‹ Lettres, instructions et mémoires de ColbertChapitre 36 sur 108 · I- Olympia , comtes», de Soisaons (i · texte numérisé non relu

I- Olympia , comtes», de Soisaons (i

a* Hortense, duchesse de Maxarin (1660) ;

3« Marie , connétable Colonna ( 1 66 1 ). C'est celle qui fut aimée de Louis XIV.

^'Anne-Marie, duchesse de Bouillon (i66a).

1 Marie Gaillard, épouse de M. de Venel, conseiller au parlement d'Aîx , gouvernante des nièces de Maiarin. Madame de Venel fut plus tard gouvernante des Enfants de France.

3 Anne-Marie Martinoui, née en 1687, avait épousé Armand de Bourbon, prince do Conti, au mois de février i654. Morte le h février 167».

thk CORRESPONDANCE

lous les billets de PEspargne , des avances que Vostre Éminence a faites et des remboursemeos qu'elle en a reçus depuis Tannée 1 65 a , que j'avois des sein de luy porter pour l'examiner et Parrester. Néanmoins, à la réponse de celle-cy, je fais estât de partir aussytost, si Vostre Eminence l'ordonne

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(Lettre autographe.)

Paris, 9 juin i656.

J'ay envoyé à Son Éminence vostre lettre et la relation , sur quoy je n'ay point encore reçu ses ordres. La sédition de Marennes 2 et tout ce qui s'en est ensuivy ne me donne point de peine, parce que, comme vous dites fort bien, on la peut punir sans compromettre l'autorité du roy; et toutes les menaces qu'ils vous font faire de députer trente ou quarante personnes pour dire que la sédition s'est faite par vos ordres, et autres choses de celte nature, ne sont d'aucune considération, ne doutant point qu'ils n'y pensent quatre fois avant de prendre cette résolution; et quand ils l'auroient prise, ce seroit une affaire de rien. Pour la suite de cette affaire et la punition qui en doit estre faite, vous sçavez bien qu'il est nécessaire que l'autorité soit marquée et que les peuples se souviennent, par quelque punition, qu'ils ne doivent plus retomber en de pareilles fautes; mais il ne faut pas aussy les pousser à bout. Au contraire , il faut pardonner à la plus grande partie quand l'autorité aura esté satisfaite. Il est nécessaire pour cela que vous fassiez retarder M. de Fortia 5 jusqu'à ce que M. le mareschal de Cle-

' Au sujet de Colbert de Terron, voir pratiquée pour avoir raison, qui est de sas-

lettre a8. — Colbcrt répondait à son cousin sembler en émotion pour aller reprendre les

en marge de ses lettre». marchandises arrestées, l'attaque des gan'«->

• D'après la leUre de Colbert de Terron , dans le quartier de leur résidence , et W

un marchand de Saintonge, ayant traversé t'é- meurtre qui en a esté fait, me semblent si

le<tion de Marennes, avec un chargement de extraordinaires et particuliers, sous une plar>

toiles qu'il venait vendre dans la province, fut comme celle de Brouage, que je ne pais p»

arrêté pr les fermiers , lesquels exigèrent de m'empescher de croire que l'autorité est avilir lui le payement d'un droit qui n'était pas dû. au point qu'il faut faire quelque action d'éclat

l'acquiller, et les toiles et quelque punition exemplaire pour la furent saisies. Le peuple , qui s'était ameuté, mellre et pour restablir le

ayant voulu faire rendre les marchandises, les à Son Éminence. n gardes firent feu, blessèrent plusieurs per- J François Fortia, seigneur du PI

et perdirent quatre des leurs. A la pre- maître des requêtes, puis intendant dan* I' inière nouvelle de celle émeute, Colbert avait Poitou et dans l'Orléanais. Mort à Paris. !.

écrit, le 97 mai, à son cousin : « Je vous avoue ao orlobre tfioà. que In voye que les peuples de Marennes ont

AVEC COLBERT DE TERKOiN.

raïubaul soit sur les lieux, ce qui sera dans peu de jours, parce qu'il part aujourdnuy et qu'il s'en va sur ses chevaux jusqu'à Orléans, prend la rivière jusqu'à Nantes, où son carrosse l'attend; et ainsy je crois qu'avant que vous receviez cette lettre il sera chez luy.

