‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 5)Chapitre 57 sur 258 · SUR LES TRAVAUX DES PLACES DE PROVENCE · texte numérisé non relu

SUR LES TRAVAUX DES PLACES DE PROVENCE

Versailles, 5 octobre 1676.

Je joins à cette instruction les pians de la citadelle de Marseille, fort Saint- Jean, tour de Bouc et chasteau d'If, dont le sieur Brodart prend soin, et des villes, tours et forts de Toulon, Antibes, Sainte-Marguerite, Saint- Tropez, dont le sieur Arnoul prend soin, ensemble celles de Bregançon et de Sisteron , dont il fera faire les plans sur les lieux \ n'en ayant point trouvé dans mes papiers.

Aussytost qu'il sera arrivé à Marseille, et dans le temps que les affaires de marine luy permettront, il visitera la citadelle, le fort Saint-Jean et le chasteau d'If, avec ledit sieur Brodart et le sieur Gayron, officier d'infanterie dans la citadelle de Marseille, verra, examinera et visitera tous les ouvrages qui ont esté faits pendant les trois dernières années 167/1, 1675 et 1676; verra les marchés des prix de tous lesdits ouvrages,- et particulièrement de la maçonnerie et des remuemens de terre ; examinera et fera examiner ces prix, et fera faire le calcul exact de ce à quoy reviennent lesdits ouvrages depuis l'ouverture de la carrière jusqu'à ce que la pierre soit en place. A quoy il faut beaucoup d'application.

Il doit observer qu'il faut faire ces examens et ces recherches, en sorte que les intendans et ingénieurs ne croyent pas que ce soit par défiance que l'on ayt de leur fidélité, ce qui feroit un très-mauvais effet, estant certain qu'il vaudroit beaucoup mieux les oster que de leur faire connoistre que l'on se défie de leur fidélité. Mais il faut faire ces recherches et ces calculs sous prétexte de leur apprendre de quelle manière ils doivent entrer en connoissance du prix et de la valeur de tous les matériaux et de tous les ouvrages, pour connoistre par eux-mesmes leur véritable prix, afin de faire servir le roy avec plus d'économie et de solidité, s'il est possible, que par le passé. '

En visitant le fort Saint-Jean de Marseille , il verra l'esplanade de ce fort, combien de maisons ont esté abattues pour la former; sçaura si le dernier ordre pour abattre encore le nombre de vingt maisons ou environ , qui a esté envoyé depuis un ou deux mois, a esté exécuté ou non. En cas qu'il ne l'ay t pas esté , il le fera exécuter incessamment , et , à l'égard de l'élévation du prix de ces maisons^, il observera ce que je luy ay expliqué de vive voix.

' Voir pièce if 60 , page 1 78. — * Voir, à ce sujet, Marine, pièce n' 69 , page 1 a a.

En cas qu'aucun des ouvrages qui a esté fait les années dernières n'ayt pas esté reçu, il en fera faire la réception devant luy; et pour cela il verra exactement les devis et les marchés desdits ouvrages; fera examiner en sa présence si les fondations ont esté mises sur un bon fond, si elles sont laites de l'épaisseur et profondeur portées par les devis et marchés; si les pierres sont de bonne qualité, si elles ne sont point sujettes à la gelée; et eafio si le mortier a esté bien composé, si Ton y a mis assez de chaux, et s'il a fait corps.

Il examinera avec grand soin dans ces deux places, et dans toutes les autres, la forme de tous les ouvrages qui servent à leur défense, leurs figures, leurs noms, leurs effets. Entendra les ingénieurs, les gouverneurs et les officiers commandans dans les places, sur tous les travaux qu'ils estimeroient à propos d'ajouter à ceux qui sont desjà faits pour la meilleure défense de leurs places. En les entendant raisonner sur les ouvrages faits et sur ceux qui sont à faire, il taschera de se former une connoissance certaine de l'utÛité de tous les ouvrages pour la défense d'une place.

Ce qui est dit cy-dessus pour la place de Marseille doit estre observé pour toutes les autres places de Provence.

récris aujourd'huy au chevalier de Glerville qu'il parte d'Oleron pour aller au cap de Cette, et je luy fais sçavoir en mesme temps que, s'il fait ce voyage assez promptement pour trouver encore mon fils en Provence, il pousse jusque-là pour visiter avec luy toutes les places et luy donner ses avis, ce qui sera assez avantageux à mon fils.

(Dépôt des fortifications, Mss. 9o5, 1676, foi. 90&.)

(Minute autographe.)

Toulon, 18 et 19 octobre 1676.

Je partis hier de Marseille, après avoir expédié les lettres que je vous ay envoyées par un courrier exprès, et je vins coucher icy; j'y arrivay à dix heures du soir et y fus reçu par M. l'Evesque , qui m'attendoit hors la vilie avec son carrosse.

J ay commencé ce matin le travail que je dois faire icy par visiter les magasins des munitionnaires et me faire rendre compte de Testât auquel sont les vivres qui doivent partir avec le premier convoy. Les ordres

^ On trouvera aux Ammie», pièce XI, le mettre en route, sur tout ce qu^ii devait faire que Seigneiay prépara, avant de se dans son voyafrc de Toulon. *

que j'avois donnés de Marseille, et les lettres que j'avois écrites an sieur Arnoul avoient fort avancé la préparation desdits vivres, et tout estoit presque en estât d'estre embarqué sur le pied de quatre mois à i5 vaisseaux, qui avoient esté réglés pour la moitié juste des équipages des vaisseaux dont est à présent composée l'armée navale; mais, comme M. de Vivonne écrit qu'il retiendra les gros vaisseaux, cela a augmenté considérablement la fourniture qui doit cstre faite, et au lieu de 5,âoo rations, sur lesquelles on avoit compté par jour, il faut à présent en embarquer sur le pied de 6,000*.

De plus, le chevalier de Château-Renault estant icy sans vivres, et les mesures qu'il est nécessaire de prendre pour la seureté du passage de ce convoy m'ayant obligé de luy dire de se préparer à l'escorter jusqu'à Messine ^ il faudra luy fournir pour quatre mois de vivres, et les munitionnaires me demandoient tout le reste de cettet semaine pour leur préparation; mais j'ay envoyé ordre à Marseille pour faire passer icy, avec les vivres des galères, les chairs salées, vins et poissons qu'on y pourra amener. Il sera facile de trouver icy de la farine pour envoyer à Messine en la place du biscuit qu'il sera nécessaire de donner au chevalier de Château-Renault, en sorte que je puis répondre que tous les vivres seront presLs jeudy prochain, et que tout le convoy pourra partir vendredy ou samedy au plus tard, si le temps demeure aussy beau qu'il est à présent. Il sera composé des bastimens de charge , au nombre de 1 8, qui portent les vivres aux galères, de 6 qui portent lès vivres aux vaisseaux, d'une fluste de Ponant qui sera chargée des agrès, apparaux et rechanges à envoyer aux vaisseaux; et pour escorte, le chevalier de Château-Renault, qui commandera les vaisseaux le Bon, VHercule, le Bizarre et V Aventurier, J'ay cru ne pouvoir me dispenser de faire préparer les vaisseaux du chevalier de Château-Renault pour cette escorte, parce que Cabaret n'est point venu à la coste d'Italie suivant les ordres qui luy avoient esté donnés, et que ç'auroit esté commettre un aussy grand convoy que de l'envoyer à Messine avec les vaisseaux que le sieur de Vaudricourt* devoit commander % joint que ledit sieur de Château-Renault ayant ordre de ne point entrer dans Messine , mais seulement d'escorter jusque vers les isles de Lipari les vaisseaux chargés de vivres et de détacher de là les vaisseaux du chevalier de Réals et de Vaudricourt pour l'escorte du convoy jusqu'à Messine , il ne retardera que d'un mois au plus son retour en Ponant, et évitera par ce moyen d'estre retenu à Messine, où on retient tout ce qui y est envoyé.

