III. - a
Paris, 39 février.
Je n'ay rien reçu de vous depuis cette lettre du 17.
Je ne puis m*empescher de vous dire que, si vous ne voulez pas faire réflexion à tout ce qui regarde la marine , vous verrez assurément que tout menace une ruine prochaine par une suite d'événemens fascheux et malheureux qui arriveront immanquablement coup sur coup pour estre amassés et accumulés de longue main y et tout cela parce que vous ne voulez point faire ce que je vous ay desjà écrit cinq ou six
en vertu des ordres que je vous ay envoyés de Sézanne, suivant les avis que vous recevrez de Hollande du départ de la flotte destinée pour Méditerranée, ou de le laisser partir en cas qu'il eust esté retenu assez longtemps pour estre encore à Brest, lorsque vous luy enverrez lesdites lettres.
J'ay rendu compte au Roy de ce qui regarde le meurtre de Bonnard, dont le lieutenant criminel m'avoit écrit. Je fais aussy réponse à sa lettre et le prie de me faire sçavoir tout ce qui se passera dans Paris , afin d'en informer le Roy.
J'avance le travail de l'agenda de marine, et je vous l'enverray au premier séjour, comme aussy le travail de l'agenda des fonds.
Il n'y a point encore de nouveaux ordres à donner sur l'aiïaire d'Angleterre. Je feray souvenir Sa Majesté de me dire ce qui regardera cette affaire, lorsque je sçauray que quelque courrier sera arrivé.
J ay lu les lettres que vous avez écrites dans les ports et dont vous m'avez envoyé des copies. Je vous enverray incessamment réponse à celles que j'ay reçues aujourd'huy.
Je me suis mieux porté aujourd'huy que je n ay fait depuis Paris, mais j'ay toujours de grands maux d'estomac et un grand mal de teste qui me tient depuis plus de huit jours avec une douleur considérable. Les maux d'estomac sont causés par le dérèglement de mes
fois, et ce que je vous ay dit peultre cinq cents.
Il n'est point question de travail , mais seulement de penser aux principales choses que vous avez à faire lorsque vous arrivez, en carrosse mesme, en vous levant, en vous habillant et en toutes occasions. Donnez un ordre verbal à vos commis d'écrire dans un tel porl sur une telle matière, dans un autre port sur une autre, et avisez du reste.
Je demeure d'accord que peutestre ces ordres ne seront pas si bien que si vous les faisiez vousmesme, mais au moins verra-t-on dans les ports que vous pensez à ce que vous avez à faire.
Faites réflexion qu'il y a quinze jours que vous estes party, et que je n'ay encore reçu de vous qu'un seul paquet de lettres pour lesporls.
Je vous prie de faire réflexion comment il est possible qu'une machine d'aussy grande conséquence en ce temps icy puisse agir comme elle doit.
Je ne sçais si je rae trompe , mais je suis persuadé que ce que je vous demande se peut faire par l'homme le plus incommodé, et, quelque indisposition que j'aye eue, j'en ay toujours fait beaucoup davantage.
Mais encore, pour dernière extrémité et si vous ne le pouvez pas faire, faites-le-moy sçavoir, renvoyez-moy les lettres afin que j'y puisse donner ordre.
repas et par le mouvement que me donne le carrosse immédiatement après avoir mangé; mais c'est un mal oà il n'y a pas de remède dans ce Toyage. J'espère que ma santé se Kstablira quand nous serons en liea de repos et je m'en serviray pour travailler avec soin et application et pour remplir autant qu'il me sera possible tous mes devoirs.
Si vous faites un peu de réflexion, vous trouverez qu'à Dunkerque un petit capitaine de frégate légère n'obéit point et que vous reçustes souvent des plaintes, mesme du Roy, sur ces escortes;
Que les garde-costes n'exécutent pas leurs instructions et que les marchands se plaignent de la prise de leurs bastimens lorsque les vaisseaux du roy sont dans les ports et dans les rades. — Voyez la lettre de Berger.
Je vous avoue que l'affaire de Sicile me pèse extraordinairement ^ M. de La Feuillade a un besoin absolument nécessaire de vaisseaux et de bleds et de vivres. Pour avoir fait armer en deux ports différons une escadre de six vaisseaux seulement, et pour n'avoir pas pris de longue main les mesures nécessaires pour avoir de bons masts, les six vaisseaux n'ont pu se joindre et n'ont pu partir. Pour d'autres raisons , les huit vaisseaux de Levant ne sont point encore partis et je ne sçais mesme quand ils partiront, en sorte que, en estant un ou deux vaisseaux qui rapporteront M. le duc de Vivonne, il restera là avec dix vaisseaux. Vous sçavez ce qu'il faut qu'il charge dessus.
Je souhaiterois fort que vous eussiez la dixième partie de l'inquiétude que tout cela me donne. Peutestre ne remédieriez-vous pas aux
' LVvacinlion de Messine par les troupes françaises. (Voir Marine, pièce n* 679 et notes.)
mauvais évéuemens que cela peut causer, mais au moins aurois-je cette satisfaction que je verrois vostre esprit disposé pour les prévoir et les éviter à l'avenir.
