‹ Lettres, instructions et mémoires de ColbertChapitre 2 sur 108 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

De tous les matériaux recherchés à juste titre, depuis la renaissance des études historiques, par tout écrivain désireux de donner à son œuvre une base solide, les correspondances sont assurément ceux qui fournissent les informations les plus précises et les plus abondantes. Déjà très-importants pour la biographie de simples particuliers, les documents de ce genre le sont bien plus encore quand il s'agit d'événements de Tordre politique ou administratif, car ils se distinguent alors par un cachet de vérité que n'ont pas toujours les correspondances privées- Celles-ci, en effet, à moins d'avoir été écrites sous l'empire d'une vive préoccupation, sont trop souvent entachées de duplicité, de mensonge, et, s'il est besoin, par exemple, d'étudier le caractère de leur auteur, les précautions les plus minutieuses peuvent n'être pas inutiles. Les lettres politiques et

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administratives, au contraire, reposent toujours sur des données positives. Celui qui les écrit peut, dans une circonstance exceptionnelle, et pour atteindre un but déterminé dont il se réserve le secret, ne pas dire toute sa pensée ou transmettre à dessein des instructions contradictoires; mais les instructions n'en sont pas moins transmises, et la preuve matérielle de cette réticence ou de ces contradictions a par elle-même un incontestable intérêt.

Qu'il doive ce privilège à ses grandeurs, à ses fautes, ou à ses faiblesses, grâce peut-être à cet ensemble de causes diverses, nul règne n'a aussi vivement captivé l'attention de la postérité (jue celui de Louis XIV. Que de mémoires, de correspondances diplomatiques et autres, de lettres familières, de biographies, d'études historiques sur ce temps et sur les personnages de toute sorte, princes, ministres, généraux, femmes d'esprit et femmes d'intrigue, écrivains, orateurs sacrés, poètes, auxquels il doit son éclat! Cependant le public comprend que tout n'est pas dit encore, et plus sa curiosité reçoit d'aliments, plus elle en est avide.

La publication que Son Excellence M. Magne a prise sous son patronage et dont la direction nous a été confiée embrasse une période de trente-trois ans (i65o-i683). On sait les agitations et les intrigues des dix premières années, la splendeur, l'éclat et la prospérité de celles qui suivirent. Sous tous ces rapports, aucune époque ne mérite mieux d'être connue dans ses détails, et, parmi les hommes qui l'ont illustrée, nul n'occupe une plus grande place que Colbert.

Si l'on s'en rapporte à des assertions contemporaines qui ne manquent pas de vraisemblance, Colbert, né en 1619, aurait passé quelques années de sa jeunesse chez un banquier de Lyon. Laborieux, exact et observateur comme il l'était, il

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dul donc, avant son entrée flans les bureaux de Michel Le Tellier, secrétaire d'Etat de la guerre, écrire des lettres nombreuses à sa famille, à ses frères. Ces lettres, vainement recherchées jusqu'à présent, ne paraissent pas être arrivées jusqu'à nous. Mais, à partir de son admission chez Le Tellier, sa correspondance devient abondante; et comme, sans parler ici de ses autres qualités, il avait celle de l'ordre, au plus haut poiut, toute cette correspondance a été merveilleusement conservée, soit en minutes, soit en copies qu'il faisait faire à de très- habiles calligraphes, dans une écriture magistrale dont le secret est aujourd'hui perdu.

Nous n'apprendrons rien aux érudits en disant que le département des manuscrits de la bibliothèque impériale possède sur Colbert, outre les fonds divers provenant de sa magnifique bibliothèque, des richesses innombrables. Plusieurs séries de manuscrits portent son nom; ce sont d'abord les Cinq vents de Colbert, et, en second lieu, les Mélangea de Colbert, qui se composent de plusieurs centaines de volumes, dont un grand nombre sont formés de la correspondance qu'il recevait tous les jours des intendants, premiers présidents, généraux, amiraux, enfin de toute la France administrative, car ses fonctions embrassaient tout. Le fonds Raluze, si riche en manuscrits de toute sorte, contient, au milieu de dix à douze volumes de pièces diverses, la plus grande partie des lettres originales de Colbert à Mazarin, avec les réponses du Cardinal en marge. Les Mélange* Clairambault comptent aussi une dizaine de volumes infolio, aux armes de Colbert, distraits, on ne sait à quelle époque, de lune des séries de lettres splendidement copiées par ses ordres. Les fonds Harlay, Mortemart et Saint-Germain contiennent également des lettres originales ou des copies de lellresde Colbert du plus grand intérêt historique. (Nous pour-

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rions citer encore, dans le fonds appelé Supplément français. les Papiers d'Etat de Le Tellier \ et divers autres volumes renfermant d'importants mémoires autographes de Colbert sur les finances, ainsi que des lettres échangées entre Louis XIV et lui. Enfin, la Bibliothèque impériale s'est enrichie, il n'y a pas longtemps, d'une collection dite Colbert etSeignelay, qui renferme un très-grand nombre de lettres, mémoires et instructions, de la main même de Colbert, sur l'organisation et les grandes opérations de la marine pendant la plus brillante période du règne de Louis XIV.

