II. 1 1 111 «- I N I I Mrs .'♦S'y
pensée. Quoique géiiéralcinenl mon défaut ne soil pas la di'fiancc de mes forces, j'avoue que je n'envisafîc celle épreuve qu'avec une certaine crainte. — Cel examen est sans contredit plus facile que celui de la licence, puisque les élèves qui l'ont passé sont encore censés consacrer un ou deux ans à se préparer à ce dernier ; or mon intention serait, si je n'enlrais pas à l'École normale, de me présenter à la licence dans un an. A plus forle raison donc, diras-tu, ne devrais-je pas craindre l'examen d'admission. Il n'en est pas ainsi, chère amie, et l'axiome : qui peut plus peut moins, ne saurait s'appliquer ici. Cela tient à la nature diflercnle des épreuves, et surtout des compositions écrites, qui en forment la partie réellement grave et difficile. — Les compositions de la licence sont des dissertations critiques et philosophiques tout à fait assorties à la nature de mon esprit: celles de l'admission, au contraire, sont des devoirs dans le genre de la rhétorique, pour lesquels j'ai toujours eu une antipathie très prononcée. D'ailleurs, les candidats sont la plupart des jeunes gens sortant de rhétorique
388 LETTIU > I N I IMBS
el de philosopliie et pleins d'une verve juvénile ; moi, au contraire, je suis déjà vieux, el je ne puis que rire de celle chaleur écolière. Tout, néanmoins, dépendra du sujet et il est tel que je crois pouvoir le traiter avec beaucoup de succès en l'adaplant ii ma manière de concevoir. Quant aux épreuves orales, je ne les redoute nullement ; je suis tout à fait au-dessus d'elles.
Malgré ma llucluation entre ces raisons contraires, dont les unes et les autres ont tant de valeur, ma conduite, chère ami. ni pas néanmoins a hésiter sur la ligne qu'elle doit suivre. En eflet, mon travail préparatoire dtfvra être à peu près le même, soit que je me destine a l'Ecole, soit que j'aborde directement la licence ; la décision prise entre ces deux partis ne changerait (|ue fort peu de chose à ma direction pratique. Nous donc tout le temps nécessaire pour nou> déterminer el prendre encore de nouvelles informations. Je viens de découvrir (pie l'un de mes anciens condisciples faisait actucl- Icment partie de l'Ecole : je compte aller dans quelques jours lui demander des renseigne-
Il 111.:^ I N I 1 MES 389
mcnls (jni ne scronl pas, je crois, sons '({uclquc intérêt. De plus, j'ai fait il y a quel ques jours la connaissance de M. Peag6re« professeur de rhétorique au collège Henri IV (et dont je corrige les élèves), par Tentremise d*un de mes anciens condisciples et de mes meilleurs amis de Saint-Sulpice, dont il est le 1res proche parent. Il avait d'abord été question qu'il me donnerait quelques conférences pour les préparations qui m'occupent ; mais il n'a pas voulu s'en charger d'une manière régulière et par conséquent rétribuée, ce qui était le premier plan concerté entre moi et mon ami de Saint-Sulpîce ; maïs il a consenti avec beaucoup de plaisir à me donner tous les conseils dont j'aurais besoin et m'a engagé à faire moi-même les devoirs qui me plairaient parmi ceux qu'il donne à ses élèves et qui doivent tous me passer par les mains, se chargeant de les voir et d'y joindre ses observations. Pour les conférences régulières, il m'a adressé à M. Egger, professeur de littérature grecque à la Sorbonne et célèbre helléniste, lequel a établi une conférence de celte espèce pour les jeunes gens qui se pré-
300 LETTHES INTIMES
parent à la licence et à Tagrégation en dehors de i'Ëcole normale. Je me suis immédiatement rendu cliez M. Egger, auquel M. Feugère avait déjh eu la bonté de me recommander oralement. Malheureusement, sa conférence, limitée à quinze auditeurs par autorité supérieure, est complète. Mais la première place vacante m'est assurée. Ce sera à raison de cent francs par an ; mais en vérité, je crois que nulle dépense ne pourra être mieux placée. Ce qu*il y a de plus important, c'est que M. Egger est en même temps maître de conférences (c'est-à-dire professeur) h FKcole normale et par conséquent fait partie du conseil d'admission.
Je m'ouhlic, chère amie, cl pourtant que de choses encore j'aurais u te conter. J'ai oublié de te dire que tout est terminé par rapport à mes papiers du baccalauréat. J'ai reçu de notre frère ceux que je lui avais demandés et, présentés à la Sorl)onne, ils n'ont souiTert aucune dilTicullé. Mais mes études ayant été faites dans l'académie de Hennés ont nécessité une dispense du ministère pour pn««9or mon examon :i Paris. De là, de Ion-