Je sçais bien que vous me direz que ce n'est pas vostre faute si les vents ont esté contraires à Gh&teau- Renault et autres. Je vous répondray que les rois sont capables d'excuser une ou deux fautes; mais s'il en arrive beaucoup , ou si leur service ne va pas comme ils le désireroient, malheur à celuy qui s'en mesle! — Il seroît inutile de faire partir à présent Château-Renault, parce qu'il faut six semaines pour se rendre à Messine.
Je fais tout ce que je puis en Testât présent des choses pour faire partir les huit vaisseaux de Toulon ; je ne sçais si j'en pourray venir à bout.
Pensez à vostre santé ; tout ce que je vous dis n'empesche ni le soin , ni l'application que vous y devez avoir.
Gela est le principe de toutes choses.
Dans le mesme temps que vous m'écrivez que vous penserez aux masts et le reste , vous pourriez en mesme temps donner ordre à un commis d'écrire dans les ports sur cette matière et donner ordre à un autre de mettre à part et d'examiner tous les mémoires que j'ay fait venir de toutes parts sur les mesmes sujets.
Il faut toujours demander au Roy ce qui est à faire au sujet de l'Angleterre.
Il faudroit toujours m^envoyer par extrait ce que vous écrivez sur le sujet des fortifications.
Vous verrez, par les lettres de Cherbourg et par tout le reste, que vous n'avez guère exécuté le mémoire que le Roy avoit approuvé sur tout ce qu'il y avoit à faire pour la guerre d'Angleterre.
(Arcb. de la Mar. Mas. originaux, Colbert tH Seignêlay, pièee Si.)
(Minute aatographe.)
Paria, 18 février 1678.
Mon fils, je vous envoyé les dépesches de M. le comte d'Ëstrées, Blenac , et toutes les autres des Isles que je viens de recevoir par un courrier exprès qae l'on a dépesché de Brest.
Vous verrez que l'escadre du roy a pris, ruiné et rasé les deux forts de risie de Gorée^ sur les costes de Guinée, fait prisonniers de guerre les officiers et soldats de la garnison, et pillé tout ce qu'il y avoit dans les forts appartenant aux Hollandois *.
Vous verrez ensuite la fortune continuelle de la prospérité des armes du roy par la prise de Tabago; le rasement et pillage du fort, 900 prisonniers,
Binken^ mort, k repris et le vaisseau de Binken et quelques
antres entre les mains du Roy ^.
Vous verrez aussy que le comte d'Ëstrées s'en alloit tenter Curaçao. S'il poovoit réussir, il auroit chassé les Hollandois de tous les establissemens de TAmérique.
En rendant compte au Roy de tout (ce que vous devez faire promptement et exactement), vous direz à Sa Majesté que j'aurois eu l'honneur de luy tesmoigner ma joie si ce succès avoit esté plus grand et plus considérable.
Vous observerez ce qui est dit du chagrin du comte de Blenac et ce <lQ'il en dit loy-mesme par sa lettre , car il est difficile de remédier & tous les petits inconvéniens qui arrivent en un pays si éloigné*. Il faut s'attacher
^ Tcir dans la sedion suivante, Cb(onî«a, les * Vice-amiral hollandais, gouverneur du
l«ttni écrites le 1 1 mars 1678 à MM. d'Es- fort de Tabago. ^ et de Blenac.
à estâblir foiiement Tabéissance, parce qu'il vaut mieux que le particulier souffre quelque chose que de faire aucun préjudice au service.
Vous ne devez lire au Roy la lettre de Blenac que par extrait, et bien examiner les termes des autres avant que de les lire.
Il faut faire réponse promptement à toutes ces lettres pour l'envoyer par la frégate qui est preste à partir; si vous ne pouvez faire réponse, envoyez-^moy seulement un mémoire contenant les instructions du Roy sur les principaux points, et je feray réponse h tout.
Quand mesme vous ferez réponse à M. le comte d'Estrées et au sieut Patoulet, il faut que vous me renvoyiez les lettres qui ne parlent que des Isles, c'est-à-dire celles de Blenac.
Taschez de faire valoir au Roy, autant que vous le pourrez, ces succès.
En écrivant cecy, je reçois vostre lettre du 18, de Vitry, avec tous les paquets qui y estoient joints; je vais les voir et examiner pour les envoyer ensuite.
Je m'étonne que vous ne me parliez point de l'arrivée du sieur de Mirebeau ^.
Pour ce qui est de vostre santé, je suis bien fasché qu'elle continue d'estre aussy mauvaise qu'elle est; faites-en le capital, cooune cela l'est en effet, et observez avec soin ce que je vous ay dit et les conseils des médecins •.
