HA
campagne pendant les vacations, par le principal), on ferait toute diligence pour découvrir le lieu où il estoit pour s'en saisir, s'il se pouvoit , avant sa rentrée dans le collège, où cela serait beaucoup plus difficile; que j'en donnerais avis aujourd'huy audit sieur ambassadeur, et que je rendrai» compte du tout à Vostre Éminence; à quoy j 'ajouteray que, si ledit ambassadeur m'a parlé sincèrement (dont Vostre Éminence jugera mieux que moy) , la difficulté que l'on aura de trouver ce jeune garçon , et mesrae de s'en saisir lorsqu'on l'aura trouvé , pourra donner lieu audit ambassadeur de se retirer. C'est pourquoy j'estime qu'il serait bien nécessaire que Vostre Éminence nous renvoyast un courrier en toute diligence, écrivant audit ambassadeur, et mesme qu'elle fist donner part au Protecteur, par M. de Bordeaux , de tout ce qui se passe en cette affaire.
Je retourne de voir l'ambassadeur d'Angleterre, auquel j'ay donné part de la résolution qui avoit esté prise et des diligences que l'on faisoit pour l'exécuter. D'abord, il m'a répondu qu'il n'estoit pas nécessaire de faire de grandes diligences puisque le principal des Grassins avoit offert de mener ce jeune garçon chez M. le Chancelier; mais après luy avoir expliqué les raisons qui avoient obligé ces Messieurs de ne se servir pas sitost de cet expédient, il m'a répondu que, connoissant fort bien que cette affaire estoit bien plutost poussée par les ennemis de Vostre Eminence que par un motif de religion, il vouloit bien attendre quelques jours, mais qu'il me prioit de faire en sorte que cela se fist au plus tost, parce qu'il se chargeoit beaucoup envers son maistre, et que, si on ne luy donnoit pas cette satisfaction, il couroit assurément quelque risque de disgrâce, ajoutant toujours beaucoup de discours pour me faire connoistre que ce n'estoit aucun zèle de sa religion, ni aucune envie que ce garçon quittast la nostre, qui le faisoit agir, mais les seuls ordres de son maistre qui avoit esté offensé par l'action qui avoit esté commise'.
J'ajoute à cela que je trouve bien difficile de terminer cette affaire avec la satisfaction dudit ambassadeur parce que , assurément, ce principal est sur ses gardes, et que l'enfant n'est point dans son collège, en sorte que je doute fort qu'il l'amène quand on le luy ordonnera, et encore plus qu'on le puisse trouver. On y travaillera néanmoins avec toute l'application possible, et j'auray soin d'en rendre compte à Vostre Éminence.
J'estimerais très-nécessaire que Vostre Éminence fist sortir les évesques de Paris, sans en excepter aucun , estant très-assuré qu'ils fomentent beaucoup l'affaire du fils du comte d'Insequin b.
AVEC M \Z A Kl Y 285
fttPOSSI DV CARDINAL , IN HAICI.
Je nay rien à répliquer sur cela.
' Il n'est pas à propos de faire cela présentement.
(Bibl. Fmp. M». Baliixe, Papier» des /trwimrw, roi. 176, fol. US.)
— ■ ■ — — "~ - ■« — ■ - - - — - — r-sr --j^-' -■
(Lettre originale.)
Paris, 17 septembre 1657.
M. l'ambassadeur d'Angleterre m'ayant envoyé dire, avant-hier, fort tard, qu'il me viendroit voir le lendemain matin, je me rendis chez luy hier matin, où je le trouvay botté et prest à monter à cheval; et il me dit qu'il avoit reçu des lettres du Protecteur, son maistre, si pressantes qu'il ne pouvoit se dispenser de partir sur-le-champ et de s'en aller en poste trouver faire Éminence, et qu'il avoit esté bien ayse de m'en donner avis et de ra'assurer que le retardement de la satisfaction qu'il avoit demandée n'estoit point la cause de ce voyage.
J'avoue à Vostre Éminence que je fus fort ayse de ce discours, parce que, assurément, nous aurions eu beaucoup de peine à nous saisir de la personne du fils de M. le comte d'Insequin ; et quand nous en aurions esté maistres , il y aurait eu à craindre quelque sédition. A présent , Vostre Eminence pourra trouver quelque expédient à cette affaire de laquelle elle doit faire estât certain que l'exécution sera bien difficile, s'il y a nécessité de satisfaire l'ambassadeur en la forme qu'il le demande.
Voicy une autre affaire presque de pareille nature. L'ambassadeur d'Hollande 1 fait un preschc public en françois dans sa maison. Soit que cela soit nouveau, ou qu'on le veuille faire passer pour nouveau, tous les dévots, le curé de Saint-Sulpice , tous les prestres et tout le faubourg Saint- Germain s'en sont émus, et sont venus faire plainte à M. le Chancelier, <|ui a envoyé son secrétaire à l'ambassadeur d'Hollande pour le prier d'en user comme ses prédécesseurs avoient fait, c'est-à-dire de faire faire le presche en sa langue. 11 a fait réponse que la Reyne luy avoit cy-devant envoyé M. le comte de Bricnne; qu'il n'avoit pas cessé pour cela, et que, si on luy en parloit davantage, il ferait fermer la porte de M. l'ambassadeur de France en Hollande 2. Et comme cette affaire s'est échauffée, M. le Chan-
• 1 Guillaume Boreel, ambassadeur des États * Jacques- Augustin de Thon, baron de Mes-
Généraux de Hollande en Krance, de 1667 lai, d'abord président des enquêtes an prie. » 1 660. ment , puis ambassadeur en Hollande en 1 607.
ceiier fut obligé hier d'envoyer le lieutenant criminel avec quelques archer» à 1 entour de la maison dudit ambassadeur pour empescher que les catholiques dudit faubourg ne fissent quelque désordre. Assurément il est très-nécessaire que Vostre Éminence nous envoyé des lettres du roy audit ambassadeur pour empescher la continuation de ce scandale, au cas qu'il n'ayt point droit d'en user de cette sorte , ainsy que M. le Chancelier m'en a assuré, et mesme qu'elle en fasse faire des plaintes aux Estats par M. de Thou, ou enfin qu'elle y apporte le remède qu'elle estimera nécessaire , n« pouvant pas luy taire que toutes ces sortes d'affaires de religion sont pnV a présent avec tant de chaleur dans Paris que l'on ne peut douter que le> Jansénistes, les amis du cardinal de Retz, de larchevesque de Sens' s'en meslent bien avant et entraisnent les dévots; les malintentionnés s'y joignent, et presque tout suit*.
Vostre Eminence ayant son palais dans la paroisse de Saint-Eustache. j'ay toujours estimé qu'il estoit nécessaire qu'elle eust une chapelle dans cette paroisse pour estre toujours attachée à son palais; et comme il se présente une occasion d'en acheter une, ce qui n'arrive pas quelquefois en cinquante ans, je la supplie de me faire sçavoir- si elle agréera que j'en traite. Elle pourra couster 10 à 19,000 livres, et on peut la revendre ce mesme prix b.
