire arrester celuy qui est accusé, d'informer et de luy faire son procès. Gomme il paroist de la précipi* tation dans vostre procédé, vu que je n'ay reçu aucun avis précédent de la mauvaise conduite de cet homme, il y a beaucoup d'apparence que vous vous estes laissé persuader subitement, et que vous n'avez pas approfondy et pénétré cette affairç qui est de plus grande conséquence que vous ne croyez. J'en feray rapport demain au Conseil du roy, et vous feray sçavoir la résolution que Sa Majesté prendra sur ce sujet. Mais vous devez prendre garde une autre fois de ne point faire arrester d'employés au recouvrement des deniers du roy, sans vous estre bien informé des rapports qui vous sont faits contre eux et m'en avoir donné avis.
(Bibl. de» Inv. Ms. Cmreipondanee de Jf. Colhert, 167&, page 576.)