Pour vous dire mes sentimens sur tous les ordres et paquets que j'ay reçus de vous , comme vostre santé ne vous permet pas de travailler et d'approfondir assez cette matière, il vaudroit mieux que vous m'envoyassiez les dépesches pour y faire réponse, pour éviter de tomber en des contrariétés qui puissent nuire au service ^
Par exemple , vous parlez à Brodart de deux galères envoyées à Messine. Je ne sçais pas ce que cela veut dire , mais je crois bien sçavoir qu'il n'a point esté envoyé deux galères à Messine.
Vous luy dites qu'il doit envoyer, avec les huit vaisseaux , les vivres et munitions pour les vingt et une galères. Je ne crois pas qu'il soit du service de rien envoyer à présent à Messine, avec les huit vaisseaux, que le biscuit qui se trouvera fait*.
Glairambault et Lagarde ont seulement copié l'instruction du 9 avril 1676, qui a esté faite pour les vaisseaux et non pour les galères ; et , comme il y a beaucoup d'articles à l'égard des vaisseaux qui n'ont rien de commun et qu'il faut observer tout d'une autre façon avec les galères , j'aurois fait une instruction toute différente pour les galères **.
Vous écrivez à Arnoul et à Hubert, pour la guerre des Anglois, dans
ies mesmes termes. La différence est si grande de la Méditerranée à l'Océan , qu'il n'y a rien qui y puisse convenir, et vous sçavez que nous en avons parlé ensemble en ce sens.
Vous dites à Arnoul que le Roy s'attend que les six vaisseaux seront en mer à la fin de ce mois. C'est le moyen de ne les avoir qu'à la fin de mars, et par conséquent estre inutiles où vous sçavez qu'il a toujours esté écrit qu'ils dévoient estre dès les premiers jours de ce mois *.
Vous dites à Hubert d'exciter les armemens en cours par toute la Picardie.' Vous sçavez qu'il n'y peut pas venir, et qu'il vaudroit mieux en écrire à M. de Breteuil, à MM. les ducs d'Aumont et de Gharost.
Il y a beaucoup d'autres observations de noarine de conséquence qui viennent, ou du défaut de travail, à cause de vostre indisposition, ou du défaut d'application.
Je vous envoyé des plans de l'arsenal de Toulon, que M. le duc
de m'a donnés; vous verrez s'ils peuvent vous servir de quelque
choses
RéPONSB DR 8BI6IIBLAT BR MABGB.
a3 février.
' J'ay lu au Roy les dépesches, et j'ay relevé, autant que j'ay pu, à Sa Majesté, le mérite de cette action , qui est belle et grande , et dont Sa Majesté a parlé depuis avec plaisir.
* fen ay rendu compte au Roy. Le Roy m'a paru persuadé de la grandeur de cette action et du bonheur avec lequel elle a esté exécutée.
* Le Roy a donné en tout le tort au comte de Rlenac. Mais, comme les mesmes occanoDs De se rencontreront plus, û ne faut pas relever tout ce qu'il écrit et luy donner paiement les ordres pour le détail qui regarde les Isles.
' Je ne sçavois qui estoit cet homme lorsque j'ay reçu cette lettre de vous; mais enfin il arriva le lendemain a Toul, et je le présentay au Roy, sans que qui que ce 9oît r«yt vu que le Roy, madame de Montespan et le duc d'Ayen; il paria fort sage- BMDt devant le Roy, et Sa Majesté en parut satisfaite. Il ne me parut pas que le dne d'Ayen devinoit rien de la raison pour laquelle celte aifaire avoit passé par
' Mes vapeurs m'ont donné quelques jours de relasche. Elles me prirent fort violemment avant-hier, et c'est la cause du retardement de vostre courrier. Je me purgeray demain, si je puis.
' favone que, pour cette fois, il y avoit plusieurs choses que j'ay omnues estre mal dqpois, mais les vapeurs me prirent fort violentes en travail. Je continuay parce que la poste pressoit , et franchement je n'avois pas toute la présence d'esprit qu'il faut pour traTaiÛer.
* U est vray. Tay tasché de faire plus exactement les lettres que je vous envoyé aojoQrdliuy.
^ Si TOUS ne l'avez pas envoyée, j'en feray une nouvelle qui sera mieux.
' Oui, mais ma lettre estoit du i5 et ne devoit arriver que les derniers jours du mois à Toulon.
^ Je ne crois pas que ces plans puissent estre utiles.
(Arch. de la Har. Mw. originaux, CoUftrt M Sngnelti^, pièce 3«.)
(Lettre originale.)
Paris, 90 février 1678.
Mon fils, je ne vous écris point de ma main, parce j'ay pris médecine. Je vous envoyé les dépesches de marine entre lesquelles vous verrez celle du chevalier de Château-Renault, qui m'est venue par le courrier que j'avois envoyé à Brest. Vous devez la faire voir au Roy tout entière, en retranchant seulement quelques termes dont il se sert toujours dans ses lettres fort ridiculement.
Il est important que le Roy connoisse, par cette lettre, Thorrible contrariété des vents qui Ta empesché jusqu'à présent de partir.