* De Vaudricourt de L'Aulnay, iieutenant Mort, en Amérique, coriunandaiit k Yaiiianiy de vaisseau en* 1 668, capitaine en 1678. ie 8 juin 1699.

Vous trouverez cy-joint Testât de tous les vivres qu'il faudra embarquer pour ce convoy; Testât des marchandises et munitions qui seront envoyées eo mesme temps et qui seront prestes dans deux jours. On n'en envoyé pas beaucoup, parce que M. de Vivonne doit renvoyer i5 vaisseaux dans le mois prochain , que toute l'armée navale a esté abondamment pourvue de ce qui estoit nécessaire pour son radoub et carène, et que les 1 5 vaisseaux qui resteront se pourvoiront abondamment de tout ce qui sera nécessaire sur les 1 5 vaisseaux qui seront renvoyés.

Après avoir visité les magasins des munitionnaires, j'ay esté faire la visite de tous les vaisseaux de charge; la difficulté qu'il y a de trouver icy des ouvriers et des matelots faisoit que le chargement de ces vaisseaux estoit fort retardé. J'y ay pourvu"^, en faisant détacher lao hommes des bords des vaisseaux de guerre, qui ont esté distribués sur toutes les flusles, en sorte que rien ne retardera de ce costé. J'ay pareillement estably sur chaque vaisseau un officier et un écrivain pour faire faire diligence dans l'embarquement et me venir rendre compte tous les soirs de ce qui aura esté fait pendant la journée. La difficulté qu'il y aura de trouver un assez grand nombre de matelots pour naviguer tous ces bastimens de charge, et le peu de service qu'on retireroit à présent des vaisseaux commandés par Chabcrt, qui est icy, et par le sieur de Gohornes, qui y doit revenir incessamment, obligera de les faire désarmer^; ce sera par ce moyen une dépense espargnée et une facilité grande apportée à la diligence du départ du convoy.

Après avoir examiné et donné ordre à tout ce qui regarde la principale affaire de ce port, qui est le départ des vaisseaux, j'ay fait la visite de Tarsenal, et j'ay commencé par le magasin général. Je me suis fait représenter les livres que tient le garde-magasin de toutes les entrées et sorties des marchandises. L'ordre que le sieur Arnoul a estably est fort bon et fort exact; comme il consiste dans un grand détail, et que j'ay esté bien ayse que vous en fussiez informé, vous en trouverez cy-joint un mémoire^, dans lequel j'ay marqué mes sentimens sur la tenue des livres du garde-magasin et de ceux que tiennent les écrivains de la construction, de la masture, de la corderie, des forges, de la fonderie, des barillats, et généralement de tous les ateliers , qui sont tous relatifs et conformes à celuy du gardemagasin général.

Tay récolé Tinventaire de toutes les marchandises contenues dans ledit magasin général et dans les particuliers de chaque vaisseau; vous trouverez cy-joint ledit inventaire.

Je n'ay pas trouvé que les magasins particuliers fussent bien rangés;

j'ay donné ordre qu'on séparast les marchandises espèce par espèce, et cela sera fait demain matin.

J'ay visité ensuite tous les ateliers de construction, et vous trouverez cy-joint un mémoire de Testât auquel sont les vaisseaux qui sont sur les chantiers, et ce qu'il y aura à faire pour les achever; les ateliers de masture, de menuiserie, de sculpture, de serrurerie, les forges, la fonderie et le reste des bastimens des magasins ont esté visités ensuite; et j'ay esté piersuadé par cette visite de la nécessité qu'il y a de commencer à bastir quelque chose suivant les dessins de l'arsenal', après qu'ils auront esté réglés, n'y ayant rien de plus important pour la diligence des armemens que le Roy ordonne que de donner les commodités nécessaires pour l'exécution des ordres de Sa Majesté, et estant, ce semble, nécessaire qu'un port qui est le seul de la Méditerranée où Sa Majesté ayt des vaisseaux, et d'où sortent les armemens qui l'ont rendu maistre de ces mers, ayt un arsenal qui marque en quelque manière la grandeur du maistre.

Les munitionnaires n'ont rien icy de ce qui leur est nécessaire pour la diligence, et c'est la première chose à laquelle il faudra penser. J'ay examiné avec soin sur le lieu le plan proposé de l'arsenal^, et vous le trouverez cy-joint avec un mémoire apostille sur ledit plan , que j'ay fait après avoir entendu les architectes et les ingénieurs qui sont icy.

Il est arrivé icy un inconvénient très-fascheux. La Vigerie \ qui estoil parly de Messine avec cinq flustes et deux autres bastimens de Ponant a esté forcé par le mauvais temps, après cinquante jours de navigation, à relascher icy ^ ; une de ses flustes a coulé bas, et tout ce qu'il a pu faire a esté d'en sauver l'équipage, les agrès et les canons; deux autres flustes se sont écartées de luy par un coup de vent J, et il luy faudra fournir des vivres pour retourner en Ponant avec les bastimens qui luy restent, et quatre flustes qui ont esté conduites par le chevalier de Château-Renault dans ces rades, et qui doivent pareillement retourner en Ponant. Je ne feray travailler à luy fournir ce qui luy sera nécessaire qu'après le départ du convoy.

19 octobre.

J'ay examiné aujourd'huy tous les vaisseaux du port l'un après l'autre, et j'ay dressé ensuite un mémoire que vous trouverez cy-joint de leurs bonnes ou mauvaises qualités, suivant lequel on pourra se régler à l'avenir, lorsqu'il faudra proposer au Roy l'armement de ses vaisseaux , suivant les différens services qu'ils devront rendre ^,

* De La Vigerie-Treiilebois, lieutenant de vaisseau en 1666, capitaine en 1671. Révoqué le i3 février 1681, il fui rétabli dans son grade en mai 1686. Mort le 98 juillet 170s.

Le vaisseau t Aventurier estant à présent sans capitaine, par rextrémitë delà maladie du chevalier de Rëals, il n'y en a point icy de plus propre pour le conunandementde ce vaisseau que le sieur Estienne-Jean , qui a une grande connoissance de ces mers , et qui a este plusieurs fois à Messine. J ay expédié aujourd'huy l'ordre du roy pour l'establir sur ce vaisseau.