Le conseil ecclésiastique de Vostre Éminence demande l'interposition de son autorité pour donner quelque mortification à un lieutenant général et à trois autres officiers d'une petite ville appelée Sézanne3 qui ont eu la hardiesse d'autoriser la rébellion de quelques religieux du prieuré de Saint- Julien de la mesme ville , qui dépend de l'ordre de Gluny, et de la soutenir par une lettre qu'ils ont écrite audit conseil en des termes fort insolens et qui méritent punition. Si Vostre Éminence approuve les ordres demanda pour cet effet, elle donnera, s'il luy plaist, ordre à M. Le Tellier de les expédier et de me les envoyer e.
Les religieuses du monastère de la Celle3, qui ont grand besoin de réformation, ainsy que Vostre Éminence le sçait fort bien, et dont la Reyne loy a parlé plusieurs fois , ont refusé de recevoir les commissaires nommés par Vostre Éminence pour les visiter, ce qui oblige le conseil ecclésiastique de Vostre Éminence à luy donner avis qu'il est nécessaire de mettre son pouvoir pour les visiter et réformer entre les mains de Mgr le cardinal Grimaldi4
1 Louis-Henri de Goudrin, nommé arche- 1 Arrondissement et canton de Bngu*U
, vèque de Sens en 1 646. Mort le 1 9 septembre ( Var). 167/i , à cinquante-quatre an*. * Jérôme Grimaldi, oé à Gènes, en 1
* Arrondissement d'Kperoay ( Marne ). Vice-légal «le la Romagne en 1 6» 5, gom«wr
dans le diocèse duquel elles sont et qui connoist le dérèglement de la vie de ces religieuses. Au cas que Vostre Éminence l'approuve , j'envoye à M. de Fréjus 1 le pouvoir dressé par lavis dudit conseil et les lettres qu'il faut écrire pour cet effet d.
néPORSB DO CARDINAL, ES MARGE.
MeU,««ptembre.
* M. de Brienne écrit à M. te Chancelier ce qu'il faut sur celte affaire et en fait une grande dépesche en Hollande; mais je crains surtout pour les catholiques de ce pays-là, qui n'ont d'autre église que la maison de l'ambassadeur de France et celle d'Espagne ; H si une fois MM. les Estais, à l'imitation de ce qu'on fera à Paris à l'égard de leur ambassadeur, en usent de mesme à l'égard du nostre. il arrivera que les catholiques, ou seront privés de leur exercice , ou se jetteront tous dans la maison de l'ambassadeur d'Espagne.
k Dans le dessein que j'ay de bastir une église, il me semble que la chapelle que vous propose! n'est pas nécessaire.
1 J'ay remis le papier à M. Le Tellier, qui fera expédier tous les ordres que vous demandez et vous les enverra.
* Je suis d'accord de la résolution qui a esté prise dans le Conseil.
(Bibl. Imp. Mu. Bal tue, Papirr, de» Armoire*, vol. 176, fol. 347.)
(Lettre originale.)
Paris, 6 octobre 1667.
Je commenceray ces lignes par la très-humble supplication que je fais à Vostre Éminence de me pardonner si j'ay fait le voyage de Mayenne. Le congé qu'elle m'avoit donné et la nécessité des affaires de ce duché m'ont obligé de presser ce voyage , joint que je ne pouvois prévoir que Vostre Éminence m'ordonneroil de demeurer à Paris, vu que j'en suis party le 1 9 du mois passé et que la lettre de Vostre Éminence est datée de Metz du 16 suivant. Me voicy de retour de ce jourd'huy Seulement , dans l'impatience de recevoir les ordres de Vostre Éminence pour les exécuter avec la dévotion et le zèle que je dois".
Vostre Eminence agréera, s'il luy plaist, que je luy rende compte par ces lignes de ce que j'ay fait en mon voyage de Mayenne, ne le pouvant faire de vive voix.
J'av visité la forest «l'un bout à l'autre et recommandé aux officiers de
•le Rome en 1 6a 8 , nonce en France el cardi- 1 L'évêqne de Fréjus était Zongo Ondedei ,
nal en 1 643. Archevêque d'Aix en 1 648. Mort habituellement charge1 des affaires le» plus seen cette ville le 4 novembre 1 685. crêtes de Maxarin.
bien faire leur devoir pour la garder. Comme elle augmente et se rend plus belle tous les jours, je crois pouvoir assurer Vostre Eminence que le premier bail des forges montera à ao,ooo livres, au lieu de i5,ooo livres qu'il est à présent b.
Tous les gentilshommes de Testendue du duché au nombre de près de 9 00, entre lesquels il y en a vingt des plus qualifiés du royaume, me sont venus assurer de leurs très-humbles respects et de leur dévotion entière au service de Vostre Éminence e.
La chasse est soigneusement conservée non-seulement dans la forest . où il y a quantité de bestes fauves et beaucoup plus de noires, mais ruesme à une lieue et demie aux environs de la ville , où il y a grande abondance de perdrix, levrauts et autre menu gibier...
RÉPONSE DD CARDINAL, Bit MARGE.
Meti, 17 octobre.
1 J'ay esté très-ayse du voyage que vous avez fait, ayant esté très-utile et avantageux pour nies intérests.
k Je vous remercie de tout mon cœur de ce que vous avez fait en ce voyage, recoonoissanl bien qu'on ne peut rien ajouter aux soins et à l'affection avec lesquels vous vous estes employé pour accommoder le bien de mes affaires en ce duché-là par toute sorte de manière l.
" Bon; et s'il se présente occasion d'en obliger quelqu'un des principaux, A le faut faire.
(MM. trop. Mu. Battue, Papier. §m Armoire», vol. 176, fol. Mtj
(1^ originale.)
Pari*, ao octobre 165;.
Les malintentionnés et les dévols font icy courir des bruits préji bles au service du roy et contraires à la vérité, entre autres, que Ton entre les mains des Anglois la ville de Bourbourg â; qu'ils ont chassé les prestres et les religieuses, et abattu les églises et les couvens. Quoyquc les bien intentionnés s'efforcent de faire connoistre la fausseté de ces bruits,
1 Répondant, le a A octobre 1657, à cette faut travailler toute ma vie pour mériter
lettre du Cardinal, Colbert lui dit: «Pour les termes dont il piaist à Vostre Éminence *
affaires du duché de Mayenne, je suis trop glo- servir pour me faire connoistre qu'elle a m«
rieux de l'agrément que Vostre Éminence a la petits services agréables.» bonté de donner aux choses que je me suis ef-, « Ville du département du Nord .
forcé d'y faire pour le bien de son service. H sèment de
AVEC COLBEHT DE TEHRON. 289
il seroit toutefois bien important d'estre un peu informé du détail de ce qui se passe pour le faire mettre dans les gazettes et rendre la vérité plus publique et plus connue.. .
RIUMVtSR ni CARDINAL, EN MARS!.
Metz , a3 octobre.
Il seroit à souhaiter qu'il n'y eust ni malintentionnés ni de ceux qui , sous prétexte de dévotion , sont pires que les autres ; mais ce sont des gens qu'on ne déracinera jamais. Il se faut mettre l'esprit en repos de toutes leurs extravagances, taschant de punir ceux que l'on pourra. . .
