‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 5)Chapitre 133 sur 258 · A M. PÉLISSIER · texte numérisé non relu

A M. PÉLISSIER

DIRECTEUR DE LA COMPAGNIE DES INDES OCCIDENTALES

De. . . 8 décembre 1670.

J'ay reçu vos lettres des ii et 9/1 septembre dernier; et, comme j'ay répondu à vos précédentes dont vous aviez joint un duplicata à celles-cy, je me contenteray de vous dire qu'il n'y a rien qui soit si avantageux à la compagnie des Indes occidentales et qui puisse la décharger davantage (Tune partie de la grande dépense qu'elle a soufferte jusqu'à présent, que de continuer à expédier, ainsy que vous avez fait depuis que vous estes dans les isles , les vaisseaux qu'elle y envoyé.

La proposition que vous faites de tenir en chacune des trois principales isles une ou deux barques armées de matelots françois et d'avoir pareillement en chaque isle quelques voiles et autres menus agrès, pour servir aux vaisseaux de la compagnie qui en pourront avoir besoin, est fort bonne, et je donne ordre aux directeurs d'y en envoyer incessamment;

mais je crois que, comme il peut y avoir de fréquentes occasions d'occuper ces barques au transport des marchandises d'une isle à Tautre, il est bien nécessaire que vous fassiez en sorte qu^ ces matelots gagnent leur vie, el que la compagnie ne soit chargée que de faire l'avance de leurs gages et de leur subsistance.

J'ay vu le mémoire que vous m'avez envoyé tant sur le prix des sucres, le commerce des nègres et bestiaux, que sur ie passage des engagés aux isles; mais, comme j'ay mis des apostilles sur chacun des articles dont il est composé et que je vous en renvoyé cy-joint une copie, je n'ay qua vous recommander de vous y conformer exactement.

Je suis bien ayse que le sieur Du Ruau s'applique à l'examen des comptes des commis de la compagnie; et, quoyque le désordre dans lequel ils vivoient autrefois puisse rendre cet examen plus long et plus diflScile qu'il ne devroit estre , il importe beaucoup au bien et à l'avantage de la compagnie d'aplanir toutes les difficultés qui s'y peuvent rencontrer et de le presser de finir ces sortes d'aifaires.

Les projets d'ordonnances générales auxquels vous travaillez avec M. de Baas en chaque isle estant de grande conséquence pour le repos, le soutien et l'augmentation de ceux qui y sont establis, il est bien nécessaire que vous continuiez ce travail avec soin et application, et que,aus5ytost que vous l'aurez achevé dans une isle, vous me l'envoyiez, afin que je puisse l'examiner et en rendre compte à Sa Majesté-

Je vous envoyé cy-joint les lettres patentes que vous m'avez demandées pour l'establissement d'un conseil souverain en l'isle de Saint-Christophe ^ lesquelles sont conformes à celles qui ont esté cy-devant expédiées pour la Martinique. •

Je suis bien ayse d'apprendre qu'il se rencontre, dans les isles, deb terre propre à faire des formes pour le raffinage des sucres ; j'ay donoi ordre à la compagnie d'y faire passer au plus tost les trois ou quatre potiers de terre que vous demandez, n'y ayant rien qui puisse contribua davantage à mettre les sucres en valeur que les raffineries, et qui puiss( procurer plus d'utilité aux habitans qui s'y appliquent.

(Arch. de la Mar. Ordm du roi pour les compagniet de§ Indes, 1670, foi. lit) ' Ces Ictlrcs patentes sont du 1 7 dôcembre 1 670. ( Ordres du m, fol. 1 'i3.)

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