‹ Lettres (volume 2)Chapitre 119 sur 163 · A LA SOEUR MARIE-MARGUERITE DURUYSSON · texte numérisé non relu

A LA SOEUR MARIE-MARGUERITE DURUYSSON

ASSISTAXTE-COMMISE A MOLXIXS

Peine qu'éprouve la Sainte de son élection à Moulins; impossibilité de l'accepter.

vive •{• Jésus!

[Annecy], 17 juin 1641.

Ma très-chère fille,

Noire Sœur la Supérieure de Lyon m'ayant mandé qu'elle n'avait pas encore reçu nos réponses pour vous, que nous lui envoyâmes néanmoins fort promptement par le messager de

Chambéry, ne trouvant pas d'autre commodité pour Lyon, je fais encore ce mot, bien que je croie que vous aurez maintenant nos lettres. Je ne vous saurais dire combien je suis mortifiée de l'inutile élection que votre communauté a faite de ma chétive personne, à cause de l'embarras que cela pourra apporter chez vous, qui deviez bien toutes penser que si je ne m'étais pu résoudre à me recharger de la conduite de cette famille, qui est peut-être l'une des plus douces de l'Institut, et si l'on avait refusé que je fisse un voyage de deux ou trois mois chez vous, l'on ne me donnerait pas l'obéissance d'y aller faire un triennal, chose pour laquelle je n'ai ni force ni esprit.

Je ne puis rien ajouter à nos précédentes lettres : je répète seulement que je suis très-affectionnée au bien et à la consolation de toute votre maison; mais je suis entre les mains de l'obéissance, et ferai de grand cœur tout ce que Monseigneur me commandera pour votre service, assurée que je suis qu'il n'a garde de m'envoyer faire un triennal.

Je salue avec toute sorte d'affection et de respect notre chère madame [de Montmorency]. Il me tarde fort d'avoir de ses nouvelles; je pense que bientôt nous en aurons. Je salue aussi trèschèrement ma bonne Sœur la déposée. Soyez très-unie avec elle, ma chère fille, et n'agissez que par elle; cela est requis pour le bien de votre communauté, que je salue de tout mon cœur, et me recommande aux prières de toutes. Dieu vous comble de ses bénédictions. Je suis d'affection sincère, votre, etc.

Conforme aune copie de l'original gardé à la Visitation de IVevers.

LETTRE MDCCXCVII

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