1^ Roy n'a remis aux Anglois que le fort de Mardick1, où il n'y a personne: pour Bourbourg, Sa Majesté le fait fortifier et le garde... H est estrange que, la guerre s estant faite près de cent ans continuellement avec les Hollanriois, la France ayt continuellement assisté ceux-cy pour leur faciliter la conqueste de tant de places sans que personne en ayt murmuré, et que l'on crie à présent à cause des Anglois qui n'ont encore rien et qui sont obligés par un traité à des conditions plus avantageuses pour les catholiques qu'on n'avoit jamais songé d'exiger des Hollandois, ni des Suédois, en cas qu'on le pust; et on leur donna Dunkerque, comme il est aysé de voir dans le mesme traité, quoyque les Espagnols ne se fussent pas trop mis en peine là-dessus lorsqu'il» sollicitoient l'attaque de Calais avec les Anglois pour les mettre en possession de la place.
(Bibl Imp. Mrs. Bnluie, Papier» de* Armoire*, vol. 176, fol. 36t.)
(lettre «nlngraphi».)
Paris, 16 mars 1 658.
Vous pouvez bien croire que j ay esté bien ayse de recevoir de vos nouvelles , y ayant si longtemps que je n'en avois reçu , dans une conjoncture qui est fort importante pour toutes les affaires du pays où vous estes. Je suis bien ayse de voir que le commencement aille bien et de l'espérance que vous avez que le tout soit encore mieux à l'avenir. Le principal est, s'il se peut, d'obliger le marquis de Chastel2 à vous remettre le chasteau de Beauvoir3, et, jusqu'à ce, il ne faut pas espargner ses terres. Jesçauray de Son Érainence si elle approuveroil que vous tentassiez de vous en saisir. Si elle l'approuve, vous avez à conduire cela en sorte que l'autorité du roy n'en soit pas blessée. Vous devez bien faire connoistre aux peuples que, tous les ans, ils auront en punition quartier d'hyver, s'ils ne se mettent en devoir de payer ponctuellement leurs tailles en sorte que
1 Fort situé près de Dunkerque; il fut dé- 3 Bcauvoir-sur-Mer, arrondissement des
«nolteni66à. Sables-d'Obnnc (Vendée).
■ Claude , marquis de Chaste! , né en 1 69 1 .
Ton voye quelque fruit de leur obéissance. Vous ne me mandez point encore si l'on paroissoil payer quelque chose ou non; et néanmoins vous sçavez que c'est là le plus important.
Je vous prie de m'écrire en détail, tous les ordinaires, ce que vous recevrez, soit en argent, soit en subsistance de troupes. Vous sçavez bien qu'il faut retirer des décharges en bonne forme, pour tout ce que vou> payerez aux troupes , afin que nous puissions en obtenir le payement du trésorier de l'Extraordinaire des guerres.
Vous avez fort bien agy en la contestation avec le duc de foetz, et pourvu que les Marches payent les t,6oo livres promises, cette affaire sera heureusement terminée. Il a esté bon que vous m'ayez écrit le discours du gentilhomme dudit sieur duc , mais il ne faut pas le relever 1 .
Je suis bien aysc que vous soyez satisfait de M. de Launay 2. C'est assurément un honneste gentilhomme ; je ne manqueray pas de rendre compte à Son Éminence de la manière dont il se conduit. Pour ses appointemens. je sçauray quels ils doivent estre, et vous en écriray. Je n'ay pas bien pu sçavoir icy s'il est lieutenant général ou non; vous pouvez le sçavoir de luy-mesme, et, s'il ne l'est pas, je tascheray d'obtenir cette grâce pour lu\. ce qui augmentera mesme ses appointemens.
Je ne doute point que le seul poste commode pour faire payer régulièrement les tailles aux habitans de l'élection de Saint-Hilaire-de-Riez ne soit le chasteau de Beauvoir. Pour ma part, je vais travailler autant qu'il me sera possible pour obtenir les ordres de vous en pouvoir saisir, pendant que cela se peut sans inconvénient. Si je ne les puis obtenir, il faut que ions mettiez en pratique toute sorte d'expédiens pour obliger madame de Chastel 3 à consentir de vous le donner.
Vous ne pouvez sortir de l'affaire de Lacombe 4 que par la rigueur de la prison et en ne vous relaschant en aucune façon. Ce n'est pas que je ne commence à me douter de son impuissance, puisqu'il s'est laissé remettre en prison. Il est important que vous sçachiez quelle vie cet homme a menée, s'il a mangé et entièrement dissipé, ou bien si c'est mauvaise foy qui l'empesche de payer ce qu'il doit...
Si le mal du pays [la fièvre] vous attrape, vous ferez fort bien de vous
1 D'après la leUrc de Colhert de Terron, vernetirde l'Ile de Ré en 1657. Mort en déce gentilhomme avait dit que le Cardinal pre*- cembre 1 658.
sait «fort la maison de Retr de tous côtés, qu'il 1 Yolande de
leur était imposable de le souffrir davan- du marquu de Chastel, qu elle avait épousé «1
tape. octobre 1667.
* Guillaume de Launay, lieutenant des * Ce Lacombe était receveur général il»
gardes de Maiarin. Maréchal de camp et gou-
enfuir; mais ce sera un grand avantage si avant vous pouvez bien eslablir ces quartiers. Absent ou présent, je ne doute point que vous ne donniez toujours vostre principale application à ce qui se passera dans celte élection.
(Bibl. Imp. Ms«. Mélange* de Colbert. vol. toi, fol. no.)
(Lettre autographe.)
Paris, 37 mars i658.
Je vois bien, par ce que vous m'écrivez, que le quartier d'iiyver s'establit par des actions de guerre, ce que je trouve fasebeux, parce que si les paysans avoient deux ou trois avantages comme celuy qu'ils ont eu en tuant un sergent et trois soldats, assurément leur insolence et leur force augmenteraient beaucoup, et il y auroit beaucoup à craindre pour les troupes. C'est ce que vous devez particulièrement considérer, et bien prendre garde que les partis de soldats ayent toujours l'avantage. Il me semble que vous pourriez facilement, et dans l'ordre et justice, faire faire le procès aux paysans qui sont vos prisonniers, puisqu'ils ont esté pris les armes à la main; et si vous pouviez en faire pendre quelqu'un, assurément cela feroit beaucoup plus d'effet que toute vostre guerre. Je m'étonne fort que vous n'ayez pas pris vos mesures pour cela, estimant que c'est le plus important de toute cette expédition. J'aurois esté bien ayse d'apprendre par toutes vos dépesebes ce que le sieur Picon reçoit d'argent effectif, outre la solde des troupes, parce que si nostre recette n'est forte pendant que les troupes seront sur cette élection, il ne faut rien espérer après qu'elles en seront sorties.
Je crois que si les troupes avoient esté dans l'élection des Sables pendant les grandes gelées qu'il a fait cet hyver, vous auriez pu entrer par le moyen des glaces dans la paroisse du Perrier1 comme dans toutes les autres. L'année qui vient, si leur rébellion continue, il faudra prendre des mesures afin que les troupes y arrivent de meilleure heure et qu'elles profitent des temps de glace, s'il y en a.
(Bibl. Imp. Mm. Meiange, de Colbert. vol. toi . loi i36.)