Le sieur de La Vigerie a amené sur son bord un prisonnier envoyé par H. de Vivonne, nommé Joseph Marchese, qui estoit autrefois prévost de Messine et qui a esté accusé de trahison en mesme temps que les Lipari. li devoit le débarquer à la Rochelle, et M. de Vivonne avoit chargé de La Vigerie d'une seule lettre à M. Demuin, pour luy dire de le faire mettre en seureté jusqu'à ce qu'il eust reçu les ordres du roy. C'est un homme contre qui il n'y a point eu de preuves , mais qu'apparemment M. de Vivoniie n'a pas voulu garder à Messine ; je l'ay fait recevoir dans les toors en attendant les ordres du roy; je crois qu'il sera mieux là qu'en aucun lieu ^

M. de Gbàteau-Renault a amené soixante et douze soldats prisonniers, pris dans le village auprès d'Agosta nommé Melliti , et quelques officiers dont je ne sçais pas encore les noms, et dont je vous enverray un mémoire que je luy ay demandé; comme il faut débarquer à terre lesdits prisonniers, et que je ne sçais pas les intentions du Roy, je feray la mesme chose qui a esté faite cy-devant en pareilles occasions, c'est-à-dire que je les enverray à OUioules^ où ils attendront ce que le Roy ordonnera "•

Je passe une partie de toutes les après-disnées à visiter tous les ateliers et à presser les embarquemens". Le sieur Ârnoul fait tout son possible pour les avancer, mais je n'ay pas trouvé qu'on fust assez accoustumé à faire la diligence telle qu'il conviendroit au service du roy, et j'ay trouvé dans la visite que j'ay faite cette après-disnée de tous les vaisseaux qui chargent, des magasins des munitionnaires, et des ateliers oii l'on travaille aux fustailles, que cela n alioit pas assez diligemment. J'ay fait faire en ma présence l'embarquement d'un grand nombre de boutes, qui estoit ce qui manquoit davantage aux vaisseaux qui doivent charger le vin*"; et, sur ce qu'un écrivain qui avoit esté estably pour prendre soin de l'embarquement des vivres avoit quitté le lieu oii il avoit esté posté et n'avoit pu me rendre compte de ce qui s'estoit embarqué, n'y ayant point esté de toute la journée, je l'ay chassé de l'arsenal , en ay fait mettre un autre à sa place ^, et j'esp^ que cet exemple rendra les autres sages à l'avenir.

Tay fait sortir du port les vaisseaux le Neptune et le Saint-Nazaire, qui ne

' Aiijoard'hiii chef-lieu de caoton dans rarrondissement de Toulon.

pouvoient charger qu'après en estre sortis; on travaille nuit et jour au chargement de ces vaisseaux. Il y en a deux qui sont desjà à la Seyne; le chevalier de Château-Renault a tous ses vivres embarqués; le chevalier de Flacourt sera prest demain ao ; les bastimens de Marseille doivent estre icy le âi, et j'espère que le âa une grande partie de tout ie convoy ira aux isles d'Hyères si le temps ne nous contrarie pas. Je crois en ce cas que c'est la plus grande diligence qui puisse jamais se faire, et je feray mon possible afin que cela serve d'exemple pour l'avenir dans les armemens qui seront ordonnés par le Roy.

J'ay visité les machines du sieur de Saint-Félix et les ay fait travailler devant moy; il est certain que celle du cabestan, ainsy que celle dont il se sert pour tirer les masts et autres fardeaux pesans par le moyen de sa vis sans fin , est fort bonne et fort utile "i, et qu'elle peut estre d'un grand usage sur les vaisseaux et dans l'arsenal , et espargner un grand nombre d'hommes qui estoient auparavant nécessaires tant pour lever les ancres que pour tirer lesdits fardeaux de l'eau ; j'en ay fait une épreuve devant moy et j'ay fait tirer deux gros masts de l'eau avec six hommes.

J'ay fait lever une ancre de a,ooo avec douze hommes, dans le mesme temps et avec plus de facilité que trente-cinq hommes n'en ont levé une du mesme poids qui estoit sur un autre bastiment , en sorte qu'on peut répondre de la bonté de sa machine.

Pour celle des pilotis, je ne la crois d'aucun usage'; je l'ay fait essayer devant moy, et j'ay trouvé que la force que faisoient les hommes qui élèvent les masses n'est pas considérable, et, de plus, que les eschelles auxquelles sont attachés les poids estoient trop foibles et ne pouvoient pas estre assez fortes pour les soutenir, en sorte qu'il se rompt souvent des eschelons et que la machine est presque toujours disloquée.

Son martinet pour la forge est une chose fort ordinaire , et il n'a rien ajouté à ceux dont on se sert que la roue dans laquelle il met des hommes qui font travailler ledit martinet.

Je n'ay pu encore essayer celle pour le curement du port; je le feray incessamment.

Je fis faire hier en ma présence l'épreuve de /i5 pièces de canon de Rourgogne de différens calibres, dont il ne creva que 3. Vous verrez par le procès-verbal cy-joint Testât auquel se sont trouvées les pièces qui ont résisté.

Si les autres épreuves avoient eu un succès aussy heureux, les canons de cette manufacture seroient plus estimés qu'ils le sont. J'en feray faire encore une autre épreuve à tirer plusieurs coups à charge ordinaire,

A SEIGNELAÏ. 159

i't je tascheray de bien m'éclairer sur la bonne ou mauvaise qualité des canons".

Jay vu et examiné avec le sieur Arnoul, et après avoir visité tous les vaisseaux du port avec les officiers, le projet des arméniens de Tannée prochaine; je Tay corrigé conjointement avec lesdits officiers, et je vous renvoyé le projet que j'avois fait, avec la copie que j'ay fait mettre au net, afin que vous la puissiez voir plus clairement K

Comme je n*ay pas reçu réponse du sieur Compans sur ce que je luy avois écrit de faire naistre l'envie à M. de Centurion de venir icy, jeluy ay envoyé un courrier exprès pour luy donner avis que je seray dimanche prochain à Antibes, afin que, sans affectation, il trouve moyen de le dire a M. de Centurion et de luy donner par là quelque envie de s'y trouver. S'il y vient je tascheray d'écouter et de rendre ses propositions avantageuses au service du Roy, afin d'en rendre compte à Sa Majesté à mon retour *".

J'ay examiné aujourd'huy avec soin la dépense qui se fait pour les noiis, afin de tascher d'en diminuer le prix; mais je n'ay pu faire la mesme chose icy que j'ay faite à Marseille, tant parce qu'il n'y a pas dans ce port un anssy grand nombre de bastimens dont on puisse disposer, que parce que le biscuit estant en galette est bien plus léger que celuy en grignon, tient plus de place, et par conséquent le vaisseau est chargé d'un moindre poids et les capitaines y gagnent moins , en sorte que le nolis est demeuré au mesme prix, sçavoir : 3o sols pour le quintal de biscuit et la milleroUede vin; i3 sols pour la viande et autres denrées, du quintal; 3 sols pour chaque baril de sardines '.