De leur côté, les Archives de l'Empire possèdent la remarquable collection des registres de la Secrétairerie d'État, dans laquelle on peut voir se dérouler, pendant plusieurs siècles, l'ensemble des affaires réservées; nous espérons qu'elle nous fournira quelques lettres de Colbert.

Parmi les déparlements ministériels dont les archives nous ont été utiles, quatre ont apporté à notre œuvre un contingent des plus précieux : ce sont la marine, les affaires étrangères, la guerre et les travaux publics.

Le département de la marine a, de tout temps, recueilli avec un soin particulier les manuscrits et les registres de la

1 Dans la nouvelle et excellente édition qu'il a donnée des Mémoires du cardinal de Retx (Charpentier, k vol. in-i a), M. Aimé Champollion-Kigeac a publié , eu appendice, à la fin des tomes II et III, sous ce titre , Instructions du cardinal Mazarin relative* aux fromleurs, adressées au secrétaire d'État Le Tellier, du h février au 80 septembre i65o, un certain nombre de lettres écrites à Le Tellier par Colbert luimême. Ce sont bien en effet les instructions du cardinal Mazarin, mais c'est Colbert. détaché auprès du Cardinal, qui

était chargé de les transmettre au secrétaire d'Etat de la guerre. La plupart de ces instructions, datées de bordeaux et des environs, sont signées par Colbert; quelquesunes, n'ayant pas de signature, sont de la main d'un de ses secrétaires.

Nous avons reproduit les plus importantes dans le premier volume, en nous conformant aux documents originaux.

Elles se trouvent a la Bibliothèque impériale : Supplément français, Le Tellier, Papiers d'État, 3,oo4 , vol. IV et suivants.

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correspondance de Colbert, qui sont, en effet, le plus beau fleuron de ses riches archives. Nous avions déjà consulté ces archives avec fruit il y a quinze ans; nous les avons cette fois explorées à fond , grâce à la parfaite obligeance et aux bienveillantes indications de MM. d'Avezac et Jal, chargés de veiller à leur conservation. Un volume entier de notre publication constatera les immenses efforts, l'énergique sollicitude de Colbert, pour improviser en quelques années une marine digne de la France, et mettra en lumière la grandeur des résultats obtenus. Outre les précieuses correspondances qui en font foi, les archives de la marine possèdent un certain nombre de plaquettes manuscrites, format petit in-3s, intitulées : Tableau de la marine. C'était en effet le tableau annuel du personnel et du matériel de ce service que Colbert faisait copier sur parchemin et illustrer de lettres d'or et de couleur par quelque célèbre calligraphe, Jarry ou autres, et qu'il donnait au Roi, avec la situation des finances de l'année'. Les budgets actuels sont évidemment beaucoup plus complets, plus clairs, et font mieux connaître les détails du service que les élégants petits carnets dont nous parlons; mais ces carnets avaient un grand avantage: Louis XIV les portait, dit-on, dans ses pochettes, el pouvait savoir à chaque instant, grâce à eux, quel était l'état de sa marine et de ses finances.

Les lettres de Colbert qui existent aux archives des affaires étrangères, et que Son Excellence M. Thouvenel a bien voulu nous faire communiquer, ne sont pas très-nombreuses; mais elles offrent un véritable intérêt, outre qu'elles complètent la

' I ..i Bibliothèque impériale possède vntion. Nous en publierons un in extenso

«ne vingtaine de ces petits budgets dési- dans la division Finances. Nous donnerons

Ipih sous le nom de Carnet* de Louis XIV aussi, à sa place, un des carnets ou ta-

[ Supplément français, 3,365). Quelques- blcaux de situation de la m urine, préparés

uns mot même en parfait étal «le cotiser- par Colbert.