1 Canton do Saint-Jean-de-Mont, arrondissement des Sables ( Vendée ).
(Ultr.- autographe.)
Paris, i5 may i658.
Je suis arrivé aujourd'huy de Bourgogne où j'ay fait un voyage de dix jours pour voir ma terre de Seignela> C'est ce qui est cause que je n ay pas fait plus tost réponse à toutes vos lettres.
Je suis très-ayse que M. de Launay ayt estably un poste fixe sur le chenal que vous me marquez. Je vois bien, par cet establisscment et par ce qu'il a fait pour se saisir du chasteau de Beauvoir 2, qu'il ne se peut rien ajouter à sa bonne conduite. Je vous prie de le bien assurer que je ne
(Yonne).
* La lettre dans laquelle Colbert de Terron raconte a Colbert comment fut pris le château
qu'on sera bien aise de trouver ici :
«Nostre-Dame-de- Riex#, 3o avril i658.
Vous sçaurei que, avant-hier, a8 avril, le chasteau de Beauvoir a esté mis entre les mains du roy ; et M. de Launay a si exactement pratiqué ce que M. LeTellier a désiré, que non -seulement I autorité du roy n'a
point esté compromise, mata il n'y a eu aucun
sur ce chasteau, ledit sieur de Launay tenoit depuis un mois trente hommes en garnison dans le Iwiirg de Beauvoir, et le commandant esloit chargé d'une instruction pleine de divers moyens pour parvenir à nostre fin. Cela ne réussissant point, ledit sieur du Launay se résolut de s'y employer luy-musuie; et, pour cela, ayant sçu que le pont ne se baissoit jamais que pour quelques allées et venues du commandant qui alloit quelquefois dans le bourg, il s'avança dimanche dernier à Saint - Gervais, distant d'une lieue de Beauvoir, sous le prétexte de faire payer quelque argent aux babitans, et il y fil avancer aussy soixante maistres**, et donna ordre au commandant dans le bourg de Beauvoir de ie faire avertir en diligence si le capitaine du chasteau sortoit do la place. Cela fut fort bien exécuté , de sorte
que M. de Launay arrivant à Beauvoir avec peu de gens, il trouva ce capitaine du chasteau sous la balle. Aussylost, s approchant de luy, il luy saisit son espée, et luy dit qu'il falloil mourir ou remettre le chasteau entre les mains du roy, et insensiblement le conduisit vers ledit chasteau. Dans ce mesme temps-là , ie commandant île la garnison du bourg fit porter, suivant l'ordre qu'il en avoit , cinq ou six échelles , passa le fossé du chasteau avec quelques soldats et planta leadites échelles contre les murailles ; et afin que les babitans du bourg ne pussent pas venir au secours du chasteau, M. de Launay avoit fait venir des cavaliers devant la porte du chasteau pour en empescher l'abord.
"Les choses ainsy disposées, il n'avoit affaire qu'au commandant qu'il tenoit en ses tu. unet à quatre soldats qui esloient dans ie chasteau. Ayant conduit ce commandant devant la porte, il luy dit qu'il falloit mourir ou la faire ouvrir : il fit quelque résistance, et les soldats mesme se mirent en devoir de tirer; mais enfin le courage de ce commandant s'attendrit , et il pria ses camarades d'ouvrir la porte. On s'est ainsy rendu maistre de ce chasteau; et hier le commandant qui en est soriv avec celuy que M. de Launay y a rois travailloienl à l'inventaire des meubles en présence de deux notaires et de quatre des principaux habitant. Pour la conservation de cette maison , j'ay envoyé promplement à B rouage pour faire venir des munitions de guerre et de bourbe.
* Arrondissement des Snbles-d'Olonne ( Vendée).
*• Mmsttv se disait d'un cavalier enrôlé. (Dict.dr l'Acnd. i6t)ft.)
*M. de Launay estime ce chasteau encore plus que je ne vous l'ay fait valoir. Il ne ie croit guère moindre que Salé (?). C'est une mesme figure, c'est-à-dire un carré , flanqué de quatre
manque pas de faire récit à Son Éminence de ce qui se passe , et qu'il peut faire estât, en toute occasion, de mes services et de tout ce qui pourra dépendre de moy pour son avantage.
Je suis bien ayse que le chasteau de Beauvoir soit entre les mains du roy. Je n'ay point encore entendu parler du marquis de Chastel. Je ne scais s'il sera allé à la cour. J'ay écrit aujourd'huy à Son Eminence et à M. Le Tellier pour leur faire sçavoir ce qui s'est passé et empescher que luy ou ses amis ne les préviennent; mais quoy qu'il ayt pu faire, je doute
sçavoir : quatre pièces de canon de fer, deux prendre ce chasteau que pour le sujet de la milliers de poudre , quarante mousquets, quinte (aille, et pour peu de temps , il a esté bien ayse cens livres de mèches, un quintal de balles que ce prétexte servisl à inquiéter le marquis de mousquet, quatre cens boulets de calibre, de Chastel; mais s'il voit que le Roy le veuille quatre tonneaux de farine et cinquante quin- garder, il sera plus fasché que tous les autres,
pour la raison générale que l'augmentation de l'autorité du roy est l'abaissement de la sienne , et que, de plus, du chasteau de Beauvoir on peut tirer d'un coup de canon dans son isle du Bouin\ Et il faut que tous les habitans de cette isle en allant et venant pissent sur la contrescarpe dudit chasteau.
"L<: mareschal de La Meilleraye ne verra point avec plaisir non plus que le Roy estahlisse son autorité dans les frontières de sa province et proche de ses gouvernemens. Et généralement tous ces gens-l.i , qui n'ont d'autre application qu'à se meltredans l'indépendance , seront très-faschés que l'autorité du roy s'establisse parmy eux par le moyen d'une bonne place.
« A l'égard du peuple et des communautés , je crois qu'ils eu auront plutost satisfaction que déplaisir, parce que, par i'estabbasement de l'autorité du roy, ils verront la ruine de la tyrannie des seigneurs, laquelle leur est fort pesant*'. J'aurais beaucoup de raisons pour porter le Conseil du roy à s'establir dans ce chasteau, et je n'en scais pas une qui l'en puisse dissuader; mais comme mon soin et mon inspection ne doivent s'estendre qu'à la taille, j'ay cru seulement que je devois vous préparer sur tout ce que l'on vous pourra dire touchant ce chasteau. Je crois que le marquis de Chastel sera plus tost auprès de vous que ma lettre. Au moins, on m'a dit qu'il estoit allé à Paris ; d'autres disent qu'il est allé chex le marquis de Goulaine, son beau-père.»
pables de porter du canon, avec un parapet ouvert d'embrasures, un bon fossé et un fossé Je contrescarpe qui s'est un peu comblé. Ce chasteau va donner de l'inquiétude à bien du monde, selon que le Roy fera paroistre de s'en vouloir servir.
