Al CHANCELIER SÉGUIER
(Billot autographe.)
Vincennes, 18 septembre 1660.
Son Eminence m'a ordonné de faire sçavoir à Mgr le Chancelier qu'elle approuve la proposition de dire à Messieurs du Grand Conseil que l'intention du roy est qu'ils fassent sçavoir à mondit seigneur les motifs de leurs remontrances sur le sujet du marquis de L'Hôpital1, et après les avoir en-
1 François de L'Hôpital. (Voir lettre 162.)
AVEC M AZAHLV /•:>:{
tendus, que mondit seigneur leur dise que le Roy est bien informé des grands crimes qu'il a commis, mais que, considérant les services qui lu\ ont esté rendus par le feu mareschal de L'Hôpital \ et l'occasion de son mariage et de son entrée dans Paris2 le conviant de faire des grâces, Sa Majesté désire, nonobstant les remontrances, qu'ils ayent à passer outre à l'entérinement de l'abolition dudit marquis de L'Hôpital.
Pour l'arrest donné au rapport de M. de Cargret3, Son Éminence m'ordonne de dire à mondit seigneur qu'il ne doit point porter (pie M. Talon s'abstiendra de connoistrc des causes où M. de Guise et madame de CMpvreuse auront intérest.
(l'est ce que'j'ay ordre de faire sçavoir à mondit seigneur.
(Collection particulière. — Copie fait»* Mir I original.)
*->7u. - A MAZARIN.
( l<fttr<- autographe.)
\e»ers, i\ octobre ibtio.
Tant plus j'approfondis les affaires de ce duché, et tant plus j'y vois de grandes et belles choses à faire, non-seulement pour l'augmentation du revenu, mais mesme pour tout ce qui peut composer la beauté et la grandeur d'une terre qui sera assurément la plus belle et plus considérable terre sujette qui soit en Europe. Je ne suis en peine à présent qu'à en cacher la beauté et les augmentations de revenu, et en augmenter et rendre publiques les dépenses. Si Vostre Éminence n'estoit infiniment au-dessus de tous les autres hommes, qui ont plus d'attachement à leurs affaires particulières qu'à toutes autres, je me flatterois du plaisir de luy donner autant de satisfaction qu'on en peut recevoir en ce genre d'affaires. Je dois encore dire à Vostre Éminence , si les cœurs et les affections des peuples peuvent plaire aux grands hommes, que jamais peuples n'ont eu une plus grande vénération pour leur seigneur et pour leur maistre que eeux-cy. Pendant la maladie de Vostre Éminence4, le Saint-Sacrement a toujours esté ex-
1 Nicolas de L'Hôpital , duc de Vilry, né en 1 Le mariage avait eu lien le 9 juin , et IV»-
1 58 1 . Étanl capitaine des garde* de Louis XIII, Irée dans Paris le 1 6 août, il fui chargé, en 1 (3i 7, de le délwrrasser du 1 Maître des requêtes,
maréchal d'Aucre.ce qui lui valut le bâton de * D'après madame de Molteville, la santé
maréchal de France. Gouverneur de Provence de Mazarin était alors usée. Il avait la goutte
en i63a, il «'y fil exécrer par sa dureté. K11 et la gravelle. Des bain* qu'il prit firent
ifi37, Richelieu le mit à la Bastille, et il n'en Irer la goutte; il eut une fièvre violente, acsorlit qu'après la mort du Cardinal. Dur et pair «ompaguée de romulsions, qui donna des en if>'i4. Mort le nH septembre 16&&. craintes pour sa vif.
45/i CORRESPONDANCE
posé dans toutes les églises, qui ne déseraplissoient point de peuple; et si les indispositions de Vostre Eminence pouvoient estre soulagées par la vie des hommes, je suis assuré que l'on en trouveroit icy un grand nombre qui la sacrifieroient volontiers pour cela.
(Arcb. de* AIT. étr. Fratu-t, ni. 170. pièce ni 1