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curieuse eorrespondaooe entre Colbcrt et Mazarin, dont la plus grande partie se trouve dans le fonds Baluze de la Bibliothèque impériale. Ces lettres, parmi lesquelles on en rencontre un certain nombre de Fouquet à Mazarin, où Ton peut déjà pressentir la disgrâce du fameux surintendant, sarrétent d ailleurs à la mort du Cardinal Nous en donnons quelques-unes coin plétement inédites de Fouquet dans l'appendice du premier volume, avec plusieurs pièces relatives au cardinal Mazarin et à Golbert

Le ministère de la guerre et celui de l'agriculture, du commerce et des travaux publics ont également mis à notre disposition leurs magnifiques volumes de la correspondance de Golbert sur les fortifications, les canaux, les ponts et chaussées, les mines, et nous ne saurions trop remercier M. le colonel Augoyat et M. Cavalier, inspecteur de l'Ecole impériale des ponts et chaussées, des facilités qu'ils se sont empressés de nous donner pour faire nos recherches.

Comme tous les livres qui faisaient partie de la riche bibliothèque dont Colbert avait confié la garde au savant Baluze, les volumes de la marine, de la guerre, des travaux publics, et un certain nombre de ceux que possède la Bibliothèque impériale portent, sur le plat de leur belle reliure en maroquin

1 II y a , dans les volumes de la collection France des Affaires étrangères, postérieurs à la mort du Cardinal, quelque» pièces émanées de Colbert, mais elles sont d'un intérêt secondaire.

D'un autre côté, on lit dans les Extraits des procès- verbaux des séances du Comité historique des monuments écrits ( i vol. in-8". Imprimerie nationale, t85o,p.uA), que les Archives des affaires étrangères possèdent «des instructions données par

Colberl pour l'exécution d'une statistique générale de la France, et que ces instructions sont excellentes.*

Jusqu'à présent les Archives des affaires étrangères n'ont pu , à notre grand regret, malgré les recherches déjà faites, mettre ces instructions à notre disposition. Nous espérons retrouver, avant lu lin île notre publication, une pièce aussi impor tante.

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du Levant, l'écusson, si connu des amateurs, que nous donnons à la suite du titre.

On se figure aisément la quantité innombrable de matériaux que ces recherches ont fait passer sous nos yeux. Naturellement il ne pouvait être question de publier tout; cinquante volumes n'y eussent pas suffi; et d'ailleurs, une pareille publication eût-elle été possible, l'attention du lecteur, fatiguée par la multitude des petites alTaires, n'aurait plus distingué les grandes. Il a donc fallu se borner; c'est ce que nous avons fait, en choisissant, même parmi les lettres autographes, et à plus forte raison parmi les autres, celles qui traitent de questions intéressantes, ou qui indiquent une ligne de conduite, un principe à faire prévaloir. D'autres, dans lesquelles se dessine le caractère, soit de Colbert lui-même, soit du personnage auquel elles sont adressées, ou dont elles font mention, s'il a une notoriété historique, nous ont aussi paru devoir être recueillies. Par le même motif, quelques lettres, dont toutes les parties n'étaient pas également intéressantes, n'ont pas été reproduites intégralement.

La question de l'orthographe ne laisse pas d'avoir son importance et d'être quelque peu embarrassante quand il s'agit de manuscrits remontant à plus de deux siècles. La difficulté est surtout réelle pour les correspondances d'affaires du règne de Louis XIV, qui fut éminemment, au point de vue dont nous nous occupons, une époque de transition, où les grands écrivains eux-mêmes allaient un peu à l'aventure. Fallait-il publier les manuscrits tels que nous les rencontrions? Mais alors l'orthographe aurait varié à chaque page, suivant que les lettres auraient été de la main de Colbert, d'un secrétaire, ou d'un de ses nombreux copistes. D'un autre coté nous avons vu, dans une série de volumes contenant un grand

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nombre de lettres transcrites vers i 680 \ l'orthographe actuelle déjà en vigueur pour beaucoup de mots auxquels l'usage conservait encore une forme plus ancienne2.

Pour échapper à ces complications , nous avons cru devoir, tout en conservant à la plupart des mots la forme et le cachet du temps, en rectifier quelques-uns dont l'orthographe était déjà considérée, par les contemporains mêmes de Colbert, comme vicieuse ou tout au moins surannée3. Quant aux noms propres de personnes et de villes, pour lesquels il n'existait

1 Notamment dans les volumes &at> à 43a de» Mélanges Clairambault que possède la Bibliothèque impériale, et dans le Journal des bien/ail» du roi (Supplément français, 079).

1 Ainsi, arrêt, requête, vôtre, êtes, an lieu de , arrest, requeste, rostre , estes, etc. On rencontre aussi, assez , égards, écrits, au lieu de , assis , esgardx , escrits.