»A l'égard de toute la noblesse de la province, qui est naturellement inquiète, attachée à ses affaires domestiques et nullement portée à la guerre, et outre cela aimant fort rabaissement de l'autorité du roy, elle en aura fort j^and dépit et n'osera le tesmoigner. Le duc de Reta, qui est voisin de ce chasteau à cause •le Machecoul , perd tout le crédit et la considération que sa forteresse avoit dans le pays; et, en cas de mouvement, estant infaillible que sa forteresse luy eust attiré toute la no- Messe et le peuple du canton, aujourd'huy, si l'occasion s'en présentait, le Roy estant maistre de Beauvoir, il demeurerait seul dans Ainsy assurément ce changement le fort, et, comme il paroist fort amy du de Chastel, si ce marquis veut entrequelque chose, lorsqu'il n'y aura plus de troupes dans la province, il est constant que le duc de Retz luy en fournira les moyens. "A l'égard du mareschal de Clérambaut, il a cru que l'on n'avoit dessein de
pr^s de
r Les habitants n y payaient point ne .
m CORRESPONDANCE
bien que Ton prenne aucune résolution sur celte affaire sans m'eulendre.
Je feray connoistre à Son Eminence toutes les réflexions que vous faites Mir ce chasteau, qui sont fort importantes; mais elles sont trop délicates pour estre écrites; c'est pourquoy il faut attendre que je fasse un voyage à la cour pour cela.
( BifcL itnp. M» ¥rUHj;ft de Colbrrt. »ul. loi, M. i6*.t
| LHtre originale.)
Vinoennes, »i iimv ifijK.
Vostre Eminence est assez informée de la |>eine où je suis pour l'excessive dépense de ses bastimerts. C'est ce qui m'a fait prendre la résolution de venir m'establir icy pour dix ou douze jours, tant pour chercher tous les éclaircissemens nécessaires et connoistre si j'ay esté trompé par le passé, que pour me précautionner à l'avenir, en faisant marché oV tous les ouvrages qui restent à faire, qui ont esté résolus par Vostre Kminence.
Pour y parvenir, j'ay fait faire des devis très-exacts sur tous les dessins .pie Vostre Eminence a vus et arrestés, et j'en ay donné communication à tous les architecte» et entrepreneurs qui sont dans Paris, capables d'entreprendre ces ouvrages. Je leur ay donné quinze jours entiers pour examiner le tout et faire leur calcul. Ensuite j'ay reçu les proposition* de quatorze différentes personnes. U»s plus hautes ont esté de 53o,ooo livres et les plus basses de 635,000, pour rendre fait et parfait, la clef à la main, le grand coq>s de logis neuf, les deux tours qui y sont attachées, achever la fermeture en arcades sur le fossé, faire l'autre fermeture et les deux portes, et toutes les écuries. Je les ay remis à après-demain pour en laire l'adjudication au rabats, et pendant ce temps j'eraploye tous les moyens imaginables pour les échauffer les uns contre les autres, et pour persuader à chacun d'eux que je seray plus aysc d'avoir affaire à luv qu'à tous les autres.
J'espère que toutes ces diligences produiront une diminution considérable à cette dépense, et surtout je seray hors de la peine où j'ay esté par le passé. En mesme temps je feray commencer le sérail your nos bestes et donneray ordre à toutes les choses auxquelles Vostre Eminence prend quelque plaisir. Je supplie très-humblement Vostre Eminence de nie dnn-
lier ses ordres, à son premier loisir, pour l'ameublement de ce chasteau, à quoy il me semble qu'il n'y a point de temps à perdre1...
( Arch. des AIT. élr. France, vol. 1 66, ■ M dale.)
(lettre autographe.)
Yincenne», a 5 may i658.
Je suis bien ayse que vous soyez de retour de vostre voyage des Sables. Je ne doute point que, tant que nous serons maistres du chasteau de Beauvoir, celte élection n'aille bien. Je travaille à empescher que l'on ne change cette résolution à la cour. Je suis assuré que nous le garderons au moins bien du temps, c'est-à-dire plus de six mois.
Vous trouverez cy -joint une lettre du Roy à M. de Fortia, pour faire payer 4,ooo livres à M. de Launay pour son quartier d'hyver, qui est la mesme somme que le Roy a fait donner à tous les lieutenans généraux qui ont commandé des troupes pendant l'hwer dernier, en sorte que vous n'aurez qu'à en retirer le reçu . . .
Autant que vous le pourrez, il faut bien prendre garde que les régimens de Poitou et de Guyenne soyent bons; écrivez-en à M. de Launay. Son Éminence et M. Le Tellier m'écrivent tous deux de vous en presser.
Quant au voyage que vous avez fait près de M. le mareschal de La Meilleraye, je n'ay jamais guère fait estât d'une société avec luy, connoissant assez son esprit pour sçavoir de quelle sorte il en useroit. Ce seroit tout complimens de soumission et de déférence, mais, dans la vérité, il prendra tout pour luy et fera porter la perte aux autres.
(Bibl. Imp. Mes. Mdangttde Colbert, vol. 101, fol. 180.)
1 Déjà Colbert avait écrit là-dessus à Mazarin : «Paris, 11 octobre 1657. J'ay visité le bâtiment de Vinceaues pour voir les tapisseries que nous pourrions y mettre , ce qui sera assez difficile , vu que les deux salies des gardes et les trois antichambres ont trente pieds de tout et que toutes les tapisseries que nous y pouvons mettre n'ont que trois aunes et demie de haut, c'est-à-dire treize à quatorze pieds. Il me semble que les deux salles des j;«inles peuvent demeurer sans tapisseries , et s trois antichambres il n'y a que le et V Actim ou Cerf
de M. de Guise, qui y puissent servir, ces deux tapisseries ayant trois aunes et demie de haut et les figures estant plus grandes que nature. Pour les grandes et petites chambres, comme les plafonds descendent assez bas, toutes les tapisseries de trois aunes un quart et trois aunes et demie de hauteur y pourront servir. Il sera bien nécessaire que Vostre Éminence me fasse sçavoir au plus tost le temps qu'elle arrivera en cette ville , afin que je puisse travailler à faire préparer ses appartenons, et mesme à ce qui regardera ledit chasteau de
COKKKSPONDANCE
(lettre originale.)
Parts, 5 juin 1 658.
Avant-hier au soir, un gentilhomme de madame de Saint-Simon1 vint, de sa part, me demander si je n'avois point appris de nouvelles de la Reyne : que M. le duc d'Uzès2 venoit de sortir de chez elle fort affligé, luv disant qu'il venoit d'apprendre d'un homme, qui avoit vu un courrier qui venoit d'arriver de la part du marquis de Gesvres 3, que la Reyne estoit tombée en apoplexie, qu'elle avoit perdu la parole, et que l'on n'en attendoit que la mort lorsqu'il estoit party. A l'instant mesrae, je m'en allay dans tous les lieux où l'on pou voit sçavoir s'il estoit arrivé quelque courrier. Facilement, je sçus que cette nouvelle estoit fausse. J'en ay cherché soigneusement les auteurs, qui sont une manière de valet de chambre et un Allemand. Je les ay fait mettre tous deux en prison, entre les mains du lieutenant criminel.
Vostre Eminence apprendra , par les lettres des agens du clergé , le bruit que fait l'évocation donnée au comte de l'Hôpital 4 ; et mesme, par le billet cy-joint de M. de Castres, elle verra que les curés de Paris commencent à se mesler de toutes sortes d'affaires, ce qui est une introduction bien dangereuse.