Mercredy dernier, je luy envoyay l'ordre que vous m'avez adressé pour demeurer, et, comme cette horrible contrariété des vents dure encore icy, l'on doit croire qu'il ne sera pas party ; et ainsy il faut prendre les ordres du Roy sur ce que Sa Majesté désire qu'il devienne. Mon avis seroit de le désarmer aussytost que la guerre d'Angleterre sera déclarée, et ce pendant le faire croiser jusqu'au cap de Finistère, pourvu toutefois qu'il n'y eùstpas d'apparence d'une déclaration si prompte, crainte qu'il ne pust retourner dans les ports de son désarmement, et qu'il courust risque d'estre attaqué par les Anglois.
Lors de son désarmement, mon avis seroit de retenir les équipages de ses vaisseaux pour armer tous les petits bastimens propres pour la guerre contre les Anglois, ainsy que je vous l'ay expliqué cy-devant.
Dans les lettres que je vous envoyé, vous en trouverez une de l'isle de Cayenne qui contient la prise d'un fort d'Orange^; en sorte que fà le bonheur des armes du roy accompagne la dernière entreprise de M. le comte d'Ëstrées sur Curaçao, Sa Majesté recevra l'avantage d'avoir chassé les Hollandoisde tous leurs postes de la terre ferme et des isles de l'Amérique; et, si cette dernière entreprise réussit, ils seront privés d'un commerce qui leur rapporte 6 ou 8 millions de livres tous les ans, parce que vous
' Le fort d'Orange avait été pris, au nioiB Voir Uisioire maritime de Frartce, par M. Léon dp jiiiHol précédent, par Le Fèvr^ de Lézy. — Guérin , ÎII , 3 f '1.
sçavex qu'ils portent à Curaçao tous les nègres qu'ils achètent sur les costes de Gainée, et qu'ils font en cette isle-l& un entrepost de toutes les marchandises de l'Europe, qu'ils introduisent ensuite dans les Indes, par le moyen de ces nègres et des accommodemens qu'ils font avec les gouverneurs es-
Je voudrois bien que vous fissiez une sérieuse réflexion, et que vous examinassiez en vou8-mesme les causes des effets avantageux que vous voyez dans la marine, qui, quoyqu'ils ne soyent pas comparables, à beaucoup près, à ceux que la terre remporte, ne laissent pas de faire parler d'elle fous les ans dans son estendue, et que cela ne provient que d'une trèsgrande diligence à expédier le courant, et, par le moyen de cette diligence , de se donner le temps de bien penser et faire réflexion à temps et de bonne beure à tout ce qui se peut faire pour la gloire et les avantages des armes du Roy; et après que l'on a bien pensé et proposé au Roy, et pris les ordres de Sa Majesté, d'expédier avec la mesme diligence. Mais surtout il faut continuellement travailler à tenir les magasins de marine bien fournis, et prendre bien garde que toutes les munitions et marchandises augmentent tons les ans en bonté.
L'accident du chevalier Château-Renault doit vous faire connoistre qu'il ne faut jamais armer en différens ports une escadre d'un si petit nombre de vaisseaux que de six, mesme de huit et de dix ^
Vous devez faire observer au Roy que l'escadre de Hollande n'est point partie, nonobstant ce qui en avoit esté dit.
Je vous avoue que je crains fort que M. le mareschal de La Feuillade n'ayt point assez de vaisseaux pour ce que vous sçavez ^. C'est pourquoy f écris continuellement de faire partir les huit de Toulon ; et mettez-vous bien fortement dans l'esprit que, quoyque les événemens ne dépendent pas de nous, ils retombent toujours sur nous, particulièrement si le nombre des malheureux est à peu près égal aux heureux.
J'ay trouvé vos lettres pour les fortifications fort sèches; et, comme c'est une matière de la dernière conséquence, vous devez entrer dans le détail plas que vous ne faites. Vous ne m'écrivez mesme rien des fonds, et cependant voicy le temps où il faut faire assurément la plus grande dépense.
Faites-moy sçavoir bien particulièrement Testât auquel le Roy aura troQvé les travaux de Metz, Verdun et Stenay^.
( Arch. de It Mar. Mss. originaux, CoUnrt et Seignelay, pièce 33.) ' Voir Mmrinp, pièce n' A 79 cl noies. — ' Voir pièce n" 66. — ^ Voir pièce n" 70, noie.
( Minute aatographe. )
Paris, «7 février 1678.
Je VOUS envoyé par ce courrier exprès un paquet concernant les fortifications, dans lequel vous verrez des choses fort importantes et auxquelles il est nécessaire de donner promptement ordre*.
Je vois par les lettres de DeshouUières qu'il a reçu les ordres et instructions pour la visite des costes; je ne sçais si vous les avez corrigés, mais vous sçavez que je vous dis qu'il y avoit beaucoup de choses à changer dans ces instructions ^. Dieu veuille que ces reconnoissances et visites se fassent utilement !