Il est nécessaire que vous alliez à sa rencontre jusqu'à Luçon. Vous le trouverez tout instruit de toutes choses et mesme dans vostre sens. Ce qui me fait quelque peine est la désobéissance des Tuffets, de laquelle je ne puis bien connoistre d'icy la cause; et c'est particulièrement à la découvrir que vous devez vous appliquer, afin de pouvoir prendre vos mesures avee ledit sieur mareschal sur ce qu'il y aura à faire. Il a desjà icy commencé à faire courre le bruit qu'il avoit ordre de les arrester au cas qu'il les trouvas! encore à La Rochelle; et je crois qu'il est bon que vous le fassiez courre aussy de vostre part afin d'augmenter la crainte dans laquelle ils sont à présent et de les obliger, s'il se peut , ou d'obéir ou de s'enfuir à l'arrivée dudil sieur mareschal. Ce n'est pas que vous ne deviez bien examiner, par tous les moyens qui vous seront possibles, si la ville de La Rochelle seroil dans un estât de faire un mauvais pas en cette occasion, parce que, dans ce cas, il ne faudroit pas hasarder, mais remettre en hyver et faire estât d'y envoyer des troupes. Mais quand il est question d'examiner une affaire de cette nature, il ne faut pas avoir peur; au contraire il faut toujours se persuader, comme il est vray, que ceux à qui vous avez à faire ont plus de peur que vous. Je vous dis cecy, non pas à vostre égard , mais à l'égard de M. le mareschal de Clérambaut, dans l'esprit duquel j'ay remarqué quelque chose de semblable; et si vous y remarquez la mesme chose, il faudra le fortifier, ne pouvant prévoir aucune raison qui puisse jeter la ville de h Hochelle dans une sédition manifeste. Néanmoins, comme vous estes sur les lieux, vous pouvez mieux reconnoistre ce qui en est. Cependant je fais expédier les ordres du roy pour arrester les Tuffets, au cas que ledit sieur mareschal les trouve encore à La Rochelle. Il porte des lettres de Téance pour vous et pour tous les officiers, et un pouvoir de Son Éminence pour commander.

(Bibl. Imp. Mm. Mdangu de Colbert, vol. toi, fol. 53.>

iAti

( Lettre originale.)

De... (?), «9 juin 1606.

Je prends la liberté d'écrire à Vostre Eminence ce que je n'ay osé luy dire de vive voix.

11 est question, Monseigneur, de mes affaires; et, si ce mot déplaisl à Vostre Eminence, je la supplie de ne pas lire davantage et de jeter ce billet au feu. Mais, si aux bontés dont elle a bien voulu me donner tant de marques elle ajoute encore celle de vouloir en prendre quelque connoissance, je luy diray qu'il me reste encore environ 4o,ooo écus du mariage de ma femme1, que l'on me presse d'employer en l'achat d'une terre. L'on m'en propose une dont la situation et le bon marché sont assez considérables: mais, comme le prix excède de ao,ooo écus cette somme, j'ay cru que Vostre Éminence, ra'ayant dit beaucoup de fois qu'elle me feroit faire quelque gratification par le roy, serait peut-estre bien ayse de devancer de quelques années le temps qu'elle s'estoit proposé de me la faire accorder, pour un rencontre de cette nature. Néanmoins, si elle trouve que cette .somme soit trop forte, elle pourrait la prétexter de deux années des appointerons de la charge de secrétaire des commandemens de la reyne future; ou bien, si elle craint les conséquences, consommer les années 1 655 et 1 656 des 18,000 livres qu'elle a bien voulu m'accorder pour ma subsistance, et mesme y joindre la dépense de deux hommes que je retiens pour écrire, et de quelques voyages extraordinaires que j'ay faits pendant les deux années dernières. Au cas que Vostre Eminence estime ma demande téméraire, je la supplie de supprimer ce billet et de n'y penser jamais. Si au contraire elle me veut donner cette marque de sa munificence, je la puis assurer que je soulageray Messieurs les surintendans, soit pour les fonds, soit pour le temps du payement que je ne leur demanderay que dans les deux années prochaines, 1667 et i658, également; et, en ce cas, je la supplie d'en faire expédier l'ordonnance et de leur écrire un mot sur ce sujet2.

1 Marie Cbaron, fille de Jacques Charon, seigneur de Ménars, et de Marie Begon. Elle avait épousé , et» 1 648 , Jean-Baptiste Colbert. Morte le 8 avril 1687.

* Au sujet des grâces qu'il recevait de Maiariu, Colbert lui avait écrit le 8 du même moi» :

«rje crois, Monseigneur, que dans le mesn*? temps que Vostre Eminence me comble de »e> bienfaits, elle ne s'attend pas que, par des remercieraens estudiés, je luy tesinoigue ma gratitude, mais bien que, par une entière application à tontes les rboses qui regardent son

Jen'ay pu estre payé, des 18,000 livres que Vostre Étninence m'a accordées pour Tannée i65/i, que de 13,000, il y a environ un an, et de 6,000 depuis un mois; en sorte que, n'estant pas d'humeur de solliciter f»n-sj^ient Messieurs des finances pour les choses qui me regardent, risque d'estre toujours bien longtemps à attendre cette gratifi-

(Utt« autographe.)

