‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 5)Chapitre 136 sur 258 · AO. — A M. CARON · texte numérisé non relu

AO. — A M. CARON

DIRECTEUR DE LA COMPAGNIE DES INDES ORIENTALES

Paris, 37 décembre 1670.

J'ay reçu vos deux lettres du 3 a aoust 1669 et du 1" janvier suivant. Je compatis fort à toutes les peines et les traverses que vous avez reçues dans le commencement de l'establissement de nostre commerce dans les Indes;

^ Louis XIV venait de réduire de moitié les Baas connivant avec les estrangers et qu'il leur

droits d'enlrée sur les sucres venant des tles. pardonne trop facilement. . . r> {Dép» cvne. la

Colbert, en en donnant avis à M. de Terron , le mar. fol. 1 .) — Par un autre arrêt, de juin

a janvier 1 67 1 > ajoutait : « Il y a lieu dVspérer 1 67 1 , le roi déchargea de tous droits les mar-

qu'avec un ai grand soulagement les François chandises à destination des iles et réduisit

ferontseuls ce commerce, et qu'enfin ieseslran- de 5 à 3 0/0 le droit accordé à la compagnie,

gers en seront exclus ; mais je vous avoue que , ( Voir II , Industrie, pièce n" 99 et note.) sur celte exclusion , je trouve toujours M. de

mais j'espère qu'avec vostre fermeté et vostre modération, vous parviendrez à terminer toutes ces difficultés et qu en6n vous establirez nostre commerce de sorte qu'il produira tous les avantages auxquels Sa Majesté s'est attendue.

Je crois que les résolutions qu'elle a prises sur ce qui arriva en l'isle Dauphine lorsque vostre jugement y fut cassé vous auront bien satisfait \ et les ordres que Sa Majesté donne sur la désobéissance du sieur Goujon^ ne vous satisferont pas moins.

Les sieurs Gueston et Blauf ^, directeurs généraux de la compagnie, qui s'en vont dans les Indes et qui vous rendront cette lettre , estant bien disposés pour vivre et agir avec vous dans une parfaite union, il y a lieu d'espérer que la compagnie recevra de grands avantages de vostre travail commun.

Le Roy a fait sçavoir ses intentions si clairement au père supérieur des Capucins, missionnaires en Levant, que je ne doute point que le père Ambroise et tous les religieux de cet ordre ne suivent à l'avenir entièrement vos mouvemens, et Sa Majesté, vous considérant comme elle fait, seroit bien ayse que leur zèle pust produire vostre conversion.

A l'égard de Geylan, Banca et autres, je crois que l'arrivée de M. de La Haye avec les forces maritimes du roy et toutes les assistances que Sa Majesté luy envoyé par le vaisseau k Breton et deux autres , et qu'elle continuera tous les ans, vous donneront seurement le moyen de faire ce qui sera avantageux à la compagnie.

Pour les establissemens de la Gbine et du Japon, Sa Majesté s'attend qae, lorsque les autres directeurs qui partent seront arrivés auprès de vous, vous exécuterez les pensées que vous avez toujours eues de les faire.

Quant à vostre retour en France, vous voyez bien, par le mariage de vostre fille et par tout ce qui s'est passé, que le Roy n'a pas besoin d'estre sollicité pour prendre soin de vostre famille ; et vous devez faire un estât certain de la protection et des bienfaits de Sa Majesté, dans tout le cours de vostre vie, pour vous et pour toute vostre famille, dont Sa Majesté s'est assez déclaré le père en vostre absence ^.

Ainsy elle désire que vous demeuriez dans les Indes tout autant qu'il sera nécessaire pour faire ces establissemens et jusqu'à ce qu'ils soyent faits.

* 11 s^agit ià de Taflàire Marcara. (Voir n"* iSg.) 11 succéda a de Paye, et chercha à

pièces n~ ] 0 et 1 1.) supplanter Garon. — Voir la pièce suivante.

' Négociant de Rouen, actionnaire de la ' Voir II, page bb-j, note,

compagnie des Indes orientales, dont il devint ^ Voir pièce n* a/î.

Tun des directeurs. (Voir II, Industrie, pièce

Je vous puis assurer que vous né pouvez rien faire de plus agréable à Sa Majesté et luy rendre un service plus important que d'exécuter en cela ses volontés.

(Ârch. de ïa Mar. Orârtê à» roi pour les compagmu des Indes, 1670, foL i63.)

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