5 Par exemple, nous avons mis supplier, au lieu de suplier ; fortifications , au lieu de fortijications ; ensuite, au lieu de ensuitte, etc. etc.

L'extrait suivant de la préface du Dictionnaire de P Académie française (sédition-169&) fait voir, au surplus, dans quelles incertitudes l'Académie était alors et laissait le public sur cette question.

«r L'Académie s'est attachée à l'ancienne orthojjraphe rcceuë parmi tous les gens de lettres , parce qu'elle ayde à faire connoistre l'origine des mots. C'est pourquoi elle a creu ne devoir pas authoriser le retranchement que des particuliers , et principalement les imprimeurs, ont fait de quelques lettres, à la place desquelles ils

ont introduit certaines ligures qu'ils ont inventées, parce que ce retranchement oste tous les vestiges de l'analogie et des rapports qui sont entre les mots qui viennent du latin ou de quelque autre langue.

- Ainsi elle a écrit les mots Corps, Temps, avec un P, et les mots Teste, Homeste, avec une S, pour faire voir qu'ils viennent du latin. Corpus, Tempus, Testa, Ilo-

«rll est vray qu'il y a aussi quelques mots dans lesquels elle n'a pas conservé certaines lettres caractéristiques qui en marquent l'origine, comme dans les mots Devoir, Février, qu'on escrivoif autrefois Debvoir et Febvrier, pour marquer le rap port entre le latin Debere, et Februariux. Mais l'usage l'a décidé au contraire; car il faut reconnoistre l'usage pour le maistre de l'orthographe aussi bien que du choix des mots...*

Tout en posant ce dernier principe, l'Académie française ne l'appliquait, on le voit, qu'avec une grande timidité. .Nous l'avons pris pour règle, autant que possible, dans notre publication.

on voit.

• Dans la même page et A quelques lignes d'intervalle, l'Académie mettait, kr* et 1

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alors aucune règle, nous avons suivi invariablement l'orthographe actuelle.

En ce qui concerne le classement des matières, il nous a paru qu'une quantité aussi considérable de lettres traitant des questions les plus diverses ne devaient pas être imprime'es. purement et simplement, dans Tordre chronologique. Excellenl pour la plupart des publications de l'espèce, un pareil classement eut mis dans celle-ci une véritable confusion. 11 ne faul pas oublier, en effet, que Colbert a été un ministre à peu près universel dans un temps où presque tout a été repris en sousœuvre et fait à nouveau. Comment trouver la suite de ses idées, sur un sujet donné, dans une série unique de lettres? Nous avons donc adopté un certain nombre de séries distinctes, dans lesquelles se grouperont, suivant la nature des matières, toutes les pièces dont se composera cette publication. Une exception a été faite pourtant à cette règle, en ce qui touche la correspondance de Colbert antérieure à son entrée au ministère (t65o-t66i), correspondance presque toute inédite et particulièrement importante au point de vue historique. Pendant les onze années quelle comprend, Colbert est d'abord simple commis de Le Tellier, qui le cède bientôt à Mazarin, dont il devient ensuite l'intendant. Ces lettres, embrassant vingt sujets différents, n'auraient pu être rattachées à aucune série particulière. Nous les avons donc publiées dans l'ordre des dates, en tête de l'ouvrage, dont elles composent le premier volume. Celles qui viendront après se subdiviseront comme il suit :

Finances, impôts, monnaies, industrie et commerce.

Agriculture, forets, haras.

Mines, ponts et chaussées, canaux, fortifications.

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Marine, colonies, galères.

Administration provinciale.

Affaires générales, religion réformée, réforme des codes, police.

Académies, belles-lettres et beaux-arts, bâtiments et jardins. Affaires de famille, lettres privées.

La publication formera quatre ou cinq volumes, suivant l'étendue, encore incertaine, qu'aura chacune de ces parties.

Nous avons indiqué, autant que possible, en tête de chaque lettre, si elle est publiée, i° d'après une minute autographe; $ 9 d'après une lettre autographe ; 3° d'après une lettre originale , portant seulement la signature de Colbert. Ces particularités ont quelquefois de l'importance au point de vue historique. L'absence de toute indication de cette nature signifie que la lettre est publiée d'après une copie. Au surplus, les lettres de la dernière catégorie peuvent bien avoir été écrites, soit en minute, soit en original, par Colbert lui-même ou sous sa dictée. Il est d'ailleurs facile, quand on a un peu étudié son style et ses formes, de reconnaître, à la lecture seule, les lettres qu'il a lui-même écrites ou dictées. Quant aux sources où nous avons puisé, elles sont toujours désignées à la fin de chaque lettre.

