POUR MON FILS
Par ce mémoire, je vous fais voir ce qu'il faut que vous fassiez. L'accideot de du Boisneau ^ m'a fait faire réflexion, ce matin, sur tous ces accideos dont je me suis souvenu; je les ay aussytost pris par écrit; vous voyez qu'ils sont très-importans. En faisant les mesmes réflexions, vous par- Tiendrez, avec un peu de temps, à bien faire connoistre à tous les officiers ce qu'ils doivent faire, et il n'y a rien de plus nécessaire. Il faut estre pour cela soigneux et exact à bien remarquer tout ce qui vient dans les dépesches qui mérite d'estre mis dans ce règlement, et aussytost mettre la main à la plume et en faire un mémoire sur un agenda ou livre particulier; et aussytost qu'il y a cinq ou six articles, il faut en faire un règlement en forme, le faire imprimer et l'envoyer.
Il faut de plus prendre des mesures de loin pour augmenter ce règlement. Pour cela on pourroit s'informer de M. le Vice-Amiral des règlemens qui pourroient estre faits pour toutes les actions de guerre depuis que les vaisseaux sont en rade, pendant tout le temps qu'ils sont sous voile, et dans tout ce qui concerne la navigation, les manœuvres et le combat, jusqu'à ce qu'ils soyent désarmés.
Cela est très-important, mais il faudroit y travailler avec une grande réflexion. Et mesme il seroit nécessaire que mon fils en fîst un mémoire particulier et l'envoyast aux plus habiles officiers que nous ayons dans la marine, comme d'Almeras, Cabaret et autres. M. le duc de Vivonne pourrait aussy y travailler.
Je crois que Langeron pourroit par son application faire de bons mémoires sur cela; et si vous luy en donniez l'ordre, cela luy ouvriroit l'esprit et luy donneroit occasion de faire des réflexions qu'il n'a point faites
' Voir Marine y pièce n* 396.