A M. DE BAAS
GOUVERNEUR ET LIEUTENANT GÉNÉRAL DES JLES D'AMÉRIQUE
(Minute autographe.)
Saiot-GermaiD » 1 5 septembre 1669.
Milord Arlinglon, secrétaire d'estat d'Angleterre, ayant dit à mon frère que vous aviez fait faire une sommation à ceux qui commandent pour Sa Majesté Britannique dans la Barbade de recevoir la partie de 1 isle de Saint-Christophe, sinon que vous protestiez de n'estre ])lus obligé de leur restituer, Sa Majesté m'ordonne de vous faire sçavoir sur ce point qu il suffit que vous ayez fait vos diligences, et qu'il n'est pas nécessaire que vous en fassiez davantage.
Tenez-vous seulement en estât de faire cette restitution lorsque l'on vous apportera les ordres de Sa Majesté. Cependant elle désire que, conformément aux ordres que vous avez cy- devant reçus, vous fassiez retirer tous les François qui se sont habitués dans la partie de ladite isle qui doit estre restituée aux Anglois, et que* vous en fassiez abandonner les habitations et la culture des terres autant qu'il sera possible. Sa Majesté estimant que les Anglois ne seront pas tentés d'y retourner lorsqu'ils verront que ce sera un pays entièrement abandonné et pour le restablissement duquel il faudroit faire de grandes dépenses.
Sa Majesté m'ordonne toujours de vous dire qu'elle veut que par tous moyens vous empeschiez que les vaisseaux et bastimens estrangers abordent dans nos isles. • .
Elle désire aussy que vous vous appliquiez à peupler la Grenade, comme estant la plus proche isle de la terre ferme de l'Amérique et qui peut donner le plus de moyens d'y entreprendre quelque chose do considérable. Pour cela Sa Majesté désire que vous y fassiez plus de séjour qu'en aucune des autres isles et que vous recherchiez les moyens d'estre toujours exactement informé de Testât des Espagnols et de leurs places en terre ferme, afin de vous tenir en estât de bien servir Sa Majesté si elle prenoit résolution d'y faire quelque entreprise. Elle désire pareillement que vous vous informiez de Testât auquel est la colonie de Cayenne et que vous teniez la main à ce qu'elle s'augmente autant qu'il sera possible.
Sa Majesté me demandant souvent Testât auquel se trouve la religion dans toutes les isles, je vous prie de le bien examiner et de m'en envoyer une relation contenant le nombre des catholiques, celuy des huguenots, et s'il y a quelque autre religion; combien de prostrés et de religieux, et de quels ordres , quelle dépendance ils ont les uns des autres et s'ils ont quelque supérieur ecclésiastique ou non. Sa Majesté désire mesme que vous lay donniez vostre avis sur l'establissement d'un évesque et les moyens que l'on pourroit luy donner pour subsister.
(Bibl. Imp. Mw. S. F. 3,oift, Colbm-t et Seign^y^lV, cote i&, pièce i5. — Arch. de la Mar. Ordre» du roipour (m eoMpagme» det Indeê, 1669 , fol. 16g.)