NOTES MABGINALBS DE LA MAtR DE COLBERT :

Mon fils , je n^ay presque rien à vous dire sur toutes ces dépescfaes , qui sont d'un antre style et tout autrement bien que tout ce que vous avez fait jusqu'à présent; et pour vous dire la vérité et vous répéter ce que je vous ay desjà dit : je commence à me reconnoistre. il ne reste plus, mon fils, qua vous mettre dans Fesprit la situation que je vous désire il y a longtemps, c'est-à-dire de bien revoir mes instructions, de vous appliquer à bien entendre ce que je vous dis et à 1 exécuter ponctuellement. En faisant cela, vous ▼errez qu'en trois ou six mois de temps vostre travail s'éclaircira et que vous vous en jooerez.

Sur toutes les dépesches, il ne vous reste plus qu'à diviser les matières, les bien nager dans leur ordre naturel, les relire avec soin et les polir; en un mot, vous donoeiez plus de temps à les faire que vous ne faites.

Poisez bien à ce que je viens de vous dire en peu de mots et exécutez-le bien ; vous ▼errez un changement prodigieux en vostre travail et en tout ce qui peut estre de vostre utbfaction.

■ Très-bien.

^ Vous avez bien fait de vous servir de luy et de le renvoyer pour Messine.

* Le Roy a approuvé toat ce que vous avez fait. ^ Gela est très-bien.

* Le Roy approuve ce désarmement.

' J'ay vu ce mémoire, qui est très-bien; il y a peut-estre quelque plus grande perfection à acquérir par la simplicité; nous en reparlerons.

' Sans aucune difficulté, il faut bastir l'année prochaine et commencer {>ar les magasins; faites-moy sçavoir s'il n'y a pas des fours qui ont esté bastis cette année.

** Nous verrons ensemble ce plan à vostre retour.

' Cet inconvénient est fréquent; il faut examiner s'il y a de la faute du capitaine.

^ Il faut s'informer avec soin de ces flustes qui se sont séparées.

^ Le Roy est bien ayse de voir Testât de ses vaisseaux; il y a quelques observations délicates à ce sujet que je vous diray à vostre retour.

' Vous avez bien fait de faire mettre Marchese dans les tours de Toulon ; le Roy enverra des ordres pour le faire transférer.

" Le Roy approuve ce que vous avez fait et enverra des ordres.

■ Très-bien; ce voyage vous sera d'une grande utilité.

* Il faut avoir un grand nombre de boutes cerclées de fer. U faut voir si les ordres qui ont esté donnés depuis dix ans à ce sujet ont esté exécutés.

' Vous avez bien fait.

*> U faut bien observer tout ce que je vous ay dit touchant le sieur de Saint-Félix.

' Non. A vostre retour nous en reparlerons.

' Vous voyez bien qu'il ne faut pas nous fier à ces canons. U faut voir ce que nous pourrons faire et ce que nous .pourrons tirer de la fonte des canons qui ne vaudront rien. Cecy est de conséquence.

* Nous verrons ce projet ensemble à vostre retour.

" Vous avez vu que la lettre que vous avez écrite a causé en partie ce contre-temps et a fait naistre des difficultés dans l'esprit de M. Centurion. Il y a une certaine délicatesse dans ces sortes d'affaires que vostre propre expérience, qui viendra toujours à l'appuy de mes instnictions, vous apprendra.

'' Il suffit que vous soyez informé de tout ce qui se peut faire; à l'avenir vous prendrez vos mesures pour avoir meilleure marchandise.

(Bibl. Imp. Mes. S. F. 3,oi9 , Colbertet Stignêlay, YI, oote si, pièce 7.)

(Minute autographe.)

Toulon, 19 octobre 1676.

Je reçus hier au soir fort tard vostre lettre du lo de ce mois, et, pour y répondre , je commenceray par vous dire que , depuis que je suis en cette province, j'ay fait mon possible pour employer utilement mon temps; je continueray à le faire pendant que j'y demeureray, et j'espère que je rendray mon voyage utile au service du roy '.

J'ay reçu, avec vostre lettre, les dépesches que vous aviez reçues de

Provence, et que vous m'avez renvoyées apostillées. Pour répondre à vos apostilles, je dois* travailler demain matin à Texamen de Testât des dépenses de cette année avec M. Arnoul, et» par cet examen, je verray ce qui reste à payer dans ce port; sur quoy je donneray les ordres pour la remise des fonds qui sont entre les mains du sieur Berthelot. Gomme ces dépenses se doivent distribuer à plusieurs personnes, suivant les ordres de l'intendant, et que les affaires du sieur Berthelot l'obligeront à se trouver à Marseille, je luy ay donné mes ordres payables au sieur du Lignon, que j'ay chargé de la distribution de ces fonds, et qui payera sur les ordres du sieur Arnoul , et qui me rendra compte ensuite des payemens qu'il aura faits \

Je me feray une application principale de voir et examiner sur les lieux le nouveau plan de l'arsenal % et j'espère que je vous l'envertpy bientost avec un mémoire sur toutes les parties dudit plan , afin qu'on puisse une fois le régler et commencer dès l'année prochaine à travailler à ce qui est plus nécessaire, qui sont les bastimens pour le munitionnaire , qui n'en a point icy de commodes, ce qui contribue beaucoup au retardement des araiemens^ et empesche mesme qu'on ne puisse visiter aussy exactement qu'il seroit nécessaire les vivres qui sont embarqués , parce que les vins et autres denrées n'arrivent des villages dont on les tire que dans le temps qu'il faut les embarquer; et ce pendant j'ay remédié à cet inconvénient, ayant mis dans chacun des lieux ou les vivres sont embarqués un commissaire ou écrivain avec des experts qui les goustent et n'en laissent embarquer que de bonne qualité ^

Il faut convenir que les munitionnaires font fort bien leur devoir, tant pour la bonne qualité des marchandises que pour la diligence ^

Je parleray aux consuls pour l'exécution des arrests donnés du temps du sieur d'Infreville pour le curement du port; je tascheray de vous rendre compte de cette affaire avant le départ de l'ordinaire ^.

Je visiteray et feray visiter la plate-forme de l'entrée du port qui menace raine, et feray dresser des devis de ce qu'il y aura à faire pour la restablir.

Je feray un travail particulier de tout ce qui concerne les hospitaux; je me suis desjà fait rendre compte de celuy de la ville et du nombre des malades ou estropiés qui y restent; j'iray ensuite à celuy de Saint-Mandrier, et je vous enverray le mémoire sur ce qui regarde cette matière.

J'ay pris l'avis des chevaliers de Ghàteau*Renault et de Tourville, et de tous les capitaines et officiers qui sont icy, sur les canons fondus par le maistre fondeur Baube; tous conviennent deThafaileté de ce maistre fon-

deur; mais, ils assurent que les derniers canons qu'il a faits estoient trap légers ^ et faisoient beaucoup de désordre dans les batteries , parce qu ils rompoient les bragues et sautoient sur leurs affusts ; il est facile de se corriger de ce défaut, et j'en ay parié audit maistre fondeur, qui m'a assuré qu'à l'avenir il s'en corrigera '•

Tous les officiers conviennent qu'il seroit très-nécessaire de faire fondre des canons de 36 livres de balle, et je crois que le premier fonds qui sera fait pour la fonderie doit estre employé à en fondre^; il y a dans le magasin quarante moules prests à fondre, dont il y en a deux de 36 et douze de ùU livres.

Je vous rapporteray un dessin du brigantin fait par Puget, ainsy que vous me le demandez.

