SI
Pour lés vaisseaux que M. de La Feuiiiade ramènera, je vous prie de me faire sçavoir vostre avis sur leur employ lors de leur retour. Le mien seroit, en cas de déclaration de guerre avec l'Angleterre, de faire partir, aussytost après le retour de^ dits vaisseaux et en cas que le Roy n'en eust pas besoin pour les entreprises de Catalogne, une escadre de six des moindres vaisseaux pour aller sur les costes d'Italie et de Barbarie faire la guerre aux Ang^ois qui reviendroient de Levant.
La seule difficulté vient du nombre des vaisseaux anglois qui sont à présent sous le commandement de Marlborough^; mais celuy qui commanderoit l'escadre des vaisseaux du Roy, en estant informé, pourroit aysément l'éviter.
Pour vostre billet du i*' mars, il contient des excitations à bien faire auxquelles je tascheray de répondre par tout mon soin.
Pour la lettre du a mars , je vous ay fait sçavoir la raison pourquoy je n'ay pas accusé la réception des lettres que vous m'avez écrites et que je n'ay point reçues.
Je parleray au Roy de ce qui regarde le sculpteur qui a volé les pierreries^.
Je fais réponse par apostilles h
Je vous ay écrit sur ce point.
Je ne sçais si le Roy aura besoin de vaisseaux pour les entreprises de Catalogne; il y a peu d'apparence, parce que si l'entreprise estoit fixée et que les Espagnols en faisant un effort puissent mettre dix ou douze vaisseaux en npier avec leurs galères et les Anglois, il faudroit de la part du Roy un trop grand armement pour résister.
Marlborough ne tiendra point devant dix vaisseaux du Roy: ou il s'en ira, et en ce cas le commerce des Anglois dans la Méditerranée sera ruiné, ou le roy d'Angleterre enverra vingt vaisseaux et plus, ce qui consommera une partie considérable des fonds que le pariement luy donne. Quoy qu'il fasse , ce sera toujours avantageux au Roy.
Bon.
Je vous renvoyé ces lettres, et je
Voir Marine, pièces n~ âg/i et A 96, — * Voir la pièce 76.
A SEIGNELAY. iUl
vos lettres des 3 et A que je vous suis bien ayse que vous me les ayez prie de me renvoyer, afin que je les demandées, parce que cela me marmette avec toutes celles que vous que que vous y faites quelque rém'écrivez. flexion.
Les affaires vont icy comme ont accoustumé d*aller celles dont le Roy se mesle. On a pris un fort revestu, et on est logé sur la contrescarpe de la place.
On devoit attaquer cette nuit trois demy-iunes, mais on a remis à demain.
Mon frère ^ est à sa garde de Faites-moy sçavoir ce qui se pas-
tranchée, et est détaché aujour- sera tous les jours et particulière*dTiuy. H n'y a rien à craindre, la ment sur ce qui regarde vostre tranchée estant bonne et n'y ayant frère, nen à attaquer.
(Arcb. do ia Mar. Mu. originaux, Colbertel Seignday, pièce 38.)
(Mitiute autographe.)
Parie, 9 mars 1678.
Je vous envoyé, mon fils, des lettres de Messine qui viennent de m'estre rendues par un courrier envoyé exprès par M. Arnoul.
Vous verrez par la lettre de M. Je mareschal de La Feuillade une grande activité dont personne ne doutera , mais j'ajoute que cette activité est bonne et utile; ce courrier m'a dit que M. le duc de Vivonne estoit arrivé et qu'il estoit party de Toulon le mesme jour que luy.
Par les lettres du sieur Arnoul, il y a lieu d'espérer que tous les huit vaisseaux et celuy qui a rapporté M. le duc de Vivonne seront à présent partis, et ainsy que M. de La Feuillade aura tout ce qu'il luy faut.
Pensez promptement à tout ce qui est à faire des vaisseaux qui reviendront de Messine.
Tay vu les lettres des fortifications , que j'ay trouvées fort bien. Vous devez toujours vous exciter à entrer dans le détail des ouvrages le plus que vous pourrez.
' Sao5 doute Jules-Armand Goibert , marquis de Blaiiiville , colonel du régiment de Champagne.
Si le Roy s'approche, vous devez prendre un jour ou deux pour visiter le port de Dunkerque et y donner une très-grande application , et la place de Calais, où vous avez esté mal servy, si ce que le duc de Cbarost dit est véritable ^
Je ne crois pas que vous preniez une bonne résolution, de payer Berthelot sur le pied de la nourriture de ses chevaux pendant le temps qu'ils ont esté à Calais, parce que, d'après les lettres du sieur de MoyenneviUe, ils n'y ont presque rien fait. Il faudroit le payer sur le pied du travail , à moins que le Roy ne l'ordonne autrement.
Comme il n'y a rien dans tout ce que vous avez à faire qui mérite tant vostre application que ce qui regarde la recette et dépense des finances du roy, qui passe par vos ordres, je vous recommande de terminer l'agenda de marine de l'année dernière, d'en faire promptement la balance, de faire celuy de cette année, et de prendre toujours garde que tous les ordres qui ont esté donnés pour vous faire rendre compte par tous les intendans, tous les trois mois, des fonds qui leur sont remis, et tous les six mois des dépenses faites, soyent exécutés; comme aussy qu'ils se fassent donner des certificats par les commis qui servent auprès d'eux des sommes qui leur sont remises par leurs maistres. Tout cela est de très-grande conséquence, et vous avez vu l'accident qui est pensé arriver à Toulon, depuis peu , par ce défaut.
Vous devez faire la mesme chose à l'égard des fortifications.