Pour mener cette collection à bonne fin dans le moins de temps possible, nous avions besoin de collaborateurs zélés, éclairés et dévoués. Nous avons eu le bonheur de les rencontrer. MM. Emile Peyronnet , Léon Vernier et Alfred Lemoine ont bien voulu nous prêter un concours qui a singulièrement facilité notre tâche, et que nous espérons leur devoir jusqu'à son entier accomplissement.

Quelque riches que soient les grands dépots littéraires et les

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archives administratives de Paris en manuscrits cl papiers «le (lobVrL ces dépuis el ces archives ne possèdent pourtant pas (nul eo qui est resté de l'infatigable ministre. Des particuliers «nt aussi de ses manuscrits, et, parmi ceux-ci, il peut s en trouver d'intéressants. Nous avons déjà fait un appel à l'obligeance des personnes dont les cabinets pourraient nous aider à compléter notre publication; nous le renouvelons ici1. A «pique moment qu elles nous parviennent , les pièces qu'on voudra bien nous communiquer seront les bienvenues, car elles trouveront toujours leur place dans un appendice complémentaire que ce recueil comportera inévitablement.

D'autre part, il est impossible qu'un ouvrage où des milliers ({annotations ont été faites, au sujet de personnages plus ou moins connus, n ait pas donné lieu à quelques erreurs de dates ou de noms. Cette impossibilité paraîtra surtout manifeste à ceux qui auront mis la main à un travail analogue. Quand les Bénédictins, nos maîtres d'illustre mémoire, commençaient quelqu'une de ces publications qui resteront l'éternel honneur de l'érudition française, ils ouvraient, pour les addenda et comgenda, un carton qui, malgré leurs investigations si scrupuleuses, se remplissait au fur et à mesure que la publication avançait2. Avons-nous besoin d'ajouter que nous serions sincè-

1 I/aiileur des Recherches cl considérations sur les finances de la France , Forbonnais. avait connu quelques mémoires et les recueils des lettres de Colbert pendant I année 1609. Voici le vœu qu'il exprimait à cet égard : « Puisque ces lettres ont été recueillies, les autres doivent l'avoir éu;. De pareils trésors devraient appartenir au public; on ose inviter, en son nom , •♦•s particuliers chez qui ils se trouvent épars. à les rassembler dans ce dépôt (la

bibliothèque du Roi) si digne de la majesté du Prince qui l'entretient en faveur des arts.» (Éd. in-t4i. III. 8.)

5 lies Rénédictins avaient pris notamment cette précaution pour la Gnlliachristiana. Par malheur, les notes recueillies par eux à cet effet furent dispersées en 1789. Nous avons entendu raconter ce fait à un véritable bénédictin du xix' siècle, au savant M. Leclerc. de l'Académie des inscriptions et lwlles-letires.

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rement reconnaissant à ceux qui voudraient bien nous signaler, en temps utile, les erreurs ou les lacunes qu'ils auraient remarquées dans ce travail?

Nous avons dit que les documents dont il se compose sont presque entièrement inédits. Ce qui en a été publié a paru ça et là dans divers ouvrages, entre autres dans l'Histoire de la marine de M. Eugène Sue (r édit. 1 835- 1887, 5 vol. grand in-8°), dans la Correspondance administrative du règne de Louis XIV, publiée par M. Depping (Collection des documents inédits sur l'histoire de France), et dans les Etudes sur Colbert, par M. Joubleau. Nous n'avons pas hésité à reproduire les pièces déjà imprimées, lorsqu'elles nous ont paru présenter un véritable intérêt, et nous avons, en pareil cas, soigneusement indiqué les ouvrages où elles ont été insérées. La proportion de ces pièces, relativement à la quantité de celles tout à fait inédites que nous donnons, est d'ailleurs tellement faible que la présente publication n'en aura pas moins un caractère essentiellement original.

Nous venons de parler de la Correspondance administrative du règne de Louis XIV, dont la publication a jeté, sur tant de points vaguement connus jusqu'alors, une vive lumière. D'autres matériaux, qui avaient aussi paru dans la Collection des documents inédits, notamment les Négociations relatives à la succession d'Espagne, par M. Mignel, et les Mémoires militaires, également relatifs à cette succession, édités par M. le lieutenant général Pelet, constituaient déjà, sur la même époque, un fonds de renseignements historiques considérable. Cette collection va s'enrichir en outre des Mémoires de Nicolas Foucault, intendant de province renommé sous Louis XIV, et du recueil, impatiemment attendu, des lettres de Mazarin, par M. Chérucl, à qui l'on doit déjà l'édition complète du Jour-

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