Vous verrez par les dépesches de marine que le chevalier de Château- Renault a reçu les ordres et qu'il ne partira point sans de nouveaux ordres. Il faut y pourvoir promptement ^
Si on le désarme et que l'on n'ordonne pas un autre armement sur-lechamp, de mesme que les vaisseaux destinés pour cet autre armement, il n'y a rien qui puisse dispenser les équipages de se dissiper.
En sorte que , ou il faut donner promptement les ordres pour un autre armement, ou courre risque de voir dissiper ces équipages, ou laisser cette escadre dans le port, ou luy donner quelque employ.
La déclaration d'Angleterre n'estant pas faite, il est difficile de destiner d'autres vaisseaux K
De tous les autres partis, il n'y a que celuy de faire naviguer ces vaisseaux jusqu'au cap de Finistère qui puisse conserver les équipages, d'autant plus que, n'y ayant encore aucune déclaration d'Angleterre, ces vaisseaux ne peuvent courre risque et qu'on peut facilement leur donner ordre de prendre langue souvent dans les ports du royaume.
Peut-estre que si ces raisons avoient esté dites au Roy, Sa Majesté n'auroit pas trouvé matière à une réponse aussy dure, qu'elle n'a pas accoustumé de faire, moins à moy qu'à qui que ce soit"^.
M'estant mis en peine de sçavoir si l'on faisoit marcher les condamnés aux galères, j'apprends à présent que le nommé Manon n'est party que
* Cetlc dëdaration de guerre de TAngleterre et , aussytost qae Sa Majesté le dira , il faudroit
était alors la grande préoccupation de Colbert, me dépescher un courrier pour tsC en donner
qui écriv;iit quelques jours après à Seignelay : avis afin de donner partout les ordres , qui se-
T Le plus important consiste à demander sou- ront en ce cas Irès-pressés. ^
ont au Roy si rAnglclcrre a rompu ou non ;
A^EIGNELAY. 203
depuis deui jours, c'est-à-dire aussytost qM'il a sçu que je m'en faisois ioformer*. Jugez, si vous estes obëy comme cela par un coquin comme celoy-là, qui est sous vostre main et qui a reçu ou deu recevoir les ordres de vostre main, comme vous le serez en pays plus éloigné. Faites-moy sçavoir ce qui est à faire pour les autres chaisnes , afin que j'y donne ordre.
Il y a six mois que le retardement de la chaisne donna lieu aux condanmés de se sauver au nombre de cinquante.
Le mesme retardement a donné lieu, cette nuit, aux condamnés de tenter de se sauver, mais ils n'en ont pu venir à bout.
Ces sortes de choses et un million d'autres ne donnent de peine qu'à y penser.
Il y a beaucoup de points importans dans ces dépesches de marine.
Surtout il faudroit s'appliquer particulièrement à ce qui regarde les masts ; voir tous les papiers et mémoires et tout ce qui a esté fait et dit sur cette matière, et sur toutes les autres manufactures nécessaires pour la marine ^ estant nécessaire de s'attendre que l'on n'en pourra faire venir du Nord dès lors que la déclaration d'Angleterre sera faite , à laquelle il faut s'attendre sous peu de jours ^.
Si vous voulez que je travaille aux masts et à l'artillerie , il faut ou m'envoyer ou me faire sçavoir où sont tous les papiers , traités et mémoires que j'ay amassés depuis longtemps pour cela ^.
Vostre équipage couche aujourd'huy à la Fère , demain à Saint-Quentin et après-demain à Cambrai , où il attendra vos ordres'.
néPOIlSB DB 8B1GRBLAT, BR MARGB.
Gbarlevillc, i"mare.
* Je les ay reçues et j'y feray réponse incessamment.
'' Je vous en envoyé des copies , et vous verrez que j'ay corrigé ce que vous avez désapprouvé.
' J*ay écrit qu'on mist ces équipages sur deux ou trois vaisseaux dans la rade , jusqu'à ce qa on ordonnast un nouvel armement.
* A r^ard de la navigation vers Finistère , je vous envoyé la lettre par laquelle TOQs ne la proposiez qu'à condition que la déclaration d'Angleterre ne fust pas proche. Je la propofiay de mesme au Boy, qui me dit qu'il l'attendoit de jour en jour, et qu'ainsy il n'y avoit pas d*apparence de faire sortir ces vaisseaux. Pour les termes dont je me. suis servy pour vous l'écrire , je peux avoir tort , mais je n'ay pas cru nécessaire d'y prendre garde de si près.
* Les ordres luy estoient donnés lorsque je partis. Lagarde a reçu une lettre de luy par laquelle il disoit qu'il partoit, et j'attendois de ses lettres de Dijon ou de quelque wtrc lieu de la route; mais avant ce temps il falloit cpi'il allast en Picardie et Nonnan-
die, et qu'il en amenast les condamnes à Paris ; et, s'il Ta fait depuis mon départ et qu'il soit party le sa février, il n'a pas beaucoup perdu de temps. C'est ce que je vërifieray.
