‹ Lettres, instructions et mémoires de ColbertChapitre 63 sur 108 · V. — L'ABBÉ FOUQUET1 AU CARDINAL MAZARIN · texte numérisé non relu

V. — L'ABBÉ FOUQUET1 AU CARDINAL MAZARIN

( Lettre autographe.)

Pans, 3 octobre i6u5.

La lettre que Vostre Eminence m'a fait l'honneur de m'écrire sur le sujet dp l archevesque de Rouen'2, par laquelle elle me tesmoigne estre persuadée que je n'ay ni vie ni bien que je ne sois prest de mettre à tout moment pour son service, m'oblige à un point que si mon malheur avoit voulu que je ne fusse point desjà sa créature, que je ne luy deusse pas, comme à mon maistre, tout ce qu'il y a de bien et de fortune dans ma maison, et si je n'estois point comme je suis, à la vie et à la mort, sans réserve aucune, en toutes choses, contre tout, sans rien excepter, dedans ses intérests, je la supplierais très-humblement de trouver bon que je m'y engageasse tout autant que je le suis desjà, par la grâce qu'il luy a plu de me faire en ce rencontre , de me distinguer de l'ordinaire des gens qui parlent tous les uns comme les autres mais qui n'ont pas les sentimens de mesme. Je supplie donc très-humblement Vostre Eminence de garder cette lettre, que je voudrais qu'elle voulust trouver bon que je luy signasse de mon sang , que je suis prest de faire toute ma vie toutes les choses qu'il luy plaira de me commander, que rien ne me peut jamais séparer de ses intérests et que je ne reconnois point d'autre maistre au monde, y estant obligé par mille sortes de bienfaits; et je demeure d'accord que si je manquois jamais à ce que j'écris, je dois passer pour le plus infasme de tous les hommes.

L'abbé Foucqurt3.

(Arch. des AIT. étr. Frma, vol. i54, pik* 191)

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