Vous aurez appris le retour des bastimens marchands qui estoient allés à Messine, et qui nous ont servy à faire promptement charger ce qui doit partir avec le convoy.

J'ay estably avec le sieur Arnoul le départ des tartanes de manière qu'il en partira à l'avenir tous les premiers jours du mois sans faute ^ ; j'ay réglé chaque voyage de tartane à 6oo livres.

Je verray et examineray avec soin les estais des fournitures faites par les munitionnaires pendant les années 1674011675; l'intendant a arreslé la première année, et, pour la seconde, je dois travailler avec luy sur des éclaircissemens qu'il demande.

Gomme il est aujourd'huy le qo et qu'il y a encore une infinité de choses à faire icy, je ne pourray en partir que vendredy au plus tost, et, pour satisfaire à vos ordres, je prends des mesures pour aller voir toutes les places de Provence jusqu'à Antibes. Ce voyage sera fort pénible et fort fascheux; je feray ce que je pourray pour qu'il soit court, et pour cela j'ay dessein de commencer vendredy par la visite des isles d'Hyères sur les plans qui m'ont esté envoyés par le sieur Arnoul. Je passeray ensuite à Bregançon où je feray la visite de la fortification , et je tascheray, le mesme jour, d'arriver à Saint-Tropez, et de Saint-Tropez j'iray, le lendemain, coucher aux isles de Sainte-Marguerite ou à Antibes, pour visiter ces places et m'en retourner ensuite droit à Marseille, où j'ay encore à régler ce qui regarde l'arsenal, et ce qui concerne les maisons abattues au fort Saint- Jean.

Je compte que je ne partiray que le q 8 de Marseille et qu'ainsy je ne seray que le 3 du mois prochain à Paris, en allant jour et nuit. J'ay donné tous les ordres pour la diligence de mon voyage.

Si les ordres du roy en réponse des lettres de M. le duc de Vivonne ne

viennent pas avant ie départ du convoy, je les expédieray moy-mesme, au moins les plus pressés, et je vous en enverray copiée

ROTIS MAIGIHALBS DB LA IIAI2I DE COLBKRT.

' D paroist assez par vos lettres et par tous les estats et mémoires qui y sont joints fie vous avez bien employé vostre temps.

U fiMit pourtant que vous vous assujeltissiez à mieux diviser vos dépesches , les relire et les polir.

^ Vous avez bien bit de charger le sieur du Lignon de tous les fonds de la marine.

* Cest assuiément ce qu'il y a de plus important à Toulon.

' Quand ce plan sera une fois r^lé, il faudra sans doute commencer par les bastimeos nécessaires pour le mmûtioDiiaire.

* Toutes ces observations sont fort bonnes.

' Tant mieux; mais il faut toujours estre en garde contre eux.

' D &ut tenir la main à f exécution de ces arrests.

^ favoue que cecy me surprend, parce que tout le soin des canons a toujours esté jusqu'à prient de les faire r^ister h Tépreuve de ia pesanteur des boulets, et au surplus de les rendre les plus légers qu'il soit possible, pour un million de raisons, estant eertain que jamais Ton ne s'estoit plaint que les canons fussent trop légers; ii faut consulter des savans en artillerie de terre sur cette matière.

' Cecy est délicat; le fondeur n'a garde de manquer à vous promettre de charger ses pièces de métal , parce qu'il y gagnera beaucoup.

^ Il est sans difficulté qu'il faut fondre des canons de 36.

^ Très-bien; il but se souvenir d'écrire toujours par ces tartanes , sans jamais y manquer.

* Les ordres et lettres doivent estre arrivés dimanche dernier à Toulon par La Motte. Je crains que La Motte, que je vous ay dépesché, ne vous ayt point trouvé è Toulon.

(Bibl. Imp. M88. S. F. S.oia, Colbert $t Seignelay, VI, cote ai, piàce S.)

(Minute autographe.)

Toulon, 9 3 et 93 octobre 1676.

Le vent et la pluye, qui sont fort violens, ont eoipescbé que tous les îaisseaujc ne fussent prests aujourd'huy, parce qu'on n'a pu charger les vivres ni faire sortir les agrès nécessaires pour l'armement desdils vaisseaux; mais cela n'empeschera pas que le chevalier de Château-Renault, avec les vaisseaux de guerre qu'il commande, ne mette ce soir à la voile pour aller aux isles d'Hyèrcs où tous les bastimens du cunvoy se rassembleront*.

Il sera suivy de quatre bastimens de charge, sçavoir : k Saint-Cyprien ,

m INSTRUCTIONS

la Notre-'Oame-de-Grâce , le Saint-Rosaire et le Profond; le Saint-Nazaire, le Neptune et la Rocheloise le suivront immédiatement après, si le vent, qui ne leur permet pas de sortir, mollit un peu.

J'attends avec impatience le convoy de Marseille; il est prestdès avanthier, et il n'y a que le vent qui l'ayt pu retenir; le sieur Brodart m'écrivit avant-hier au soir qu'il partiroit hier s i ; le vent est devenu forcé au mistral , qui aura empesché d'appareiller. J'ay envoyé un homme à Marseille pour le presser, et j'espère qu'il sera demain sous le pavillon de M. de Château-Renault. Il seroit bien fascheux que le mauvais temps empeschast de recevoir le fruit de la diligence extraordinaire qui a esté faite; les officiers de marine en sont étonnés, et il est à souhaiter qu'ils apprennent par là que, quand on veut se donner toute l'action nécessaire, on parvient à surmonter les difficultés qui se rencontrent dans la prompte exécution des ordres du roy.

Je me suis particulièrement appliqué depuis deux jours à travailler h l'examen de tout ce qui regarde les dépenses de ce port, et j'ay commencé par l'année 1675, dont vous trouverez le compte cy-joint apostille de ma main\ J'ay observé dans ce compte de rejeter sur 1676 les 100,000 livres de fonds qui avoient esté remis à compte de ladite année 1676 par ordonnance du 1 1 octobre 1676, et de faire un compte net et correct de toutes les dépenses de l'année 1675 que vous trouverez conforme aux fonds qui ont esté faits. Je vous envoyé en mesme temps Testât que le sieur Arnoul avoit envoyé autrefois des dépenses de ladite année 1675, par lequel vous verrez d'où procède la différence. J'ay fait observer dans ce compte les articles portés par les instructions qui ont esté envoyées dans les ports pour la manière de dresser ces comptes, et j'espère que vous les trouverez en bon ordre. J'en ay examiné le détail sur Testât général du compte du trésorier, dont j'ay revu tous les articles.

Il y a eu un plus long et plus exact examen à faire sur ce qui regarde les comptes des dépenses de 1676, depuis le 1" janvier jusqu'au i5 octobre dernier; et, pour vous marquer Tordre que j'ay tenu dans cet examen, j'ay premièrement vérifié si tous les fonds dont le trésorier accuse la recette par la table particulière ont esté remis, et s'il n'en a point esté remis d'autres.

J'ay ensuite examiné avec l'intendant le compte général du trésorier, duquel j'ay fait faire une espèce de bordereau aussy cy-joint, contenant en douze colonnes, suivant instruction, tout ce qui s'est dépensé pendant cette année, dont j'ay vérifié moy-mesme les articles Tun après l'autre.

