A M. LE BLANC
[NTENDAINT A ROUEN.
Sceaux , 9 oclobre 1 68 1 .
Le Roy ayant reçu des plaintes de quel([ues provinces que MM. les intendans et commissaires départis faisoient souvent des taxes d'office en diminution, au lieu que rinte.ntion de Sa Majesté n'a jamais esté par ses édits et arrests que de leur donner le pouvoir d'en faire en augmentation, pour empescher que les principaux des lieux ne se fassent décharger par les collecteurs, Sa Majesté m'a ordonné de vous en écrire pour sçavoir de vous si en effet vous en avez fait de cette sorte, et pour vous dire en ce cas qu'elle ne veut point que voiis en fassiez jamais aucune, sous quelque prétexte et ])our quelque raison que ce soit; mais Sa Majesté vous ordonne en mesme temps de faire beaucoup de taxes d'office en augmentation, jugeant qu'il n'y a rien qui soit plus avantageux à ses peuples pour l'égalité de la taille ^
Je vous envoyé un arrest portant règlement des remises que les receveurs généraux des finances doivent faire aux receveurs des tailles, dont Sa Majesté a ordonné l'expédition. En mesme temps, elle veut que vous le rendiez public , et que vous obligiez les receveurs généraux de traiter avec les receveurs des tailles, aux conditions portées par cet arrest, en leur donnant les assurances nécessaires pour le recouvrement. Sa Majesté veut que ces officiers fassent leur charge, estimant que les peuples en seront mieux niesnagés, particulièrement en dépossédant, chacune année, ceiix qui feront le plus de frais et donnant une récompense à ceux qui en feront le moins, ainsy que je vous l'ay écrit plusieurs fois.
( Bibl. Imp. Mss. S. G. F. 536 1 , Lettrée de M. Colbert, t. lî , fol. 53o. )