Pari», 18 juillet i656.

J'ay reçu ce matin la mauvaise nouvelle 1 qui a esté apportée par le chevalier de Terlon. J'ay vu aussytost M. l'abbé Fouquet et M. le Procureur Général avec lesquels je suis convenu de voir M. le Chancelier et M. le Premier Président pour leur dire comme l'action s'est passée, et les conjurer, de la part de Vostre Eminence, de soutenir fortement cette mauvaise aventure et d'empcscher les cabales des malintentionnés qui pourront naturellement se réchauffer par ce malheur. Je verray aussy tous les serviteurs de Vostre Eminence et tous mes amis particuliers pour empescher, autant qu'il sera en moy, les mauvais bruits que les malintentionnés pourront publier sur ce fascheux rencontre, lequel vraisemblablement ne fera aucun mauvais effet dans Paris, pourvu que Vostre Eminence, par son applica- :, sa vertu et sa bonne fortune ordinaire, empesche que M. le Prince e passe dans le royaume en attaquant quelque place sur la Somme. Enfin, Monseigneur, Vostre Eminence doit estre, s'il luy plaisl, assurée que j'employeray toute ma petite industrie pour concourir au bien du service du roy.

Comme il est bien juste que toutes les créatures de Vostre contribuent, chacune selon sa condition et son pouvoir, i ment d'un accident si fascheux, je supplie Vostre Eminence d'agréer les 4,ooo louis d'or que je luy envoyé, que j'avois destinés pour commencer à payer la terre dont je suis en traité et dont je rompray aujourd'huy le marché. De plus, ma femme se trouvant majeure depuis un mois, je com-

senrice, je me fasse connoistre digne de ses uence et de sa maison.» (Bibi. lmp. Mss. Ba-

grâces autant que je le pourray. C'est à quoy, luxe , l'apter» den Armoire» , vol. 176, fol. aao.) .Monseigneur, je proteste à Vostre Éminence » Le 1 6 juillet 1 656 , le prince de Condé et

que je m'appliqueray toute ma vie, et que je la don Juan d'Autriche avaient forcé Turenne H

tk'ixlray bien employée si je la consomme tout le maréchal de La Porté à lever le siège de Va

entière au service particulier de Vostre Éiui- lenciennes.

menée dès ce matin à chercher de l'argent sous son obligation et la mienne, pour pouvoir envoyer dans quelques jours encore jusqu'à 60,000 livres, pour faire en tout 100,000 livres, m estimant fort heureux si je puis par ce moyen contribuer quelque chose à la satisfaction de Vostre Éminence et au bien du service du roy, estant d'ailleurs bien juste que Vostre Éminence s'eslant montrée envers moy maistre sans réserve, je luy fasse connoistre que je puis estre sa créature au mesme degré. Je fais cet effort avec d'autant plus de joye que je sçais qu'il n'y a que l'argent qui puisse restablir la perte que le roy a faite en cette occasion , et que Vostre Éminence en sera peu assistée du costé des finances.

( Collection particulière. - Copiée sur la lettre original*

(Lettre originale.)

l'aris, 28 juillet i6;>f>.

M. de Hervé, maistre des requestes, estant mort subitement à ce que je viens d'apprendre, je supplie très-humblement Vostre Eminence d'accorder l'intendance de la généralité de Tours qui vaque par sa mort à M. Hotman de Fontenay1, dont j'ay eu l'honneur de parler fort souvent à Vostre Eminence. C'est une personne qui s'est toujours signalée dans le Grand Conseil pour estre entièrement dévouée au service de Vostre Eminence, au mérite, à la suffisance et à la probité de qui il ne se peut rien ajouter. Il a en outre une partie qui est peu commune aux hommes d robe, c'est que personne n'a jamais mieux connu que luy la véritable au torilé du parlement, et mesme des autres cours souveraines, et plus détesté l'abus qu'elles en font en empiétant en toutes occasions sur la royale. Enfin, Monseigneur, c'est une personne que j'estime capable de rendre de très-grands services dans sa profession, et dont je suis assuré que Vostre Éminence sera très-satisfaite, si elle luy accorde cette grâce. J'ajoutera) seulement qu'il ne sçait point la prière que je fais pour luy à Vostre Éminence et qu'il ne la sçaura qu'en luy portant cette grâce, au cas qu'elle la luy accorde, afin qu'elle s'imprime plus fortement dans son cœur5.

(Arcu. des AIT. étr. France, vol. 160, à m date.

