LOUIS XIV A M. DE BAAS
ÛOUVERNEUR ET LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ILES D'AMÉRIQUE
(Minate de Golbert)
De ... 19 juin 1669.
J'ay esté surpris de ne recevoir qu'une lettre de peu de lignes de vostre part, sans date, et mesme que celle que vous écrivez à Golbert ne soit pas plus ample, vu que vous estes assez informé de la considération que j'ay pour les isles de l'Amérique pour estre persuadé que je seray bien ayse de sçavoir en détail Testât auquel vous les avez trouvées et tout ce qui s'y est passé depuis vostre arrivée.
Je veux espérer que, par le premier vaisseau qui arrivera, non-seulement j'auray la satisfaction d'apprendre ce détail, mais mesme que je recevray l'éclaircissement sur tous les points contenus en vostre instruction.
Je fais sçavoir à mon ambassadeur en Angleterre les retardemens que les Anglois de la Barbade ont apportés à recevoir la partie de l'isle de Saint- Christopbe qui leur doit estre restituée en vertu du traité de Breda, et vous feray ensuite sçavoir les ordres que le roy d'Angleterre aura donnés sar ce sujet, mon intention estant que vous vous teniez en estât d'exécuter les ordres que je vous ay donnés cy-devant pour la restitution ponc^ tuelle et exacte de ladite partie. Je vous envoyé, ce pendant, un écrit signé de milord Arlington, secrétaire d'Ëstat dudit roy, par lequel vous con-
* Lli6pital de Québec avait été fondé en Pétrée,Ie Roi ajoutait : «Vous devez estre as- 1669. — Voir, pour les dotations qu'il reçut, sure que je feray faire toutes les diligences YBitUfire générale de la NouveUe-France , par nécessaires à Rome pour Térection de Tévesché le P. de Gharievoix, II, 96. de la Nouvelle-France en titre.» ( Ordret de
* En adressant, le lendemain, des recom- rot, fol. i33.) — On verra plus loin le rémandations presque identiques s\ Tévôque de suitat de ces négociations aupràs du pape.
à&à COLONIES.
noistrez ses intentions sur ce qui doit estre fait de ia part des Anglois sur ce mesme sujet, duquel vous demanderez l'exécution, sans toutefois retarder ladite restitution , voulant exécuter ponctuellement la parole que j'ay donnée lors dudit traité.
Si la conduite des commandans dans les isles vous a paru mauvaise, je me persuade que j'en apprendray les détails par vos premières lettres, afin que j'y puisse apporter le remède que j'estimeray convenable au bien de mon service.
Je donne, dès à présent, mes ordres pour envoyer des vivres pour six mois et ce qui sera nécessaire pour les radoubs et carènes de mes vaisseaux qui sont sous le commandement du comte d'Ëstrées, afin qu'il puisse demeurer dans les mers de l'Amérique jusqu'à ce que la restitution de la partie de l'isle de Saint-Christophe soit faite aux Anglois, et que celte affaire soit entièrement terminée.
Entre toutes choses que vous avez ordre de faire, il n'y en a poial à quoy je désire que vous donniez plus d'application qu'à chasser tous les vaisseaux estrangers et empescher par toute voye qu'ils ne fassent aucun commerce dans les isles, sans souffrir aucune exception.
Tenez toujours les habitans dans l'exercice des armes, et ayez soin de peupler l'isle de la Grenade autant qu'il vous sera possible. . .
(Bibi. Imp. Mss. S. F. 3,oi9 , Colbert et Seignetay, IV, cote i&, pièce lo. ~ Aitb. de la Mar. Ordm du ni pour In compêgniêê de$ Indu, 1669 « ^' ^^** )