J'ay fait ensuite dresser un mémoire de tous les particuliers marchands

à qui il reste deu, pour quelles marchandises, et s'ils ont accoustumé de fournir dans les magasins; et, après avoir examiné iesdites dettes, le fonds qui reste icy de la somme de 3oo,ooo livres dont je peux disposer pour lesdits payemens , je les ay réglés aux trois quarts de ce qui leur est deu, el jay expédié les ordres pour la remise du fonds nécessaire pour le payement desdites dettes, suivant les copies des ordres que vous trouverez cyjoinls'.

Gomme il estoit nécessaire de payer sur les mesmes fonds ce qui estoit deu, tant pour les anciens noiis que pour les nouveaux , c'est-à-dire les nolis des vaisseaux qui doivent partir à présent, j'ay fait payer, suivant le mémoire que vous trouverez aussy cy-joint, ce que j'ay trouvé estre deu pour lesdits nolis ^; vous aurez la bonté de voir Testât final que j'ay fait à la fin dudit mémoire, par lequel vous serez informé des fonds qui auroient esté cy-devant remis pour lesdits nolis, et de ce qui a resté à remettre, à fioy j'ay satisfait par l'ordre dont vous trouverez cy-joint copie.

J'ay enregistré sur les articles de mon agenda des fonds ceux que j'ay fait remettre icy, afin de tenir toujours, pour toutes les dépenses qui sont faites, le mesme ordre que j'ay tenu jusqu'à présent dans ledit agenda; TOUS pourrez faire enregistrer sur le vostre les mesmes parties, suivant les ordres dont vous trouverez cy-joint copies.

Comme il y a fort longtemps que le chevalier de Château-Renault est en mer avec les vaisseaux qu'il commande, sans avoir rien touché de ses appointemens, et qu'il y a deux flustes qui doivent retourner sous le commandement de M. de La Vigerie en Ponant, j'ay cru nécessaire de faire donner quelque chose aux capitaines et officiers des vaisseaux sur ce qui leur peut estre deu, afin de leur donner moyen de faire l'avance pour leur table, et faire en mesme temps payer quelque chose pour acheter des kardes aux équipages. Je feray un compte juste de î'employ desdites 3oo,ooo livres, tant pour les dépenses des galères que pour celles des vaisseaux.

Après avoir examiné tous les comptes de 1676, j'ay travaillé au projet de 1677, ^M^ P"^^ ^^^* ^^^^ 4^® celuy que vous trouverez cy-joint ne peut estre plus exact qu'il est% ayant tenu l'ordre que j'ay tenu, qui est que, avant d'avoir réglé la somme de chaque article, j'ay fait un mémoire en détail de toute la dépense nécessaire sur chacun desdits articles pendant Tannée prochaine. Par exemple , pour ce qui regarde les radoubs , j'ay visité moy-mesme tous les vaisseaux l'un après l'autre, j'ay examiné ce qu'il y aura à faire à chacun, avec les maistres charpentiers et ouvriers du port, tant pour les inainloniret erapescher qu'ils ne se gastent, que pour les ar-

mer l'année prochaine; et, après avoir fait un estât exact de ce à quoy peuvent monter ces ouvrages, j'ay employé le total dans l'article des radoubs.

J'ay fait la mesme chose pour la construction ; j'ay visité les vaisseaux qui sont sur les chantiers, ay fait dresser des devis de ce qui reste à faire pour les achever et de ce à quoy en doit monter la dépense; j'ay examiné en mesme temps quels bastimens estoient plus nécessaires dans le port pour contribuer à la diligence des armemens, et j'ay ensuite tiré hors ligne le fonds nécessaire pour toute cette dépense.

J'ay fait ensuite dresser un estât de toutes les marchandises dont on a eu besoin cette année, et qui ont esté employées pour les armemens ordonnés par le Roy; et, suivant cela, j'ay réglé l'article de l'achat des marchandises en diminuant d'un tiers la dépense qui a esté faite cette année, qui, à cause des armemens imprévus et de ce que les magasins estoient fort dégarnis, est allée h plus de 3 00,000 livres.

J'ay fait la mesme chose pour tous les autres articles contenus dans Testât cy-joint et à l'égard des officiers du port, car il n'y a rien de plus important au service du roy que d'en diminuer le nombre , principalement de ceux qui ne font pas bien leur devoir, ou qui ne sont pas assez occupés dans le parc. J'ay fort retranché sur cet article, en sorte que ce qui alloit l'année passée pour les appointemens desdits officiers à près de 80,000 livres, ne monte cette année qu'à 67,000 livres, en quoy j'ay observé de ne retrancher que ceux qui sont absolument inutiles, et de laisser tous ceux qui sont nécessaires au service.

Gomme le projet d'estat des dépenses de l'année dernière dépend en quelque sorte de l'examen des vaisseaux qui doivent estre armés, j'ay examiné avec l'intendant et les principaux officiers les projets d'armement que j'avois faits et dont j'avois rendu compte au Roy avant mon départ; j'ay osté de ce projet les vaisseaux qui ne sont pas en estât d'estre armés ou qui ne sont pas si propres à servir en corps d'armée, et j'ay mis en leur place ceux qui sont plus en estât de sejrvir; vous en trouverez cy-joint un nouveau projet.

Gomme il est arrivé plusieurs changemens dans les listes des officiers qui avoient esté envoyées par ordre du roy pour servir sur ses vaisseaux, soit par les ordres de M. de Vivonne , soit parce qu'il est demeuré quelques officiers malades dans ce port, ou qu'il en est revenu de Messine, j'ay fait dresser une liste que vous trouverez cy-jointe de tous les vaisseaux du roy, bruslots, flustes et autres bastimens de charge qui sont armés à présent dans les mers de Levant, avec les noms des officiers qui les commandent ou de ceux qui servent dessus en qualité de subalternes ^

J'ay regardé comme une des choses les plus utiles à quoy je pusse m'employer icy, de bien et parfaitement connoistre la bonne et mauvaise qualité des marchandises qui se fournissent pour les vaisseaux de Sa Majesté, le prix desdites marchandises et les rabais qui se pourroient faire sur lesdits prix'.

Pour cet effet, j'ay fait dresser par l'intendant un tarif de toutes les fournitures qui entrent dans les magasins, j'ay pris des échantillons de chacooe, et j'ay bien examiné en quoy consiste la bonne ou la mauvaise qualité, le prix et les rabais qui ont esté cynlevant faits sur lesdites fournitures; j'ay ensuite fait venir les marchands fournisseurs, et leur ay proposé des rabais, et, après les avoir entendus, j'ay fait venir d'autres marchands avec des échantillons des mesmes marchandises; j'ay reçu leurs rabais moy-mesme et ay fait dresser ensuite un nouveau tarif que vous trouverez cy-joint, à costé duquel j'ay marqué les nouveaux prix que j'ay mis à chaque marchandise du consentement des marchands ^.