Ledit sieur de Castres seroit d'avis que Vostre Eminence donnast de bonnes paroles et tirast de longueur. Néanmoins il croit que, quand bien [même] il se feroit une assemblée de prélats, en réunissant tous les serviteurs de Vostre Éminence, ce qui seroit facile, il ne se passeroit rien que suivant les intentions de Vostre Éminence. Je ne laisse pas de croire qu'il faut éviter cette assemblée autant qu'il sera possible.
(ÀrcA. des AIT. étr. Frana-, vol. i65, • m date.) ' Diane-Henriette de Bados, 6lle du mar- gouverneur de Paris en 1687. Mort le 9 dé-
quis de Portes et de Louise de Crussol d'Liès , cembre 1 706 , à quatre-vingt-quatre ans. née en i63o. Elle avait été" mariée en * François, marquis de l'Hôpital, mort
au duc de Saint-Simon. Morte le a décembre le 98 avril 1 709 , âgé de soixante-deux ans. —
1670. Première femme du père de l'auteur A la suite de la lettre de Col bert à Mazarin.oo
en lit une des agents généraux du clergé de * François de Crussol, duc d'Uzès, pair de France, dans laquelleon voit que le marquis de France, chevalier d'honneur d'Anne d'Aulri- l'Hôpital avait assassine un prêtre de Tours, che. Mort le ih juillet 1680, âgé de quatre- L'évocation qui lui avait été accordée devait
avoir pour effet de le soustraire à » Léon Potier, marquis de Gesvres, premier ecclésiastique. M. de l'Hôpital est appelé imUV gentilhomme de la chambre du roi et capi- tinclemenl dans les lettres comte ou marqw*. taine de ses chasses. Pair de France en 1669, — Voir la suite de relie affaire, lettre 968.
(Lellw.utogr.phe.)
Paris, 1 8 juin 1 658.
Monseigneur, il y avoit si longtemps que je n'avois reçu aucun de vos commandemens que j'en avois conçu une appréhension, qui me donnoit beaucoup d'inquiétude, d'estre tombé par inadvertance dans quelque faute qui eust diminué dans vostre esprit l'opinion de ma gratitude et de ma reconnoissance. Le petit ordre que vous m'avez fait donner par la bouche de M. Darbon m'a relevé de cette inquiétude. Je me serviray de cette occasion pour vous protester, Monseigneur, et pour vous conjurer de croire que je connois fort bien et que je fais tous les jours la différence de ce que je suis à ce que je devrois estre par le peu d'avantage des biens de fortune que la naissance m'a donné et que cette différence n'a pour cause et pour principe que vostre protection et vostre bonté. Je souhaite avec toute la passion dont je suis capable que vous n'ayez jamais besoin d'aucun de vos serviteurs, et que la connoissance de vostre vertu et de vostre mérite vous mette toujours à couvert des coups de la fortune; mais si cela arrivoit, je prétends, Monseigneur, et j'en suis bien assuré, que de tous ceux à qui vous avez fait du bien, il n'y en a point qui me pust égaler dans les marques de reconnoissance que je m'efforcerois de vous donner, ni qui fust avec plus de passion et de respect que moy, vostre très-humble, très-obéissant et très-obligé serviteur.
( Bibl. Imp. Mss. 3,oô4 , Le Teilier, Papier, d'État, vol. il , fol. 76.)
(Lettre originale.)
Paris, 7 juillet i658.
J'ay fait voir à M. le Procureur Général [FouquctJ ce que Vostre Éminence m'a fait l'honneur de m'écrire touchant la maladie du Roy1, et je fus
1 On lit au sujet de cette maladie, dans Bruxen de La Martinière : «Le mauvais air de Mardick (où l'on avoit enterré quantité de corps morts après ta prise de Dunkerque), joint aux tnouvemens continuels que le Roi s'é- Init donnés, lui causèrent une fièvre violente;
il fut transporté à Calais le premier juillet. Le pourpre, et peut-être ce qu'on a depuis appelé la suette survint à la fièvre; bientôt on désespéra de sa vie : un médecin d'Abbeville le guérit avec de l'émélique. (Hiilotre de UhùXIV, I|, .'i3o.)
voir en mesme temps, suivant son avis, M. de Nesmond 1 pour luy en donner pari et le prier de faire connoistre la vérité de cette maladie à ceux qui voudraient l'augmenter. 11 me dit qu'il y avoit desjà deux jours que les esprits prenoient feu sur celte nouvelle, et qu'il estoit obligé de me dire qu'il avoit reconnu plus de mauvaise disposition depuis cette campagne qu'il n'en avoit jamais vu; à quoy il ajouta toutes les assurances possibles qu'il ferait son devoir et qu'il donnerait en cette occasion et toutes les autres des marques de son zèle au service du roy et de son respect particulier pour Vostre Éminence. Je vis ensuite M. le Chancelier [Séguier] sur le mesme sujet. Je verray tous les jours ledit président de Nesmond et toutes les autres personnes qui sont de considération dans le public, pour les maintenir et les obliger à faire leur devoir en cette occasion. Vostre Éminence me permettra, s'il luy plaist, de luy dire qu'il est de très-grande conséquence, tant pour les affaires politiques que pour les particulières de Vostre Eminence, d estre averty tous les jours de ce qui se passera en cette maladie...
( Lettre autographe. )
Du mesme jour.
Nous sommes icy dans la dernière inquiétude de la maladie du Ro\. II. de Langlade2, qui rendra ce billet à Vostre Eminence, luy pourra dire les mauvaises nouvelles que l'on en disoit hier soir. Dieu veuille qu'elle* ne soyent pas vrayes ! Mais, au nom de Dieu, Monseigneur, que Vostre Éminence donne ordre à quelqu un de dépescher tous les jours un courrier en celte ville, estant, de l'avis de tous les serviteurs de Vostre Éminence, de très-grande importance que nous soyons avertis, d'un moment à l'autre, de ce qui se passera en une affaire si délicate et si importante. Si les nouvelles sont bonnes, nous travaillerons à les rendre publiques; et si elles sont mauvaises, nous les tournerons comme il nous paroistra plus avantageux pour le service du roy et de Vostre Eminence. Nous réunirons tous vos serviteurs, et enfin nous agirons en sorte que Vostre Éminence en reçoive quelque satisfaction. L'on doit dire néanmoins à Vostre Eminence que jusqu'à présent il ne paroist aucune mauvaise disposition dans les esprits; mais il est toujours bon de se précautionner.
( Lettre originale. )
Du mesme jour
M. d'Épernon. qui a sçu les mauvaises nouvelles qui courent dans Pan-
1 Kraiiçoi^Théodoi-ede Nesmond , président à mortier au parlement depuis i636. Mort le 6 b rembre inôft . àRé de souante-si* ans. - « Secrétaire de Maiarin.
de la maladie du Roy, vient de venir à mon logis pour me dire qu'il avoit envoyé un gentilhomme au Roy et à Vostre Éminence , et qu'outre cela il venoit me protester qu'il estoit son serviteur et entièrement dans ses* intérêts; qu'en quelque lieu quelle eust besoin de son service , soit à la cour, îcy, ou ailleurs, il estoit prest d'y marcher avec tous ses amis, et que Vostre Éminence en pouvoit faire un fondement certain et assuré. J'ay cru que je devois en rendre compte à Vostre Eminence et la conjurer toujours d'envoyer icy tous les jours quelque courrier pour estre averty de tout ce qui se passe en une conjoncture si importante.
