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chaire de pli\M«^i.. ^u uulrc semblable, môme la plus brillante que je puisse espérer, dan» une Faculté par exemple, Toute la vie n'est pas là. et que servira à l'homme d'avoir été savant dans la nature, s'il n'a été savant dans lui-même et dans Dieu, s'il n'a été philosophe?
Une étude exclusive ne pourra jamais me captiver ; celle-là seule me possédera tout entier, qui est la reine de toutes les autres, leur couronnement et leur résumé, qui parle de Dieu, de l'âme et delà morale. Je suis loin de croire que la philosophie, telle qu'on l'enseigne dans la classe, telle qu'elle doit être dans renseignement d'un professeur, remplisse ce programme ; mais enfin, c'est, de toutes les branches de l'enseignement universitaire, celle qui s'écarte le moins de mon idéal d'éludés ; j'ai donc dû m'y attacher. Bien souvent j'ai maudit Tordre de choses qui assujettit et associe mon élude bien aimée à d'autres études qui sont loin d'être ses sœurs les plus immédiates, et mon esprit, plus scientifique que littéraire, eût désiré ou que la philosophie formât une faculté à part, ou qu'elle fût associée à la Faculté des sciences. Mais outre qu'il faut
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apprendre à se Taire une consolaticjn de la nécessite, je suis loin de regarder coipme inutiles ou peu assorties à mon esprit la plupart des éludes qu'on y associe. L'histoire et la haute littérature critique, telle qu'elle est dans Schlegel, Kant, etc., me sont tout aussi chères que la pliiiosophie, parce que c'est déjà la philosophie môme.
Tout ce qui me répugne, c'est cette pédante rhétorique, pour laquelle nos universitaires ont un respect tout à fait risible suivant moi. Plusieurs d'entre eux regarderaient, je crois, comme le premier homme du monde celui qui tournerait le mieux une de ces froides harangues qui servent d'exercice à la verve écolière des élèves de rliétorique et de seconde. J'ai failli avoir une faiblesse quand il a fallu exhumer de leur poussière ces vieilles nippes classiques. Que tout cela paraît froid et vide, quand on a goûté le nectai idéal de la seule science vitale I
Revenons aux faits, chère amie. Le choix des moyens par lesquels je pourrai arriver à l'agrégation ne m'a pas moins occupé que la détermination môme de la partie à laquelle je
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m'agrégerais. Le plus brillant ci le |»lus mu de ces moyens, c'est inconlci»lublcinenl rciilréc à rÉcole normale. Aussitôt donc que j'ai joui de la liberté nécessaire, je me suis hâté de prendre à ce sujet toutes les inforinations possibles, et, pour plus d'exactitude, j'ai voulu aller moi-m^me voir le directeur de l'Kcole. U m'a parfaitement reçu, et le récit naïf que je lui ai (ait de mon histoire lui a beaucoup plu. U faut que tu saches, bonne amie, que c'est là, partout où je me présente, mon préambule obhgé; car la première question est toujours pour me demander où foi /ait mon éducation. J'ai du reste remarqué que le nom de Saint-Nicolas, associé à celui de M, Dupanloup, sonne partout fort bien. Le directeur de TÉcole (M. Vacherot), avec une obligeance et un intérêt qui me ravirent, me donna tous les renseignements et les programmes nécessaires, en les accompagnant de quelques paroles fort significatives sur la Imule UbéraUléde [université, qui saisirait, dit-il, avec empressement, l'occasion de montrer qu'elle ne répudie pas les sujets formés à un autre enseignement que le sien.
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Il y a bien du pour cl du contre dans le projet d'entrée à cette Kcole. Un espace de trois années, ajouté à une année de préparation, rejette dans un cloignementqui m'e(Traie Tépoque où je cesserai de peser sur des être» chers, que je voudrais au contraire soutenir le plus tôt possible par des secours réels. Quoi I clière amie, ce ne serait qu'après quatre longues années, à Tage de vingt-sept ans, que je pourrai commencer à te rendre ce que lu as fait pour moi? Au contraire, en prenant mes grades en debors de l'École normale, en supposant môme, ce que je ne pense pas, que le terme de mon agrégation fût reculé jusquelà, je pourrais, par des provisoires avantageux, tempérer l'onéreux de ces expectatives.
En outre, chère amie, n'es-tu pas effrayée comme moi de ces dix ans d'engagement? Et si quelque coup de vent inattendu venait à souiller, si quelque heureuse circonstance s'offrait à moi, et que je me visse retenu par ce fatal lien? D'ailleurs, tu le sens, une obéissance plus passive est par Ih imposée; on risquerait de se voir gôné dans ses goûts et
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son dcvclopjîcincnl intellectuel, cl on m'en a bien cité quelques exemples. D'ailleurs, si mes études, faites solitairement, avaient un ' cachet plus personnel et moins accommodé à la manière de ceux qui en jugeront, elles auront aussi plus d'indépendance et d*originalité, et j'éviterai de les faire passer h ce moule commun, que je redoute par-dessus tout.
lin un mot, chère amie, en restant indépendant, je me réserve beaucoup plus de largeur ; par exemple, j'ai une foule de travaux ébauchés et en germe, conçus à un point de vue original, que je désirerais continuer, et qui, présentés à des juges compélenls, pourraient commencer quelque chose; si je continuais mes études librement, rien ne serait plus facile, au moins quand j'aurais passé ma licence; si, au contraire, j'entre à l'Ecole normale, il faut y renoncer pour longtemps. Le seul avantage réellement considérable que j'y trouve, c'est la considération que donne ce titre, et les connaissances qu'il fait faire sans eflbrt et sans intrigue. Mon caractère retiré ( t simple me rend les démarches pour mo
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pousser en avant excessivement pénibles. Dans CCS malheureuses positions isolées, loin des centres, il faut chercher à se faire voir, capter, pour ainsi dire, Tattention de ceux dont on peut attendre quelque chose. Combien n'est pas préférable une position où Ton est naturellement en vue, et où il suflit d'être ce que l'on est pour allirer les )eux.
Telle est l'école dont nous parlons : il est certain que quiconque s'y distingue n'a qu'à continuer paisiblement ses études cl se déchai'ger de ce que j'appelle le coup d'é|>aule, de celte in(}uiétude pratique dont nulle philosophie ne peut légitimement délivrer. Car enfm, il est bien clair que j'aurais beau, par mes études, devenir un savant de premier ordre, nul ne viendra jamais me chercher ni m'avancer comme tel, si je ne prends soin de le faire savoir aux autres. La science ne s'inscrit pas sur le front, il faut la contraindre à se montrer, et c'est un supplice quand la position que Ton occupe ne le fait pas d'elle-même.
Quanl à l'examen d'admission, et aux chances de réussite que je puis m'en promettre, voici, chère amie, bien nettement ma