Quand vous croirez que vostre santé sera assez bonne , et que vous serez assez seur de vostre travail pour ne rien oublier, prévoir tout ce qu'il faut, donner vos ordres à temps et avec la diligence nécessaire pour bien faire agir toute la marine et les galères et leur faire faire quelque chose de glorieux et d'important pour le service du roy, et qui vous puisse donner de la considération auprès de Sa Majesté , vous me ferez plaisir de me le faire sçavoir, parce qu'en ce cas je laisseray passer toutes les dépesches sans les ouvrir, ce qui me seroit un grand soulagement.
J'ay fait tirer cinquante cartes des entrées de Brest, en parchemin et autant en papier. J'en envoyé vingt de chacune façon à Brest; mandezmoy ce que je feray du surplus.
( Arch. de la Mar. Mss. originaux , Colbert el Sà^iûUy, pièce Sij.)
' Voir, à la seciion FortiJicaUoM, les leiires travaux de Calais, et piiItc autres celle du adressées à M. de MoyenneviUe au sujel des 17 mars 1678.
( Lettre et réponse Aucaïup devant Garni, 9 mars 1678.
J ay reçu vostre dépesche du 6 de ce mois à laquelle je fais réponse |)ar apostille.
Je commenceray cette lettre par la nouvelle de la prise de la ville de Gand et vous diray que les trois (lemy-lunes qui estoient du costé de 1 attaque, ayant esté attaquées cette Duit par les régimens des gardes du roy, ont esté prises sans grande résistance, ce qui a obligé la ville i capituler ce matin. Les bourgeois ont obtenu la conservation de leurs privilèges et les troupes du roy y sont entrées cette après-disnée. Don Francisco del Pardo, gouverneur (le la citadelle, prétend se défendre beaucoup mieux que la ville; mais, comme c'est une fort petite place , on ne croit pas qu'il dure plus de (|oatre ou cinq jours au plus.
Le Roy a reçu des nouvelles des (ennemis. Les Espagnols ne pensent pas à secourir la place, et le prince «fOrange est à Malines avec trente bataillons, qui, vraysemblablement, ne tentera pas k présent de secourir la place, puisqu'il n'y a que deux costés par où il puisse venir, où il y aura un grand nombre de troupes.
Le Roy décampe demain ou après demain du costé du quartier de M. de Luxembourg, entre le grand Kscaul c»l le canal du Sas.
autographes. )
Paris, la mars.
J'espère, mon fils, que nous pourrons nous réjouir entièrement de cette grande et glorieuse conquesle dans peu de jours, lorsque la citadelle sera prise; vous pouvez croire que nous attendons à présent cette grande nouvelle avec impatience.
Vous me ferez plaisir d'entrer un peu plus dans le détail de tout ce qui se passe.
J'ay prépare aujourd'huy tout ce qu'il falloit pour rendre compte au Roy de toutes mes affaires, mais, voyant qu'il n'avoit pas le temps, je luy ay parlé du sculpteur dont vous m'avez écrit, à qui Sa Majesté a accordé grâce et m'a ordonné de vouf^
J'ay reçu cette lettre seule.
Voyez-vous, mon fils, tant que je ne verray point arriver tous les jours dans vos paquets, deux, trois ou quatre lettres , estant le seul moyen que vous avez de vous tirer de l'accablement dans lequel vous estes toujours, il est absolument impossible que vous puissiez estre bien résolu à faire ce que vous devez ni bien persuadé sur ce que vous devez faire.
Vous avez un million de choses à faire, outre ces lettres, et elles vous occupent toujours tout entier, en sorte que le temps vous manque pour faire toutes les autres choses, et mesme il vous manque pour faire ces mesmes lettres, parce que vous les faites avec précipitation.
Pensez combien de fois je vous l'ay desjà écrit. Je ne vous dis pas que je ne seray jamais content que cela ne soit, parce qu'il ne s'agit pas de ma satisfaction, mais je vous dis qu'il est impossible que vostre esprit soit persuadé, ni que vous puissiez estre content vous-mesme sans cela, et c'est un grand malheur pour vous si vous Testes et si vous vous confiez sur ce que vous dites trop souvent que vous travaillez beaucoup.
Ce Conseil vous occupe trop.
Il faudroit se jouer du Conseil et des dépesches, et mettre tout vostre temps à faire et à penser à des choses plus importantes, qui donneroient un grand relief aux Conseils et aux dépesches.
écrire de l'expédier lorsqu'il aura esté condamné. A l'égard de ses complices, je n'ay pu en parler à Sa Majesté, suivant la proposition du procureur du roy; je le feray à ia première occasion.
Je vous prie de me faire sçavoir promptement vostre avis sur ce que je vous ay écrit touchant les vais- 2ieaax qui reviendront de Messine et sur la proposition que j'ay faite, afin que j'en parie promptement au Roy et que j'expédie ensuite les ordres.
. J'éclairciray ce que vous me mandez au sujet du nommé Fabre, conducteur des condamnés aux galères ; cet avis vient, ainsy que j'ay connu par l'écriture, du nommé du Paty, qui a esté chassé de l'employ de conducteur qu'il avoil, pour n'avoir pas bien fait son devoir.
Bon.
Je vous l'ay écrit : deux escadres de cinq vaisseaux , l'une sous le sieur du Quesne, l'autre sous le sieur Valbelle, avec pouvoir à du Quesne de les assembler.
Je crois vous avoir satisfait sur ce point ; s'il vous manque quelque chose , envoyez-moy ce que je vous ay écrit et je satisferay au surplus.
Il suffit que vous en soyez averty.
Il n'y a rien qui vous soit de si grande conséquence que d'empescher l'entrée de toute sorte de friponneries dans nostre famille, à quoy les valets ne se portent que trop volontiers.
(Ârcb. df. la Mar. Mbs. originaux, Colbirtet SêigfiêUuf, pidee ko.)