III. - a
(Lettre et réponse autogrnphes. )
Ail camp devant Gand, 7 mars 1678.
Je fais réponse aujourdliuy à toutes les lettres que je reçus de vous avant-hier au soir à mon arrivée icy.
Avant de répondre au contenu de toutes ces lettres, je vous diray que nous sommes icy dans un estât assez fascheux. J'arrivay avant-hier sans équipage; mon lit n'arriva qu'à minuit avec une tente, sous laquelle nous avons passé le plus horrible temps qu'il ayt peut-estre fait depuis dix ans. Mon commis et le reste de mon équipage n'ont pu suivre.
J'avois laissé Lagarde à Oudenarde , et m'estois avancé icy ; je l'envoyay quérir hier par un courrier exprès, et il arriva à la nuit. Depuis ce temps , il a travaillé aux extraits , et moy aux réponses de toutes les lettres de marine. Elles sont faites; je ne pourray vous les envoyer que demain, parce que je n'ay pas assez de gens pour les transcrire. Je suis bien ayse de vous dire sur cela que j'ay fait tout ce qui m'a esté possible, et que si vous voyiez Testât où tout le monde est icy, et que vous connussiez l'augmentation que la fatigue et le mauvais temps apportent à mes incommodités, peut-estro conviendriez-vous que je ne puis faire davantage.
Paris , 1 o mars.
Je vous puis assurer, mon fils, que je ne diminile point dans mon esprit les incommodités que vous souffrez. Je les sçais grandes et sçais fort bien qu'elles ne permettent pas de travailler beaucoup.
Les incommodités mesmes que vous avez reçues par le défaut de vostre équipage sont extraordinaires, mais je vous prie de bien considérer, pour en profiter dans une autre occasion , que si vous estiez demeuré un jour entier, ou à Rocroy, ou en quelque autre ville proche, vous auriez dépesché mon courrier, vous vous seriez reposé, vous auriez expédié ou tout ou la plus grande partie de vos affaires, et vous auriez donné le temps à vostre équipage de s'avancer, et par ce moyen vous auriez gagné trois jours que vous avez peut-estre perdus pour vous avancer d'un seul inutilement.
Je sçais bien qu'il est bon d'estre auprès du Roy le plus qu'il est possible, mais il faut que la prudence cx>nduise, laquelle ne permet pas que l'on perde trois jours pour en gagner un.
Le Roy me dit avant-hier qu'il vous avoit écrit et qu'il s'en remettoit à vous pour ce qui regarde les vaisseaux du chevalier de Château- Renault. C'est pourquoy je vous renvoyeia lettre de deSeuil qui en parle.
Sa Majesté est tellement occupée I des soins que iuy donne le siège, I qa elle D*a pu encore me donner une heure, ni pour entendre le rapport , de Testât auquel sont les places que I j'ay visitées, ni pour signer les or- I donnances et se faire rendre compte ; de ce qui regarde les affaires de marine; je Iuy ay seulement parlé ' de ce qui regarde l'affaire de Messine et les lettres de M. de La Feuillade.
Pour réponse à vos deux lettres; celle du a à: le vous ay écrit aussy souvent que Testât oiî je me suis trouvé pendant le voyage du Roy et \n incommodités du voyage me Toot pu permettre.
Je vous ay fait sçavoir ce qui mt passé au sujet du sieur de Mirebeau ; je n'en ay ouy parler depuis ^
Je vous suis bien obligé des ordres que vous avez donnés à mon ^ipage; je l'aurois eu icy à point nommé sans la difficulté des chemins, qui est inconcevable.
Pour celle du s 8 : J'ay vu les observations que vous avez faites sar mes lettres et je lascheray de me corriger.
Je vous ay envoyé copie des lettres que j'écrivis hier sur ce sujet.
En Testât où est le Roy, il ne faut point presser, mais seulement vous présenter à Iuy.
Travaillez pendant que le Roy est occupé au siège; vous pouvez faire beaucoup de choses pendant ce temps-là.
Bon.
Bon.
Bon.
Bon.
^ Voir pièce n* 67.
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