‹ Lettres (volume 2)Chapitre 106 sur 163 · A LA SOEUR PAL LE-JÉROAYME DE MONTH04JX · texte numérisé non relu

A LA SOEUR PAL LE-JÉROAYME DE MONTH04JX

A DLOIS

On ne doit pas empêcher une Supérieure déposée de rentrer au monastère de

sa profession.

VIVE f j:îsus!

[Annecy, 1641.]

Je vois vos doléances, ma très-chère fille, avec d'autant plus de compassion qu'il n'est pas en mon pouvoir d'y donner remède, ne sachant pas ce qu'il plaira à Mgr de Lyon d'ordonner de notre très-chère Sœur [Cl. -M. de la Marlinière] voire bonne Mère, qui est en la seule disposition de Dieu et de Son Eminence. Certes, ma très-chère fille, quand un monastère nous fait la charité de nous prêter une Supérieure pour trois ou six ans, il ne faut pas lui vouloir lier les mains, en sorte qu'il ne la puisse retirer. Je ne doute point que ce ne fût un bonheur nonpareil d'avoir une telle déposée. Oh! vraiment si, serait; mais si Dieu ordonne autrement, [et que] vous ne vouliez pas accepter le

fardeau que sa Providence vous impose, de vrai, ma très-chère fille, pardonnez-moi, c'est un peu trop s'appuyer sur la créature et trop peu au soin du Créateur, en la vérité de ses promesses, en la fermeté de ses paroles. Abandonnez-vous à l'aveugle, ma très-chère fille, ne voulez rien, laissez vouloir Dieu, confiez-vous pleinement en son soin, ayez-y votre continuel recours, et laissez-vous gouverner par cet amoureux Conducteur. S'il seconde votre désir jusqu'à vous laisser cette très-chère Sœur quand elle sera déposée, bénissez-le ; s'il veut se servir d'elle ailleurs, bénissez-le et servez sa divine Majesté au lieu où sa volonté vous attache, avec le plus de fidélité qu'il vous sera possible. Rentrez dans la charge avec une nouvelle douceur, bonté et support, réclamant sans cesse le secours de Dieu ; vous verrez qu'il viendra à votre aide et fera mieux ajuster toutes choses que vous ne pensez. C'est notre mal, ma fille, que nous ne nous perdons pas en Dieu de la bonne sorte. Faites-le sans réserve.

Couforme à une copie gardée à la Visitation du Mans.

LETTRE MDCCLXXX {Inédite)

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

A BOL'llG Ii\' BUESSIi

Prière de hâter sou retour à Annecy et de ne point parler de ce qui s'est passé

à Lyon.

vive -J- jésus!

Annecy, 12 mai 1641.

Ma très-chère fille,

Sans ouvrir cette lettre ', je vous dis tout en hâte qu'il me tarde bien tant de vous voir que je vous prie de partir au moins

1 Ces lignes étaient ajoutées sous forme de post-scriptum à une lettre écrite par la Sœur A. M. Rosset à la Mère M. A. de Blonay.

mardi d'après la Pentecôte. Grâce à Dieu, me voici libre ; certes je ne pouvais plus fournir au général et particulier. Je ne sais qui Dieu nous donnera. Ne parlez point à Belley de ce qui s'est passé à Lyon, ni ici quand vous y serez; car l'on n'en sait rien du tout.

Priez pour moi, ma fdle, qui suis si intimement vôtre. Dieu soit béni, qui nous remplisse de son Saint-Esprit. Amen.

Conforme à l'original gardé ans Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE AIDCCLXXXI

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