A L'EGLISE DE LYON
Copie. Bibl. de Genève. Vol. 107 «.
Très chers seigneurs et frères, combien que maistre Loys Corbeil ne nous ait apporté nulles lettres de
* Louis Corbeil, ancien diacre de Morges, après avoir longtemps poursuivi Calvin de ses diffamations, sollicitait auprès de l'Eglise de Lyon le titre de ministre. Les pasteurs de cette Eglise, avant de il. 29
vous, toutesfois nous ayons entendu d'ailleurs comme aussi par sa bouche que vous l'aviez envoyé icy pour recongnoistre ses fautes passées , afin d'estre employé au service de l'Eglise. Or s'estant présenté en nostre compaignie il a bien protesté qu'il ne se vouloit ingérer au ministère, sinon qu'il y fust introduit par bon ordre. Pareillement il nous a déclaré qu'il s'accordoit en foy et en doctrine avec nous, et de nostre part nous vouldrions bien que rien n'empescbast qu'il ne fust remis en œuvre, car nous pouvons affermer en vérité que nous l'aimons, et désirons son salut et son bien, mesmes que la mémoire des offenses passées ne nous induiroit point à le reculer1. Mais d'autant que pour s'excuser il a nié quelques choses qui nous estoyent cognues, et n'a pas rondement confessé le reste, nous n'y avons pas trouvé repentance qui nous pcust ou deust contenter. Pourquoy nous serions hypocrites et menteurs en luy donnant tesmoignage pour l'approuver à estre receu ministre de la parole, jusqu'à ce qu'il ait appris de se mieulx cognoistre, et monstrer en sincérité que le mal luy desplait, n'ayant point honte de recongnoistre simplement en quoy il a failli sans rien desguiser, ce que nous désirons d'une affection pure et fraternelle. Sur quoy, etc.. (1561.)
prendre une décision, demandèrent l'avis de la Compagnie de Genève qui leur fut communiqué par Calvin lui-même.
1 Voir p. 48, note \ .