Outre tout ce qui est dit cy-devant , j'ay envoyé un commissaire à Marseille pour faire publier au rabais la fournittire de toutes lesdites marchandises; je les ay fait publier aussy icy, et dans cinq jours les publications seront achevées, c'est-à^^lire que, avant que je sorte de la province, je sçauray certainement combien on peut espérer de diminution sur chaque espèce de marchandises. Cependant vous verrez par avance , dans le nouveau tarif que je vous envoyé, des rabais considérables sur plusieurs espèces de marchandises qui, dans la quantité des fournitures, espargneront considérablement au roy.

Vous trouverez joint audit tarif un mémoire concernant les fournitures do sieur Dalliez, qu'il est nécessaire de régler. Il a toujours fourny les canons, ancres et boulets, poids de marc, et les fers et chanvres ont, de tout temps, esté fournis par luy poids de table, et reçus de cette manière daos les magasins. Les ordonnances et règlemens du roy estant contraires à cet usage, M. Amoul a refusé de prendre ses marchandises d'une autre manière que poids de marc, et, comme la différence est très-considérable, 100 livres poids de table ne faisant que 81 livres poids de marc, il demande sur cela l'augmentation. J'ay examiné cette affaire avec grand soin et j'ay vérifié sans difficulté qu'il a toujours fourny ses marchandises poids de table, et qu'elles luy ont toujours esté payées sur ce pied*. Pour encore mieux connoistre le fondement de sa demande, j'ay fait proposer aux marchands les fournitures du chanvre; je me suis informé combien il valoit icy, et j'ay trouvé qu'il coustoit ordinairement 1 6 livres à 1 6 livres 1 o sols le quintal, poids de marc. Ce que j'ay gagné sur cela, c'est que j'ay obligé

ledit sieur Dalliez à faire quelque petite diminution sur le prix desdits chanvres, suivant le mémoire que vous trouverez cy-joint.

J'allay visiter hier Thospital de Saint-Mandrier dont je trouvay les bastimens et les meubles en bon estât; j*ay dressé un mémoire cy-joint de ce qui s'observe pour ledit hospital, que je crois bon ^ Jallay ensuite visiter la grande et la petite tour de Toulon, la rade et le fort de l'Aiguillette; vous trouverez cy-joint un mémoire de Testât auquel sont ces places, de ce qui y a esté fait les deux dernières années, de ce à quoy a esté employé le fonds de celle-cy, et de ce qu'il y aura à faire l'année prochaine. Le fort de l'Aiguillette est un ouvrage fort utile et fort bien pensé; il défend beaucoup mieux la rade que les tours, et est bien et solidement basty. Je ne vous enverray pas ces plans par cet ordinaire parce que , comme je dois aller à Saint-Tropez, Antibes et isles Sainte-Marguerite, je dresseray un seul estât de toutes ces places.

Je fis hier faire encore devant moy une nouvelle épreuve de canons de fer de Bourgogne, en présence des officiers de marine qui sont icy; vous verrez, par le procès-verbal cy-joint, que cette épreuve a moins bien réussy que l'autre, y ayant eu trois pièces de canon de 18 et une de 8 crevées. Il est constant que toutes les pièces de cette manufacture sont fort douteuses, et que les officiers sont bien fondés à se défendre d'en recevoir dans

^ Ce ne fut pas Tavis de Golberl, car six jours après Seignelay lui écnvait :

«Je suis faschë que vous n^ayez pas approuvé ce que je vous avois écrit sur ce sujet. Il me semble cependant que le party que je proposois ostoit toute sorte d*erabarras, et, selon mon sens , il y aura de la peine à réduire sur le pied de 9,000 livres et de 3 sob par jour toutes les dépenses de cet hospital. Sur quoy vous considérerez, s^il vousplaist, que, lorsque cet establissemeut a esté fait par lettres patentes du roy, il y avoit un fort petit nombre de galères, pour lesquelles la somme portée sur lesdits estats suffisoit; mais, depuis que les galères du roy sont au nombre vingt-cinq , cette somme pourra à peine suffire pour le tiers de Tannée, principalement dans un temps où la longueur des campagnes fait qu'il revient un grand nombre de malades au retour. Ainsy il n'y a rien de certain pour ces dépenses. Les administrateurs en feront qui passeront de beaucoup ce fonds , qu'il ne faudra pas laisser de payer à la fin de Tannée , etdont on n'aura aucune connoissance ; en quoy il ne faut pas croire que losdits admi-

nistrateurs puissent estre aydés par les fonds qu'ib recevroient d'ailleurs , car cet hospital n'a aucun revenu et, depuis qu'il est estably, j'ay vérifié qu'on n'y a pas fait pour un écu d'aumosne; ainsy il ne subsiste que par les fonds que le Roy fait, et, à moins qu'on ne tienne un autre ordre à Tavenir, il arrivera comme Tannée dernière, qu'il y a eu à la fin de l'année 16,000 livres de dépenses extraordinaires a payer pour ledit hospital. J*ay parlé aux administrateurs sur la proposition que vous faites; ils m'ont dit qu'ils ne pouvoienl pas se charger pour un fonds certain de la dépense d'un hospital qui, quelquefois, est le double plus forte une année que l'autre; qu^ils tascheroient de mesnager avec économie les dépenses qu'ils prétendent qui seront ensuite payées par le Roy. Vous ferez, s'il vous plaist, réflexion sur cette affaire, sur laquelle j'alr tendray à prendre vos ordres è mon retour, n (Cote 91, pièce i5.)

On trouvera aux Annexe», pièce XIII, le mémoire relatif à Thôpital des forçats de Marseille, dont Seignelay annonce Teiivoi.

leurs bords. Je verray Besche à Lyon et je tascheray de prendre des mesures poar corriger les défauts de ces canons, ou bien je luy déclareray que le Roy cessera de maintenir cette manufacture K Le sieur Dalliez prétend avoir trouvé un secret moyennant lequel les canons seront beaucoup meilleurs que ceux de Suède.

Je vous envoyé un inventaire des magasins particuliers des vaisseaux de ce port qui ne put estre achevé lors du départ du dernier courrier.

Comme il y a icy un grand nombre de matelots et soldats estropiés , et (pil n'y a rien qui fasse meilleur effet pour le service du roy que de les soulager lorsqu'ils sont hors d'estat de servir, j'en ay fait faire un rôle à costé duquel j'ay marqué ceux qui sont encore en estât de servir en qualité de gardiens, et, pour les autres, je leur feray donner à chacun 3o livres pour leur donner moyen d'aller chez eux; vous trouverez cy-joint ledit rftle.

Je vous envoyé un placet qui m'a- esté présenté par les consuls d'Hyères*". Je verray demain ce qu'il y aura à cette isle.

Le chevalier de Château -Renault et ses vaisseaux de guerre ont mis à la voile; ils seront incessamment suivis par les vaisseaux de charge, le temps s'estant remis au beau. Gomme vous ne m'avez point encore envoyé les dépesches pour Messine, je fais tenir un bastiment tout prest pour les porter lorsqu'elles arriveront, et ce pendant j'ay donné un mémoire servant d'instruction audit chevalier, et des lettres pour Messine à MM. d'Oppéde et de Vivonne, dont vous trouverez la copie cy-jointe.

