A LA SOEUR MARIE-FRANÇOISE DE CORBRAU
ASSISTANTE ET MAITRESSE DES NOVICES, A TURIN
Exhortation au parfait abandon à Dieu et à l'ouverture de cœur envers la Supérieure.
VIVE f JÉSUS.'
Annecy, 19 juin 1641.
Ma très-chère fille, Je vois, ce me semble, votre cœur et tous ses sentiments, il me fait grande compassion ; mais il se faut de plus en plus affermir en Dieu, lui abandonnant sans réserve tout ce que vous êtes, pour en faire à son bon plaisir ; que s'il vous veut employer au service et conduite de cette maison-là , assurez-vous que si vous êtes humble et confiante, Il gouvernera par vous et aplanira votre chemin; que s'il vous y laisse des épines, ce sera
afin qu'au milieu d'elles vous y cueilliez des roses de charité. Mais, pour ce coup, je crois que vous n'avez rien à craindre, ainsi qu'il me semble. Vous en voyez mes pensées dans celle que j'écris à nos Sœurs, et plus amplement encore à ma trèschère Sœur la Supérieure, qui véritablement est bien ma trèschère fille; et je suis consolée de voir le grand amour que vous lui portez. Traitez avec grande confiance et ouverture de cœur avec elle ; plus vous le ferez, plus vous avancerez, et surtout de vous en tenir à ses. conseils , et vous rendre entièrement fidèle à nos observances. C'est le bonheur que je vous souhaite, ma très-chère fille, et qui vous rendra toute jointe à notre bon Dieu, que je supplie vous combler de son saint amour. Recommandezmoi souvent à sa miséricorde, qui suis de cœur toute vôtre.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Rome.
LETTRE MDCCC