‹ Lettres, instructions et mémoires de ColbertChapitre 64 sur 108 · VI. — MAZÀRIN A COLBERT · texte numérisé non relu

VI. — MAZÀRIN A COLBERT

(UUre autographe. )

La F&«, 3 1 juillet! 656.

Il faut faire en sorte que les médecins disent librement à M. le prince de Conti que s'il ne se sépare de sa femme, il la fera absolument mourir. Vous

1 Basile Fouquct. ( Voir lettre 3g. )

1 Harlay de Champvallon. (Voir lettre 1 7 3.)

1 II y a beaucoup d'autres lettres de l'abbé Fouquet 1 Lins la Collection des Aiïaires étrangères. Elles ne sont jamais signées.

* Le 99 juillet i656, Colbert avait écrit de Paris au cardinal Mazarin : • Madame la prin cosse do Conti s'est trouvée beaucoup plus mal ,

avant-hier, qu'elle n'avoil point encore fait. Pour sauver cette princesse, il faut que Vortn- Eminence trouve moyen de la séparer de M. le prince; autrement, il est impossible qu'elle puisse échapper de la maladie dont dit Ml attaquée. C'est le sentiment de tous ceui q»n voyent ce qui se passe. . . » La réponse autographe du Cardinal se troi^

APPENDICE

luy pourrez dire de ma part que le plus grand mal que madame la princesse 1 ayt, c'est l'amour que luy a pour elle, et que je le prie de le luy tesmoigner en la manière que les médecins disent, parmy lesquels M. Valot2 en parle en des termes assez précis.

Vous me dites, en une autre lettre que je viens de recevoir, que ledit prince se disposoit à partir mardy; mais j'apprends d'ailleurs que les cabaleurs l'empescberonl tant qu'ils pourront. C'est pourquoy, parlez avec fermeté; et ditesluy jusque-là que , s'il ne vient, c'est me déclarer qu'il n'a aucune amitié pour moy et qu'il me préfère ceux qui assurément n'en ont aucune pour luy, qui ne songent qu'à leurs affaires et à tascher de se rendre nécessaires, et qui préjudicienl à sa réputation. Vous en pourrez parler encore en ces termes à madame la princesse et luy dire qu'elle ne la fera longue si son mary est toujours auprès d'elle, et que ceux qui la flattent, luy parlant autrement, la veulent perdre. Dites-luy aussy, l'obligeant auparavant au secret, que Gourville se vante desjà de la gouverner; et je ne m'en étonne, car il avance aussy qu'il fait la mesme chose à mon égard et qu'il sçait bien comme il me faut mener.

(Bibl. ImP. Mss. Baluzo, Papier, de, Armoire,, Yol.176, fol. a48.)

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