SUPERIEURE A THONON
Sum;e permet à celte Supérieure de rester au monastère de 'I honen pour un second triennat. — La Mère de Blonay est élue à Annecy.
VUE -j- JÉSUS !
[Annecy], 11 mai 1641.
. ... Je vous assure que si le diclamen de ma conscience ne me pressait pour le regard de leur extrême nécessité, et qu'il faut avoir plus d'amour pour elles qu'elles n'ont d'humilité, jamais nous n'aurions le courage de vous y laisser. Or, néanmoins, nous leur accordons de vous remettre sur leur catalogue pour Supérieure, et vous avez très-bien fait de ne pas accepter leur élection jusqu'à ce que vous ayez eu de nos nouvellesmais vous ne deviez pas permettre que l'on procédât à faire l'élection. Je vois bien que tout cela procède de l'affection qu'elles ont pour vous; mais pourtant cela n'est pas bien. Elles se sont si fort laissé préoccuper qu'elles n'ont pas pris le temps de digérer les paroles de ma lettre, qui portait que vous envoyassiez un homme le mercredi, afin qu'aussitôt notre élection faite il retournât promptemenl vous avertir de ce que vous deviez faire; car vous n'étiez point engagée sur notre catalogue, mais pourtant ce retardement fut jugé nécessaire pour une considération que nous serions trop longue à dire.
Ma très-chère Sœur de Blonay est élue Supérieure clans ce monastère; elle a eu toutes les voix, hors trois.
Il faut certes que vous travailliez à civiliser et rendre humbles et plus respectueuses vos Sœurs et surtout votre assistante. Elle écrit en impérieuse à Monseigneur; faites-lui sentir sa faute. La connaissance de son esprit nie fit l'adresser [laréponse] à M. Quêtant, car l'on jugea à son humeur qu'elle serait fille à ne rien vin. 27
dire de ce qu'on lui manderait, et qu'elle ne vous donnerait pas aussi la lettre que l'on vous a écrite. Enfin il fut jugé qu'il fallait s'adresser au Supérieur, et cela n'a pas empêché sa faute! Or sus, il faut tout pardonner, et vous, ma fille, prenez un nouveau courage pour achever l'œuvre que Dieu vous a commise, pour laquelle II vous a déjà donné tant de grâces et de bénédictions, et croyez que ce m'est un dépouillement, le plus grand que je puisse faire d'aucune créature, que de vous laisser encore là trois ans; mais la gloire de Dieu et le bien de votre maison le requérant, il faut que nous fassions de bon cœur ce sacrifice. Mais je vous conjure d'avoir un grand soin de votre santé, nullement vous m'aflligeriez plus que je ne puis dire. Nous ferons ce que nous pourrons pour vous faire venir ici, ramenant votre Sœur J. F. [Marcher].
Le saint et très-adorable Esprit de notre divin Sauveur vous remplisse de ses dons. Dieu soit béni! Amen.
LETTRE MDCCLXXXIII
A MONSEIGNEUR J. J. DE NEUCHÈZE