‹ Lettres (volume 2)Chapitre 18 sur 163 · SUPERIEURE DE LA COMMUNAUTÉ DE CHAMPLITTE RÉFUGIÉE A GRAY · texte numérisé non relu

SUPERIEURE DE LA COMMUNAUTÉ DE CHAMPLITTE RÉFUGIÉE A GRAY

Cordiales salutations de quelques Sœurs d'Annecy. — La Sainte prie cette Supérieure d'agir avec suavité et charité dans la conduite d'une affaire.

vive -J- jésus!

[Annecy. 1638.]

Ma très-chère et bonne Mère, Nous n'avons le temps que de vous saluer de cœur; car l'on commence à faire le paquet pour Fribourg où on l'adresse. S'il plaît à notre bon Dieu, nous

1 Bien que dans cette lettre, dont l'original est gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy, on ne trouve que le seul post-scriptum de la main de la Sainte, il a paru intéressant de laisser les billets des quatre Sœurs comme preuve de la simplicité des rapports qui existent entre les Religieuses du môme monastère.

prendrons un jour la consolation de vous écrire un peu amplement. Notre très-digne Mère continue à se bien porter, Dieu merci, au moins selon ses incommodités ordinaires; elle a, pour le présent, le rhume, mais il commence à se passer. Votre pauvre Sœur J. -Thérèse Pieoteau.

Ma très-chère Mère, Vous connaissez bien que c'est à !a hâte que nous écrivons, et l'affection que nous avons pour Votre Charité fait que nous avons voulu écrire un mot chacune de sa main aussi bien que nous souhaiterions avoir le loisir de vous écrire; mais ce saint prêlre qui nous a averties (car je suis portière) qu'il allait à Fribourg, ne nous donne du temps que pour vous assurer que je suis toute vôtre, mais sans réserve, trèshumble. Sœur M.-Françoise de Corbeau.

Ma très-chère et bien bonne Mère, Voici la lettre de la petite communauté qui se trouve dans la chambre de notre Irès-digne Mère, qui se porte bien, grâce à Dieu, après avoir été travaillée du rhume. Béni soit Notre-Seigneur qui nous fait garder la chère conversation de cette unique personne. Le voyage de Turin est toujours au même point. Une autre fois nous dirons plus de nouvelles. Noire chère Sœur M. -Aimée est Supérieure h Thonon et notre chère Sœur l'assistante l'est allée mener en son nouveau ménage. Nous avons ici ma Sœur Claude-Catherine et ma Sœur M. -Madeleine de Mouxy qui est hydropique. Pour l'amour de Dieu, ma très-chère Mère, envoyez-nous [l'histoire de] votre fondation, bénédictions et afflictions, et croyez que je supplie le glorieux saint Joseph qu'il vous obtienne mille bénédictions. Sœur Françoise-Madeleine de Chaugy.

Puisque je me trouve en celte petite communauté, ma trèschère Mère, je prendrai ma part de la consolation de vous saluer très-humblement et très-chèrement, en me plaignant de quoi nous sommes privées de vos nouvelles. C'est bien sans loisir,

mais non sans affection que je fais ce petit mot à Votre Charité. Sœur M.-Gasparde d'Avisé.

[De la main de la Sainte.] Et moi, chétive, qui suis l'indigne Mère de cette petite communauté aussi bien que de la grande, je dis que ma très -chère Sœur Catherine-Elisabeth est l'une des très-chères filles de mon cœur. Je la supplie derechef de traiter avec la chère Mère de Besançon en sorte que la suavité et charité surnagent en toute la conduite de cette affaire. Dieu soit béni éternellement Amen. Et sa sainte Mère. Amen.

M. Marcher veut aussi être de celte communauté, et nous a mandé dire de saluer tant chèrement Votre Charité de sa part.

LETTRE MDLXIII

A LA MEME

S'accommoder charitablement avec la Supérieure de Besançou. — Estime pour le"

B. Pierre Fouricr.

Ma très-chère et bien-aimée fille,

11 n'est pas moyen que je perde cette tant précipitée occasion sans saluer, par ce billet, votre cher cœur et lui souhaiter mille et mille bénédictions.

Suivant la lettre de votre bon Père spirituel, je viens d'écrire à la Mère de Besançon, afin qu'elle n'aille pas faire la fondation de Gray tandis que vous y êtes; c'est un bon cœur et doux qui se plie facilement. Il faut vous accommoder charitablement et suavement ensemble, comme vraies filles de Dieu et de la Visitation. — Quant à cette parente de M. d'Andelot, je ne sais que vous en dire, sinon que si elle a les dispositions de l'esprit, et que votre conscience vous permette de la recevoir, je serai consolée que ce bon seigneur reçoive cette satisfaction de nous.

— Adieu, ma bonne et très-aimée fille, priez, je vous supplie,

pour moi, qui suis d'un cœur plein de dilection tout à fait, etc.

[P. S. De la main d'une secrétaire.] Ma très-chère fille, je fais un mot de [réponse] à M. votre très-digne Père spirituel l. Je vois par sa lettre pleine de suavité pour mon cœur, que c'est un trésor pour votre maison. 0 Dieu! il le faut conserver comme la prunelle de nos yeux ! Pour moi, je l'aime intimement. Mon Dieu! que ces occasions si pressées pressent le cœur de mortification à celle qui, comme cette secrétaire, voudrait bien entretenir la chère et très-aimée Mère de Gray. Mille et dix mille bonjours.

[De la main de la Sainte. ,]Mon Dieu! ma très-chère fille, que j'ai reçu de consolation et d'édification de la lettre de M. votre bon Père spirituel ! Vous avez là un grand trésor! — Ma fille, je trouve bien juste que, puisque vous êtes là, vous fassiez la fondation; mais certes au soulagement de la maison de Besançon qui en a fait les poursuites et obtenu licence, et d'autant plus que ce monastère est pauvre et fort chargé. Il faut que tout cela se fasse avec grande douceur et charité pour la maison de Besançon. Ma fille, je suis vôtre de cœur j priez pour moi.

1 Ùans le procès de canonisation de sainte J. F. de Chantai, d'où cette lettre est extraite, on lit en marge la note suivante : « Ce Père était le « Bienheureux Pierre Fourier, général et réformateur des chanoines réguliers « de la Congrégation de Notre Sauveur, retiré pour lors à Gray, où il mourut « le 9 décembre 1640 d'une fièvre qui lui prit en retournant de confesser « les Religieuses de la Visitation, comme on le voit dans le procès pour la « béatification et canonisation de ce Serviteur de Dieu. Il les dirigea depuis « le commencement de 1638 jusqu'à sa mort. C'est le même qui a institué « la Congrégation de Notre-Dame. »

AXNÉE 1638. 47

LETTRE MDLXIV

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