' J'en feray un travail particulier.
' Le Roy m'a dit que cela pouvoit encore durer huit ou dix jours.
** D faut que j'aye rejoint pour cela mon équipage.
' Je vous rends très-humbles grâces de la bonté que vous avez eue de vous en souvenir.
(Areh. delà Mar. Mss. originaux, Colbtrt $t Sei(piidmf, pièce 35.)
(Minute autographe.)
Paris, 9 mars 1678.
Vous n'avez accusé la réception d'aucune de mes lettres depuis vostre départ. Je vois bien clairement que vous ne les exécutez point. Gela m'est fort ordinaire, mais au moins faites-moy sçavoir si vous les recevez ou non.
Je vous répète encore, pour la septième ou huitième fois, que si vous n'expédiez tous les jours quelque chose , pour quoy il ne vous coiistera que de donner un ou deux ordres à un commis, et que je ne voye arriver tous les ordinaires quelques dépesches, sur ces ordres particulièrement qui pres-
^ Cette pièce est en marge d^une lettre de Seignelay, datée de Verdun, le 96 février, dans laquelle il nVst question que des fortifications de Metz et de Verdun , et qui se termine ainsi :
«Je vous envoyé les lettres que j'ay faites pour la marine , et je vous avoue que je suis tellement accablé de la fatigue du voyage, des chemins, de ce que j*ay fait aujourd'huy et de la médecine que je pris avant-hier que je ne puis presque pas vous écrire et qu*à peine puis-je m*empescher de m*endormir. Je vous demande donc pardon de la mauvaise écriture , et je tascheray de réparer cela par le premier ordinaire.
«Je tascheray de profiter de ce que vous me marquez par vostre lettre du 93 février et je . vous feray exactement réponse à tous les pointa qu'elle contient.»
Le 93 février, Seignelay avait déjà écrit de Metz à son père pour lui rendre compte de la visite faite par Louis XIV aux plac^ de Toul et de Metz; trois jours après, Colbert lui répondait :
ce Je suis bien ayse que le Roy ayt esté satisfait des travaux de Toul et de Testât auquel Sa Majesté a trouvé Metz. Je seray bien ayse de sçavoir aussy Testât auquel Sa Majesté aura trouvé les places de Verdun et de Stenay et toutes les autres que vous visiterez.
«Surtout donnez- vous le temps nécessaire, non-seulement pour les bien visiter, mais mesme pour approfondir tout ce qui coucene la bonté de ces ouvrages, le fort et la place, la conduite de tous ceux qui y sont employés, la valeur et le prix des matériaux et en un mot tout ce qui peut vous rendre aussy habile qu'il est nécesaire pour bien servir et vous rendre agréable à un maistre aussy éclairé que le nostre et qui mérite autant d'estre bien servy.
«Je ne crois pas qu'il vous fust inutile de relire Tinstruction que je vous donnay sur le sujet des fortifications , allant en Provence , et de Texécuter, comme aussy de relire la lettn» que je vous écrivis à vostre dernier voyage <*t que vous me remislcs à vostre retour. ^ ( CAilheri fit Seignelay, pièce B-j.)
seot le plus, il vous sera toujours impossible de vous donner le temps né* cessaire de raisonner et de bien penser à tout ce que vous avez à faire pour donner le mouvement nécessaire à la marine, et luy faire entreprendre et exécuter des choses qui vous soyent avantageuses et glorieuses aux armes du roy.
Je vous envoyé les lettres de Messine, et si vous voulez bien les examiner, ensemble toutes celles qui viennent des ports, vous y verrez une infinité ou d'omissions ou d'obscurités dans les ordres, ou d'autres défauts qui tendent tous au bouleversement de la marine, si vous n'y remédiez une bonne fois.
Pour tout ce qui est des fortifications, je ne puis rien vous dire, sinon que vous allez vite en la dépense, et que, selon moy, je commencerois à bien prendre mes mesures et toutes les précautions nécessaires pour bien establir les dépenses des fonds faits auparavant que d'en résoudre de nouveaux.
Ces choses dépendent de faits que vous ne me faites pas connoistre; et ainsy je n'en puis rien dire.
( Arcb. de ia Mar. Msa. originaux , Coibert et Stignêhy, pièce Sa. )
t Lettre autographe.)
Paris, 3 mars 1678.
Je vous envoyé, mon fils, toutes les lettres de marine que j'ay reçues, etmesme des lettres de Messine qui m'ont esté apportées par un courrier exprès envoyé par le sieur Arnoul*.
Je crois avoir oublié hier de les mettre dans mon paquet.
Vous voyez que je m'accuse nettement de mon oubly, afin que cela vous serve d'exemple et serve aussy à vous précautionner contre l'oubly, qui ne TOUS est que trop ordinaire ^
Les nouvelles viennent d'arriver que Gand est assiégé et que le Roy y vole. Sans comparaison, nous devons tirer exemple de la gloire et des avantages que son application et sa prodigieuse vertu luy donnent pour QOQs exciter à l'imiter de loin. Je ne puis rien vous dire qui soit plus fort selon moy.