( Areli. des AIT. élr. France, vol. i65 , à leur date. )
(Lettre originale.)
Paris, 10 juillet i658.
Le sieur Dufresne 1 ne me rendit la première lettre de Vostre Eminence qu'hier, à cinq heures du soir, et la seconde (du mesme dimanche, à dix heures du soir) me fut rendue à huit heures du soir. N'y ayant eu que trois heures de distance de l'une à l'autre, je ne pus pas faire part de la déplorable nouvelle de l'extrémité à laquelle le Roy estoit réduit aux personnes que Vostre Éminence m'ordonnoit, en sorte que le peu de diligence que le sieur Dufresne a fait leur a espargné, et à moy aussy, beaucoup de douleur. Nous attendons avec toutes les impatiences imaginables l'arrivée du courrier que Vostre Eminence devoit dépescher le lundy matin , pour sfavoir si le bon estât du jour avoit esté confirmé parceluy de la nu-it. Je puis assurer à Vostre Eminence que la douleur estt)it peinte sur tous les visages de cette ville, et que les esprits qui ont toujours paru les plus malintentionnés sont touchés de douleur de voir le royaume en risque de perdre le prince du monde qui a les plus grandes qualités.
Vostre Eminence sera, s'il luy plaist, persuadée que j'ay satisfait par avance à toutes les diligences qu'elle m'ordonne. J'ay donné les ordres nécessaires à toutes ses places. Les garnisons de Vincennes et de la Bastille sont en bon estât. Je verray tous les ministres et officiers publics et tous les amis particuliers de Vostre Éminence, afin de prévenir toute sorte d'ac- « idens. Je prendray mesme mes précautions pour ce qui regarde le palais dp Vostre Eminence, en sorte qu'elle se peut reposer sur mes soins de toutes «•es choses. J'ay écrit mesme à tous les inlendans des provinces qui sont d«»
' Il j avait, en i65o, un capitaine dp rc nom dan» les gardes du roi.
mes amis, et j'ose assurer Vostre Éminence qu'ils feront leur devoir. Je souhaiterois seulement, avec toute la passion que je dois, pouvoir eslre plus utile à Vostre Eminence dans des occasions de cette importance. Je vois tout lieu d'espérer que, quand il plairoit à Dieu d'affliger le royaume jusqu'au point de retirer le Roy, il n'arriveroit rien dans Paris. Mais surtout je continue de conjurer Vostre Éminence d'envoyer tous les jours des courriers qui nous informeront précisément de tout ce qui arrivera en celle dangereuse maladie.
Je n'ay pas manqué de rendre public le contenu en la lettre de Vostre Éminence et particulièrement le détail des bontés que Sa Majesté a eues pour Vostre Éminence dans l'intervalle de ses rosvenes.
Je dois dire à Vostre Éminence que M. le Chancelier, Messieurs le* surintendans , M. de Saint-Simon1, M. le comte d'Estrées, M. de Feuquières, M. Hervart et une infinité d'autres sont venus me trouver pour me faire les dernières protestations d'attachement aux intérests de Vostre Eminence.
(Arcb. des Aff. étr. France, vol. tlt.ft ■ .1
16». — A MAZAR1N.
(Lettre autographe.)
Paris, to juillet i65*.
Mon frère s'en allant pour servir en la charge de lieutenant aux gardes, que Vostre Éminence a eu la bonté de luy donner, j'ose l'accompagner de ces lignes pour supplier humblement Vostre Éminence d'avoir la bonté de le recevoir et de le faire admettre au nombre de ses créatures les plus dévouées.
J'espère qu'elle nous fera la justice de croire qu'estant comblés de ses bienfaits au point que nous le sommes, nous nous estimerions tous bien heureux d'employer tout ce qui peut dépendre de nous et nos vies mesntes pour son service.
( Arch. de» Aff. étr. France, vol. 166 , a «a dal* .1
1 Claude de Rouvroy, marquis de Saint- grand touvetier en i6a8, duc et pair eu l6J* Simon, né en 1607. Premier ccuyer en 1637, gouverneur de Blaye. Mort le 3 mai i6y3.
(Lettre autographe.)
Paris, m juillet i658.
Nous sommes toujours dans l'inquiétude de sçavoir ce qu'il aura plu à Dieu déterminer du salut du royaume en la personne du Roy.
Toutes choses paraissent assez tranquilles en cette ville. Je donne ordre à tout ce qui peut regarder les affaires de Vostre Eminence, dont elle doit estre, s'il luy plaist, en repos, et estre assurée que toutes les précautions qui se peuvent prendre pour le dedans de la ville, pour ses places, Brisach, Brouage, Vincennes, sont prises. Je vois aussy presque tous les jours tous les amis de Vostre Eminence, et j'espère que chacun fera son devoir. Je dois dire à Vostre Eminence que je n'en vois point de plus échauffé que le duc d'Epernon, qui me vient voir tous les jours pour m'offrir biens, vie, amis et toutes choses pour le service de Vostre Eminence. M. le Chancelier H Messieurs les surintendans n'en font pas moins Je fais augmenter la
que, si elle me fait la grâce de m'employer, je luy feray connoistre que le bien qu'elle m'a fait n'a pas trouvé un cœur tout à fait indigne de ses grâces, et que ma reconnoissance sera éternelle. Et je suis assuré que ce que j'ay d'alliés, parens et amis, en useront de mesme. Je crois que M. de Charoet *, qui sçait mes sentimens , a fait et fera son devoir, et que Voslre Eminence sera satisfaite. Je prends la liberté seulement de conjurer Vostre Eminence d'user de son courage ordinaire en uue occasion si fascbeuse, et je prie Dieu, de tout mon cœur, qu'il détourne de la France un mal si terrible.
«Si ma présence pouvoit servir à quelque ebose, la faiblesse que m'a laissée ma maladie ne m'empesrheroit pas do me rendre en diligence près de Vostre Eminence , et je la servira y où elle me jugera propre. On continue icy à tenir tout calme, et nous conférons, M.Colbert et moy, de ce qui est à faire. « (Lettre autographe non signée. Arch. des AIT. étr. Franc?, vol. i65,à sa date.)
' Louis , comte de Charroi , puis dur de Béthune, né en i6o5. Mestre de camp en i6a5 , maréchal de camp et gouverneur de Calais en 1 636. Disgracié en 1 648, il fut rappelé à la eonr l'année suivante et obtint le commandement des gardes du corps. Lieutenant général en 1600, duc et pair en 167a, gouverneur de h Picardie. Mort le »o mars 1 681 .— Son fils , Armand de Béthune , marquis , puis duc de BéthuDe-Cbarost , avait épousé, le an lévrier 1667. Marie Fooquet. fille unique de Nicolas Fouqnet et de Louise Fooscbé, dame de Queilbac . première femme du surintendant.