1 Vincent Hotman de Fonlenay, conseiller * On lit dans une lettre de Colberl, au Car-

au Grand Conseil, maître des requêtes, inten- dinal, du 3o juillet: «-La price que Vostre

dant de province, puis intendant des finances Éminence fait à M. de Fontenay est entière,

en 1669. Mort en mars 1 683. il avait épousé n'ayant jamais esté ma pensée de demander

une parente de Colbert. l'intendante pour luy en conservant sa cUarg»

(Lettre origine.)

Paris , i *' aoust 1 656.

J'envoye à Vostre Éminence Testât de toute la dépense que j'ay faite pour les achats qu elle m'a ordonnés. Quoyque la dépense en soit fort grande, je puis assurer Vostre Éminence que j'ay employé toute l'industrie dont j'ay esté capable pour la rendre la plus modique qu'il s'est pu. La précipitation est assurément cause que le tout a esté acheté plus cher. Je me défie fort de ce que j'ay esté obligé, par nécessité, de faire acheter à Rouen, tant pour le prix que pour la qualité de la marchandise.

J'ay fait éprouver tous les mousquets à la pesanteur de la balle ; il y en a 5o qui ont crevé. Je crains fort que les autres n'ayent esté fort ébranlés de cette rude épreuve. Le marchand n'a pas voulu remplacer ce nombre à condition de cette épreuve.

Il manque encore 1,000 bandoulières de vache que je n'ay point voulu prendre de Bignicourt1, parce qu'elles estoient trop chères. J'en trouveray à un prix raisonnable et les enverray dans peu2.

J'ay écrit à M. de Terron touchant la voiture de l'argent qui est en Brouage et la levée de 1 5o ou a 00 hommes pour l'escorter. Je n'estimerois guère à propos de confier la conduite de cet argent à une levée nouvelle de soldats qui seraient peut-estre commandés par deux ou trois officiers au plus; cela seroit trop hasardeux. Si Vostre Eminence veut absolument qu'on le fasse venir, il faut prendre dix hommes à cheval fort assurés , et que ledit sieur de Terron conduise luy-mesme cette voiture. Si Vostre

de conseiller au Grand Conseil , mais bien en se faisant maistre des requesles, dont il conclura le marché cette semaine. Je. crois que 'osire r.minence sera satisfaite ue luy avoir fait ce bien.»

1 Bignicourt était un fournisseur des armées. U volume 1 où des Mélange» de Colbert , Bibl. Imp. Mm. renferme, an fol. a ao, une lettre «rite par lui à Colbert pour une fourniture de mousquets et de carabines.

* Le 1 1 du même mois, Colbert écrivait encore au Cardinal, au sujet des fournitures de l'année : «Pour les bottes, j'ay observé que les pieds fussent prends et les jambes larges; et [kmjt les genouillères, il est vray qu'elles sont |*lile* et que , si on les donne aux cavaliers

pour les choisir, ils en rebuteront beaucoup. Vostre Eminence m'a demandé la diligence et le bon marché. Il est impossible de trouver ces deux choses et d'avoir des bottes à grandes genouillères au gré des cavaliers, parce qu'elles auraient cousté 17 à 18 livres , et qu'on n'auroit pu les avoir qu'avec six semaines de temps. J'ay cru qu'il sufiisoit que les pieds fussent asseï

chausser un cavalier. Il les faudrait distribuer par quantité , et non pas en donner le choix à chacun cavalier.» A quoi le Cardinal répondait : «On ne rejette pas les vieilles bottes, mais seulement celles qui ont lea pieds petila . et qui ne peuvent servir, à cause de cela, en aucune façon.»

Eminence nous vouioit donner trois ou quatre mois de temps, on pourroil faire venir la plus grande partie de cet argent par lettres de change.

J'ay vu aussy M. le prince de Conti sur le sujet de son voyage à la cour. Son Altesse m'a dit que Vostre Eminence luy avoit donne" le choix, par M. Millet, d'y aller avant ou après le voyage de Son Altesse Royale [Gaston d'Orléans]; qu'il s'estoil décidé d'y aller quand Son Altesse Royale en seroit partie , et qu'il faisoit estât d'aller aujourd'huy au-devant d'elle à Limours. Si je ne me trompe, M. le prince de Conti est disposé à faire ce que Vostre Éminence désirera; et, si elle me donne ordre de luy dire qu'elle sera bien ayse qu'il s'y rende dans le inesme temps que Son Altesse Boyale et qu'elle prendra soin de son logement, je ne fais presque point de doute qu'il ne parle aussytost. 11 est vray qu'il est environné de ineschans esprits et qu'il est d'une facilité incompréhensible; mais je ne croi< pas que, sur le sujet de ce voyage, ces esprits ayent encore fait le progrès dont Vostre Eminence semble persuadée'.

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