Il y a quelquefois dans mes lettres et mes mémoires de certains endroits comme celuy-cy, desquels, si vous tourniez avec esprit et adresse le compte des affaires que vous rendez au Roy, en sorte que , sans affectation et natu-
rellement, vous en puissiez faire ia lecture au Roy, vous feriez bien vostre cour auprès de Sa Majesté et pour vous et pour moy ^
Il y a beaucoup d'apparence que ce siège et sa suite feront déclarer rAngleterre% et cela vous doit obliger à penser avec un très-grand soin et avec une très-grande application à tout ce qui est commis à vos soins'.
Pensez de quelle importance sera en ce cas-là le port de Dunkerque, et quels efforts il faudroit faire pour rendre ce port capable de recevoir des vaisseaux de 3, &, 5, 6oo et jusqu'à i,ooo tonneaux, s'il estoit possible. Donnez tout le mouvement et toute l'application à ce travail; et, à l'égard de la fosse de Mardick, il faudroit tenter les mesures offertes pour pouvoir tenir en seureté les bastimens qui s'y retireront'.
Pensez bien que les fortifications de toutes les places , depuis Bayonne jusqu'à Calais , sont de vos soins, et qu'il n'y a point de jours ni de momens qu'il ne faille y penser ^
La marine n'est pas moins importante, surtout la conservation, manu* tention et augmentation de toutes les manufactures establies pour tout ce qui regarde ia marine.
Pensez aux masts, aux canons, aux armes, aux bois et généralement à tout, parce que vous ne devez plus faire estât de pouvoir rien tirer du Nord.' Enfin, je me réjouis avec vpus que tout ce qui est commis à vos soins devient plus considérable par cette guerre ; mais prenez bien garde d'augmenter vostre application, et de faire en sorte que, servant le Roy à son gré, vous fassiez quelque progrès dans son estime et dans ses bonnes grâces , et que cela serve à vous avancer et à faire quelque chose de vostre chef, et pour vous et pour les enfans que Dieu vous a desjà donnés* et vous donnera, s'il luy plaist.
néPORSB DK SBIONBLAY, KN MARGE.
' J'ay fait réponse à toutes vos lettres, mais je ne puis vous les envoyer que demain.
^ J'estois en peine de ces lettres. Je me tiendray en garde contre Toubly.
* Le Roy a envoyé encore M. de Ruvigny en Angleterre pour une nouvelle n^ociation.
' Je tiendray les lettres et ordres tout prests lors de la déclaration.
* J'ay écrit et j'écriray encore fortement sor ce qui regarde le travail du port de Dan-
' Celte phrase a été ajoutée en marge. Sévigné écrivait à ce sujet * le 1 9 mars 1678,
* Seignelayavait épousé, le 8 février 1675, à Bussy-Rabutin : «Parlons de madame d^ Marie-Marguerite d^Aiègre , qui lui donna une Scignelay, qui mourut avant-hier grosse d*aD fille au mois de novembre de Tannée suivante. garçon. La fortune a fait un coup bien hardi Cette enfant mourut le 1 à avril 1 680. La mère d'oser ainsi fâcher M. Colbert. »
était morte deux ans auparavant. Madame de
kerque. Je crois qu'il faudra tenii* un vaisseau de 3o pièces de canon à l'entrée de la fosse, qui, estant costé en travers, empeschera Tefiort que les Anglois pourroient faire poor brusier les vaisseaux qui seroient en cette fosse '.
' Tëcriray par tous les ordinaires sur le sujet de ces places et je tascberay de profiter rie toQs les avis que vous me donnez.
( Arch. de la Mar. Mss. originaux, Colbertel Seignelay, pièce 36.)
(Lettre et réponse autograplies. )
Oudenarde, 5 mars 1678.
Je fais réponse aux lettres que j ay reçues de vous par le courrier que vous m'avez envoyé, auxquelles je n'ay pu satisfaire plus tost parce que j'en ay esté empesché par la fatigue des chemins et les embarras qui me sont survenus , n'estant arrivé qa'à neuf et dix heures du soir, à cause des mauvais chemins , dans les lieux où j'aurois deu arriver à quatre heures, et où j'aurois pu travailler.
Je vous envoyé toutes les lettres que j'ay faites pour les fortifications et pour la marine.
A présent que nous allons estre en repos dans un camp, j'espère que je vous satisferay par mon travail ; mais, jusqu'à ce jour, les fatigues et les embarras des chemins et les incommodités que j'ay eues m'ont empesché de faire mieux.
Je sçais bien que ceux qui ne sçarent pas de quelle nature sont ces incommodités ont de la peine à les
Paris, 8 mars.
