‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 5)Chapitre 129 sur 258 · AMBASSADEUR A LA HAYE · texte numérisé non relu

AMBASSADEUR A LA HAYE

Saint-Gemnain, 8 aoust 1670.

Je vois, par la lettre du 3 1 juillet, l'entretien que vous avez eu avec M. de Witt, sur le mauvais traitement fait, à la coste de Guinée, au vaisseau nommé le Dauphtn-de-France^ ; et, sur ce que vous avez reconnu par sa repartie que l'on ne prétend pas nous en faire aucune raison jusqu'à ce que l'onayt donné mainlevée de ia galiote la Fortune, qui a esté prise à l'isle de la Grenade, je vous diray qu'il y a bien de la différence de l'un à l'autre. Le vaisseau la Fortune a esté pris abordant dans une isle occupée par

' Cette réflamation était depuis longtemps pendante. Dans une lettre du i" août, Coll>ert en avait dëjà rappelé Tobjet à M. de Pomponne:

« Tay donné ordre, lui disait-il, de vous envoyer incessamment les pièces justificatives da mauvais traitement fait, aux cosles de Gui- D^, au vaisssean le Dauphinrâe-Franee ; lorsqoe vous les aorex reçues, je vous prie d'en solliciter fortement la réparation.

'■ Informex-vous, s*il vous plaist, de tous les mauvais Irailemens que los HoUandois ont faits

aux marchands françois, et ensuite faites-en un mémoire exact pour me Tenvoyor.

<t Je vous remercie de la relation que vous m'avez envoyée du commandant de la flotte arrivée i Batavia. Je Tay lue tout entière, et, quoyqueje connoisse bien que c'est une grande entreprise de vouloir diminuer le commerce des HoUandois dans les Indes orientales ou d'en avoir nostre part, je ne laisse pas d'espérer que nous y pourrons réussir... t) (Bibl. de l'Int. Copie dee lettrée de Colbert, fol. 67.)

/i9A COLONIES.

les sujets du roy, contre les défenses expresses de Sa Majesté (avec des marchandises qui ont esté achetées en France et dans toutes les isles de l'Amérique), il y a plus de deux ans, et con6squé judiciairement. A Tégard du Dauphin^de-France ^ c'est un mauvais traitement fait contre tout ordre , et dans lequel mesme il y a eu un pilote tué. Il suffira que vous en fassiez remarquer la différence au sieur de Witt , n'estant pas de la dignité du Roy de solliciter perpétuellement ces Messieurs, et de ne recevoir d'eux aucune justice.

Vous pourrez aussy, comme de vous-mesme, faire connoistre au sieur dé Witt que Sa Majesté fait toujours rendre une justice exacte aux sujets des Ëstats qui naviguent et trafiquent dans son royaume , mais qu'elle est obligée d'apporter plus de rigueur et de sévérité au commerce qui se fait dans les isles de l'Amérique, à cause de la difficulté qu'il y a de rompre l'habitude que les Flamands et les habitans des isles avoient de commercer ensemble.

(DeppÎDg, Corrupondanee administrative mnu Ixnàê XIV, III , hk^.)

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