J'ay vu et examiné sur le lieu le plan de l'arsenal qui a esté projeté par le sieur Arnoul; je l'ay trouvé d'une grande estendue; mais ses pensées me paroissent assez bonnes. Il travaille à rendre plus correct le plan qu'il en avoit fait, et je le porteray avec moy avec un mémoire exact qui expliquera tontes les parties dudit plan K

Comme il m'a paru trop ^rand et que j'ay esté bien ayse de faire travailler le sieur Lambert, je luy ay fait lever un plan de Testât auquel est à présent l'arsenal"", qui luy a donné la connoissance du terrain, ainsy qu'il est à présent; je luy ay ensuite ordonné de s'informer et d'interroger exactement chaque ouvrier de ce qui luy seroit nécessaire pour la commodité de son travail, de s'en informer aussy des officiers du port, et d'aller lay-mesme sur le lieu pour prendre une connoissance bien exacte de l'estendue que chaque partie dudit arsenal doit avoir et de la manière dont die doit estre située. Je luy ay fait voir aussy des plans des arsenaux de Venise, d'Amsterdam, de Rochefort, de Brest, qui sont icy, afin de luy donner une idée générale de ce que c'est qu'un arsenal de marine, des

commodités nécessaires pour l'embarquement et le débarquement des mar* chandises, pour les constructions des vaisseaux, et généralement pour tout ce qui regarde les armemens et désarmemens; je luy ay fait faire ensuite un mémoire, quej'ay corrigé, de tous les lieux qui estoient nécessaires pour un arsenal, et il travaille à présent à achever un plan qu'il a commencé suivant ces pensées, et dans lequel je luy ay recommandé de conserver tout ce qu'on pourra sauver du vieux, qui ne sera pas grand' chose, tout ce qui est à présent sur pied n'estant basty qu'en appentis, à la réserve de l'estrave d'un pavillon que le sieur Matharel fit bastir pour servir d'entrée à l'arsenal, des fours qui ont esté bastis depuis peu, qu'on pourra conserver, et de la maison de l'intendant. Je laisse icy ledit Lambert pour achever son plan et j'emporteray avec moy celuy de l'intendant et le sien , a6n de les expliquer au Roy et de les faire résoudre à Sa Majesté, estant trèsnécessaire de commencer dèsl'année prochaine les bastimens dont on a le plus de besoin, suivant le plan qui aura esté résolu.

J'ay vérifié moy-mesme avec soin ce qu'ont cousté jusqu'à présent les matériaux nécessaires pour les bastimens à Toulon, et à quel prix sont revenus les ouvrages de maçonnerie; j'ay fait faire ensuite un mémoire de ce que la pierre et le moellon revient sur le lieu , de ce que coustent la chaux, le sable, la brique, et généralement tout ce qui entre dans un bastiment; j'en ay fait un tarif que vous trouverez cy-joint".

J'ay fait visiter par des experts la plate-forme de l'entrée de la darse et ay fait plonger pour voir s'il est vray qu'elle s'écrouloit par le pied ; je ne crois pas pouvoir vous en envoyer un rapport par cet ordinaire, parce qu'il ne sera pas assez tost dressé; ce sera pour le prochain.

J'ay visité la darse avec les consuls de cette ville et j'en ay fait faire la sonde de tous les endroits en ma présence, depuis le quay jusqu'à l'entrée de la chaisne; j'en emporte avec moy un plan avec les sondes; j'ay trouvé que les endroits les plus profonds n'estoient que de 1 8 pieds et que pour l'ordinaire il n'y en a que i /i , 1 5 et 1 6 ; j'ay parlé aux consuls de l'obligation qu'ils avoient par l'arrest du conseil de mettre celte darse à q5 pieds de profondeur, de faire pour cela la dépense de iq,ooo livres par an qui doit estre payée, suivant les ordres de l'intendant, par le trésorier de la communauté. Ils n'a voient fait que fort peu de dépenses depuis 1669, pour le curement dudit port, mais cela ne sera plus de mesme à l'avenir; ils sont convenus d'y employer la mesme somme de 1 s, 000 livres, de ne la faire payer que suivant les ordres de l'intendant, qui aura une inspection particulière sur cette dépense. Comme l'arrest du conseil du â3 décembre 1669 n'estoit que pour cinq ans, je crois qu'il seroit à propos d'en expo-

dier on autre pour cet effet ""^ afin d'éviter les mauvaises raisons que lesdits consuls pourroient apporter à l'avenir pour ne pas employer en entier ladite somme de 19,000 livres.

J ay éprouvé aussy devant moy une machine faite par le nommé Roussin,doDt j'emporteray avec moy le plan et le devis.

HOTEft IIAIGIIIALB0 Dl LA MAIR DK COLBUIT.

VeraaiUes, 3i octobre.

' Mon fils, après vous avoir expliqué mes sentimens sur vos dëpesches des 18 et 19 d sur tous les mémoires et estats que ceUes-cy et celles-là contenoient, il ne me reste plus qa*à approuver tout ce que cdle-cy contient , et je suis toujours bien ayse de vous répéter que je suis fort content, qu'il n*y a rien de mieux que tout ce que vous avez fait dâ» ce voyage. H reste seulement à mieux diviser, rdire, polir.

^ Noos parlerons de ces comptes à vostre retour.

Vous pourrez avec le temps corriger cette instruction, lorsque, après avoir approfoody cette matière, vous trouverez à faire mieux, soit en y retranchant, augmentant oa eonrigeant

* Très-bien.

' Tout cela est très-bien.

' Ce projet est très-bien ; il faut le suivre.

' fay marqué sur ces listes les grands inconvënieos de ces changemens.

' Je vous ay dit ce qu'il y a voit à faire :

Donner des échantillons, publier, donner au rabais; ne point payer quen fournissant dans les magasins, ou, si Ton est obligé de donner quelque avance, prendre de bonnes cautions ; faire que les officiers fassent leur devoir dans la i*éception des mardiandises, et qu'ils n en reçoivent aucune que de bonne qualité et conforme aux échantilloDs.

^ n n'y a pas d'autres expédiens que ceux-là et le Roy sera bien servy quand vous les fats observer.

^ Cela ne s'accorde pas tout à fait avec ce que vous venez de dire. Pour ce mémoire , il bai exécuter le règlement en tout et partout, et ne recevoir dans les magasins qu'au poîds de marc'. A l'yard des prix, le rabais les réglera, et, de plus, il faut se faire infiMmer du prix des chanvres en Dauphiné, Lyonnois et Bourgogne.

^ An défaut de Bescbe, si nous avons des canons en Périgord à 8 livres le quintal poids de marc, en réglant le poids de chacune pièce, il ne faut point en acheter de phis chers ailleurs, parce qail ne nous sera pas difficile d'en faire passer de Ponant en Levant

^ Il n'y a rien à faire sur ce placet.

' Nous examinerons ces plans à vostre retour.

* Vous aurez vu si Lambert sera capable de travailler.

* Cet article est de grande conséquence à cause de la quantité de bastimens qu'il fandra faire.

* Texpédieray cet arrest.

(Bibl. Imp. M88. S. F. 3,oia, Cotbertet Sàgwlay, VI , cote ai , pièce la.) ' Voir Mmine, pièce n* 5a3 et notes.

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