' A f occasion de la maladie du Roi, l'un des deux surintendants, Nicolas Fouquet, écrivit à Mazarin la lettre suivante :
«Ce ioJuilleti658. Les bontés qu'il plaist à Vostre Eminence avoir pour moy et la confiance qu'elle me fait l'honneur de me tesmoigner sont si obligeantes que, si je pouvois ajouli r quelque chose à l'obligation que j'ay d'eslre à elle toute ma vie, cela m'y attacherait inséparablement. Mais, dans le malheureux estât où je sçais que la maladie du Roy met toutes choses, et dans la douleur qu'en a Vostre Eminence et les suites qui peuvent arriver, j'espère qu'elle aura asseï bonne opinion de moy pour croire que tout ce que j'ay, tout ce que je puis, H ma vie mesme, est à elle, et qu'elle en peut absolument disposer. Et quoyque je sçacbe bien que c'est une chose inutile, néanmoins je me toudrois mal à moy-mesme, si je ne luy répélois en ce mauvais rencontre que je la supplie ires-hnmblement d'eslre bien persuadée qu'il n'y a rien que l'on ne fasse pour son service et
garnison de Vincennes. Pour celle de la Bastille, j'ay trouvé que le sieur de Lizi y commande toujours et que tous les soldats en ont esté levés par les ordres de M. de Besmaux \ sans que ledit Lizi ayt eu l'autorité d'y en mettre aucun, ce qui luy fait connoistre qu'on se défie de luy, en sorte que j'estimerois beaucoup mieux qu'il n'y fust point du tout. Cela peut estre de conséquence.
Si Vostre Éminence désire que je touche à ses papiers qui sont au Louvre , il est nécessaire qu'elle m'en envoyé, s'il luy plaist, les clefs.
Il seroit, à mon avis, très-nécessaire pour le bien du service de Vostre Éminence d'oster les prisonniers de guerre qui doivent estre dans le chasteau de Vincennes et de les envoyer promptement en quelque autre chasteau comme Corbeil, Melun, Montereau ou autre.
( Arcfa. des AIT. étr. Frmnc* , vot. i65. à m date.)
168 — A MAZARIIN.
(Lettre autographe. )
Paris, 1 a juillet i658.
Puisqu'il a plu à Dieu de nous rendre le Roy aussy miraculeusement qu'il nous l'a donné et délivrer le royaume et particulièrement tous les bons sujets de Sa Majesté de l'appréhension des fascheuses suites qu'une si grande perte pouvoit apporter, il ne nous reste qu'à en rendre des actions do grâces publiques à Dieu. C'est à quoy je crois que Vostre Éminence donnera bientost ordre en envoyant des lettres pour faire chanter le Te Denm dans tout le royaume.
La santé du Roy se trouvant en si bon estât, il ne reste qu'à penser à celle de Vostre Éminence, estant impossible qu'elle ne se trouve notablement intéressée par tant de veilles, tant de fatigues, accompagnées de toute la douleur qu'elle a ressentie de l'extrême maladie du Roy. Je conjure Vostre Eminence de forcer un peu son inclination et de se mettre dans le régime pour quelques jours, afin de prévenir quelque grande maladie dont elle pourroit estre menacée.
J'avoue à Vostre Eminence que la grande inquiétude qui a occupé tous les esprits depuis huit ou dix jours a interrompu depuis ce temps le soin de ses affaires. Je m'en vais à présent le reprendre avec le plus d'application qu'il me sera possible.
( Arch. des Aff. étr. Frontt, vol. «65, ■ m date. |
' Do Besmaux, créature de Matarin. Capi- tille en 1 638. Mort le «8 décembre 1697, âg«laine de ses gardes et gouverneur de la Bas- de plus de quatre-vingts an».
(lettre ordinale.)
Paris, 16 juillet i658.
Vostre Eminence verra par la lettre cy-jointe du sieur de Terron ce qui se dit en Poitou de la vente que le marquis de Chastel a faite, de sa terre de Beauvoir et de la Garnache, à M. le duc de Brissac1. Si cela se trouve véritable, comme je le crois, il y a assurément de grandes liaisons entre les maisons de Retz, Brissac, La Meilleraye et La Trémouille , et les chefs pensent de grandes choses. Le prince de Tarente 8 a fait en Poitou toutes les démarches d'un homme qui veut brouiller et qui est le chef et l'auteur de toutes les assemblées de noblesse. Le duc de Brissac, Jarzés et tous les auteurs de cette cabaJe ont icy fait des réjouissances presque publiques de la maladie du Roy. L'on dit mesme qu'ils ont fait venir Chandenier4 et qu'ils ont envoyé au cardinal de Retz, en toute diligence, pour le faire venir. Toutes les dames qui se prétendent belles ont joué le inesmo personnage. Vostre Éminence sçait trop bien comme le mareschai de La Meilleraye est mené par sa femme 5.
II. [Hotman] de Fontenay m'écrit de Tours que Croissy-Fouquet 6 et Caumartin sont tous deux en Touraine; qu'ils confèrent souvent ensemble, et que leur conduite luy paroist fort suspecte. Il m'assure qu'il y a beaucoup de mauvaise disposition dans toute la noblesse d'Anjou et dans la ville de Tours, en sorte que ces deux hommes sont capables d'y faire beaucoup de mal.
M. le mareschai de l'Hôpital vint, hier au soir, me dire qu'il sçavoit de
' Louis de Cossé, duc de Rrissar, pair do Il avait épousé, en 16 A 5, Marguerite de Gondi. Mort le 96 février 1661, âgé rie trente-cinq ans.
s Henri-Charles de La Trémouille, prince do Tarente, duc de Thouars, pair de France, né en 16a 1. Mort à Thouars, le i't septembre 167a.
1 René du Pleasis do La Rorhe-Pichemer, comte de Jarzé. Maréchal de camp en 16/I8, capitaine des gardes du corps et gouverneur d' Anjou en 1 fi/ig. A cette époque, il feignit pour Anne d'Autriche une violente passion, qui le fil exiler. En 167a, il obtint la permission de v>r»ir comme volontaire, et fut blessé à
mort par une sentinelle française qui n'entendit pas la réponse qu'il fit au cri de 7111 rire.'
* Chandenier ( François de Rochechouart) , né en 1611. Capitaine des gardes écossaises en 1 64 a. D'après la Muse historique de Loret, il aurait été disgracié et chassé de la cour en 1 65 1 . Mort en 1696.
■ Marie de Cossé, fille du duc de Rrissac, mariée, en 1 637, au maréchal de La Meilleraye. Morte le i/i mai 1710, âgée de quatre-vingtneuf ans.
* Croissy-Fouquet, conseiller au Parlement. <r Défiant, frondeur, a de grandes attaches avec le cardinal de ReU; a de grands biens en Touraine - ( Tableau du Parlement de Parii.)
bonne part que le président Perrault 1 avoit envoyé des courriers en divers endroits du royaume porter des nouvelles de la mort du Roy. Enfin, Vostrc Éminence doitestre persuadée que tous les amis de M. le Prince, du cardinal de Rete, tous les malintentionnés et les dévots, ont bien fait connoistre en cette occasion leurs mauvaises intentions *. . .