‹ Lettres intimesChapitre 14 sur 19 · I.i99. II octohre · texte numérisé non relu

I.i99. II octohre

Mon cher cœur, je me suis trouvé si tourmenté de irla médecine que certes je n'ai su écrire. J'ai prpnoiicé à Madame de la Châtre son arrêt. Dès que ses chevaux seront venus, elle s'en va. Ce n'a été sans pleurs et des plus grands sermens du monde. Tout le reste de la compagnie est si fort étonné qu'ils ne savent ce qu'ils font. Mandez-moi quel jour vous faites état de partir de Paris, afin que j'aie l'honneur de vous voir devant. Bonsoir, mon cher menon, je te baise un million de fois. Ce ll^ octobre.

A la même.

lôiti), 12 pctQbre.

Mes chères amours, je i^^e §ii|s leyé de bon ffl^^ti^ et me suis allé promener à la forêt, à cheval. Je voi^s jure que je me suis trouvé si foible, que je n'ai su endurer l'amble de ma haquenée. De mal je n'en sens plus. Dieu merci; mais j'ai été d'autres fois malade un mois que je ne demeurois pas si débile. Si mon mal eût continué, je vous eusse envoyé quérir. Je suis si triste de ne vous voir point, que rien ne m'apporte de contentement. A^mez-moi bien hardiment, car je vous chéris plus que je ne fis jamais. Votre frère, le comte*, et moi le vous pourroit bien témoigner.

' Le comte d'Auverffne.

que j'ai entretenu ce matin à cheval une heure de vous. Bonjour, le tout à moi, je te baise un million de fois. Ce l^*^ octobre.

A la même.

1599, 12 octobre.

Mes chères amours, cplui qui vous a dit qu'il m'ayoit vu à la messe vous a menti, car il y a trois jours que je n'en ouis. Tout aujourd'hui je me suis trouvé encore mal ; mais ce soir, Dieu merci, je me porte mieux, toutefois foible. Je vous verrai bientôt, car je ne puis plus vivre sans cela. Je suis si triste, que je mïmportune mpi-même. Bonsoir, le cœur à moi, je te baise et rebaise un million de fois. Gel ^«octobre.

A la même.

1599, ]3 0(:to)uT-.

Si mon amour se gouvernoit selon les occasions que l'on m'en donne, vous recevriez de moi une aussi froide réponse qu'ont été les deux lettres que j'ai reçues de vous. .Je ne laisse pas de m'en plaindre, et certes je n'avois pas desservi ' cela de vous. Pour ce que m'a apporté Nau, il vous en fera la réponse plus pleine d'amour peut-être que je ne dais. Le sommeil me fait remettre le tout sur lui et finir vous baisant un million de fois les uiflios. Ce

A la même.

1599, 13 octobre.

Mes chères amours, je reçus arsoir ^ votre lettre par le

' Mérité.

'^ Hier au soir.

retour de Petit, recevant avec extrême contentement de l'honneur que vous me faites de m'assurer toujours de votre bonne grâce. J"ai vu par icelle l'étonnement de votre père : il a bien raison, car sa procédure ' m'a aliéné « do toutes sortes de traités avec lui. Vous me mandez que vous espérez qu'il me contentera ; je vous supplie à mains jointes, ma chère âme, que je n'aie plus affaire à lui. Pouvant trouver notre contentement entre nous deux, sachons nous en le gré tout entier. L'argent pour vous acheter une terre est tout prêt ; rien ne vous manquera *. Marchaumont viendra dans une heure ; M. de Fleury est ici ; je travaillerai pour vous plus que Nau ; mais ne m'allez plus brouiller avec cet homme qui n'a songé depuis hier qu'à trouver moyen d'accrocher encore quelque chose * pour m'affliger. Je vous en supplie encore le genou en terre, et que nos heurs * ne dépendent plus que de nous. S'il vous plaisoit vendredi venir dîner à Fleury, je tâcherois à vous y faire bonne chère. Aimez-moi comme celui qui n'aimera jamais que vous. Sur cette vérité, je baise un million de fois tous les petits garçons. Ce 13^ octobre.

A la même.

Page 1