Je vous assure , mon fils , que vous auriez bien plus fait pour vostre santé , pou r vos affaires et pour toutes choses, de demeurer un jour entier dans une ville comme Valenciennes, Toumay ou quelque autre, à vous reposer et travailler à l'expédition de toutes vos affaires , et donner lieu en mesme temps à vostre équipage de s'avancer ou de se reposer un jour. Ce retardement n'estoit pas considérable, et il vous auroit donné beaucoup de facilité. Il auroit esté mieux assurément de me renvoyer mon courrier un jour ou deux après pour nous apporter de vos nouvelles, ou en tout cas nous faire écrire, par Lagarde ou par quelque autre commis, dans toutes les villes où vous avez passé, Testât auquel vous vou^ trouviez.
Pour réponse à vostre article, toutes mes lettres ne sont pleines que des moyens que vous pouvez
' En marge, Golbert a ajouté : «Groyez-moy, mon fils, vous aurez le déplaisir de voir enlever '^nôneanx par les Anglois; il n'y a d'autre expédient que celuy de travailler incessamment au P^ 4e Donkerque et d'en entreprendre quelque autre anssytost qu'il sera fait.»
comprendre, mais je puis assurer qu'il n'y a rien de plus réel, et que, depuis que j'ay quitté le Roy à Stenay, j'ay esté deux jours entiers dans une perpétuelle oppression, et si grande qu'à peine pouvois-je respirer; que j'ay eu des étourdissemens très-grands, et que je ne dors presque pas les nuits.
Je suis fort las, je vous assure, de vous entretenir de ce détail, et je ne le ferois pas si je pouvois faire en sorte que mon travail aille à l'ordinaire; mais, quand je suis tourmenté de ces maux , cela m'est entièrement impossible. L'agitation les a augmentés et m'a furieusement échauffé. J'espère que le repos me remettra , et alors je feray en sorte de bien employer tout mon temps et de vous satisfaire en faisant mon devoir. C'est ce que je souhaite le plus.
je vous rends compte par un mémoire particulier de tout ce qui regarde les fortifications \ Je me rendray aujourd'huy auprès du Roy et partiray bientost pour cela.
Je vous avois envoyé un mémoire de ce qui est à faire pour la marine , suivant l'ordre que vousm'avez donné de vous envoyer de temps en temps de pareils mémoires, et vous me demandez pourquoy je vous les envoyé. C'est peut-estre que je ne vous avois pas fait souvenir de l'ordre que vous m'aviez donné sur ce sujet.
pratiquer pour vous soulager, si vous voulez les mettre en effet en pratique. J'espère que vous aurez tout le temps d'y penser et de faire tout ce qui sera nécessaire pour cela. Vous devez y travailler par préférence à toutes choses, mais vous devez en mesme temps donner quelques ordres plus importans à vos commis et me renvoyer tout ce que vous ne pouvez faire.
Bon.
Bon.
Ce mémoire ne portoit point que vous me le renvoyiez pour exécuter les articles y contenus. Ainsy j'ay cru seulement que vous me l'envoyiez pour me faire connoistre que vous pensiez à ce qui estoit à faire. Une autre fois expliquez-moy vos intentions et je les exécuteray promptement.
* La ietlre dans laquelle Seigneiay rend comple de ce qui regarde les fortifications de Verdun. Stenay, Mërières et MonUOlympe , est aux Archives de la Marine , dans lemémemanascrit , pi^ 83.
âQ9
J'ay lu ce que vous avez écrit à Toulon pour qu'on ne soupçonne rien du retour de M. de La Feuilkde.
J'ay lu aussy toutes les lettres que vous avez écrites pour la marine. Je vous soulageray de cette peine à l'avenir.
Apparemment, les Anglois vont se déclarer» et j*expédieray les ordres pour Texécution de ce qui a esté résolu par le Roy aussytost que je seray au camp.
Bon.
Bon.
Il me semble que les Anglois ne vont pas si vite.
Surtout, autant que vostre santé vous le pourra permettre, je vous recommande d'expédier continuellement, et de ne pas attendre les jours d'ordinaire.
Madame de Montespan veut armer un vaisseau, et le Roy m'a ordonné d'en prendre soin. Gomme cestun détail auquel il faut donner ordre , j'ay cru ne pouvoir en charger personne qui s'en acquittast mieux que Bonrepos , à qui j'écris sur ce sujet pour ce qui regarde les vivres Bon.
e( pour les avances à faire pour cet armement, auquel madame de Montespan m'a prié de donner ordre ^
J'écris aussy au sieur de Seuil pour faire passer au Havre i oo des okalelots des équipages levés à la Rodielia, madame de Montespan I ayant ainsy souhaité en présence Bon.
du Roy.
récris à Desclouzeaux sur le iMme sujet pour préparer l' Adroit on k Croissant.
Tout ce que je vous écris sur ce sqet s'est passé en présence du Roy. Bon .
(Arcb. de la Mar. Mas. origioani, Coibêrt et Sêignelay, pièce 37.) ' Voir Mmrmet pièce n* 687 et noies.