‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 95 sur 411 · A M. LE JAY · texte numérisé non relu

A M. LE JAY

INTENDANT A BORDEAUX'

De. . . a3 septembre i663.

Monsieur, la vérification des titres des bourgeois de Bordeaux et la confection d'un tableau estant une affaire d'une très-grande conséquence pour Tune des plus considérables fermes du roy, dont les droits sont fraudés par tous ceux qui se disent bourgeois et qui ne le sont pas^, je vous écris ces lignes pour vous prier d'y donner toute vostre application , et, en cas que le département des tailles de l'année prochaine vous obligeast d'estre aident de Bordeaux pour quelque temps, de ne point donner d'autre pouvoir à un subdélégué ^ que de recevoir les titres qui luy seront mis entre les mains pour en faire des extraits dont il vous fera le rapport à vostre retour; parce que le Boy juge qu'il est de son service que vous décidiez vous-mesme des privilèges des particuliers, et que vous examiniez soi* gneusemeni s'ils sont suivant les formes prescrites par les statuts, et par les déclarations des rois prédécesseurs de Sa Majesté.

Vous connoistrez aysément , par la suite de cette affaire , qu'il n'y a

> ChaHes Le Jay, mattre des requêtes en 16&0, sacceasiveinent intendant en Lorraine, à Toan, à Bordeaui (1669) et à Limoges (t66&), moirten novembre 1671.

* La ferme dont il s^agit ici était établie pour la perception des droits dits d'ancien et nouveau convoi de Bordeaux. Ces droits portaient principalement sur les vins et les sels. Certaines immunités étaient accordées aux bourgeois de Bordeaux. Des contestations s'étant élevées à ce sujet entre les jurats et députés do la ville et tes fermiers du convoi, le conseil d'ÉUit fut saisi de Taflaire en t66A, et le Roi ordonna

que ceux qui prétendaient au titre de bourgeois seraient tenus d'en justifier, sous peine de déchéance, par-devant M. Pellot, alors intondant commissaire départi dans la généralité de Bordeaux.

^ Les intendants qui ne pouvaient sulHre en personne à toutes les obligations de leur chai^ avaient été autorisés par le Roi à nommer, sous leur responsabilité, des délégués. Il fut môme question en 1 70/i , mais le projet ne reçut pas d'exécution, d'ériger ces charges en offices dépendants de la Couronne.

FINâKGBS,

pcttt de voye dont ne ae sojfeni servis ceitt jtpiî se eoat Iwli -JioaiyMg fraude, poqr se Huintenir et se faire mettes dans le sur une matière délicate comme celle-cy, vous devez vous ^Ufier des du pays y mesme de vostre subdëiëguë, et jusque des fermiers du çiHfiOf parce que j'apprends icy que vosk*e subdâégué n'y apporte pas l'exactitude nécessaire, et que lesdits fermiers n'ont pas feini^, cours de leur bail, de reconnoistre ei d'establir des bourgeois, quand les ont dédommagés pour le temps de leur frarme.

Je ne sçaurois m'empescher de répéter encore que diffidlemenl verez-vous une occasion plus avantageuse, dans le cours de vostre employ» pour faire connoistre le zèle que vous avez pour le service du roy, auquel» s'il vous plaist, il faut que vous rendiez justice en ce rencontre avec qudqucst sorte de sévérité; vous priant au surplus de me mander, de huit jours en huit jours, le progrès que vous ferez en cette affaire.

(Areh. de la Mar. RêcmU d$ iiMneê kttnê, loi tgA.)

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