‹ Lettres (volume 2)Chapitre 19 sur 163 · A LA MÈRE JEANNE-SÉRAPHINE DE CHAMOUSSET · texte numérisé non relu

A LA MÈRE JEANNE-SÉRAPHINE DE CHAMOUSSET

SUPÉRIEURE A AOSTE '

La Sainte applaudit à l'élection de cette Supérieure; comment exercer sa charge.

vive f jésus!

[Annecy, 1638.]

Ma chère fille, Puisque la divine Providence vous a commis le soin de cette famille, travaillez avec un esprit de force et de persévérance autour de ces âmes, afin que le divin Sauveur règne en elles, et que l'exacte observance soit gardée par toutes. Et pour faire réussir ce dessein à la gloire de Dieu, portez vous-même la lumière du bon exemple devant toutes, vous appuyant en la grâce et en l'assistance de Notre-Seigneur, par une très-humble confiance que sa Bonté fera en vous et par vous tout ce qui sera

'Professe de Chambéry, cette Religieuse put compter chacun de ses jours par quelque faveur particulière de la Providence. Longtemps cependant elle avait lutté contre la plus précieuse de toutes, l'appel à la vie parfaite. Après bien des combats, elle se livra au Seigneur avec toute la plénitude de son âme qui se trouva pour jamais fixée dans cette vie surhumaine définie par ces paroles de l'Apôtre : « Le juste vit de la foi. »

A peine âgée de vingt-trois ans, Sœur Jeanne-Séraphine fut envoyée à là fondation d'Aoste pour y remplir les charges d'assistante et de maîtresse des novices Lors de son élection en 1638, les trois Personnes de l'adorable Trinité la pénétrèrent sensiblement de leur présence," en lui disant : Dieu est pureté. Sa fidélité à correspondre aux lumières célestes lui en attira de nouvelles. Au moment de la fondation de Turin, elle eut le bonheur de posséder quelques jours sainte J. F. de Chantai, et d'être témoin de plusieurs guérisons miraculeuses opérées par la Sainte en faveur des Religieuses malades. Les croix de tous genres qui fondirent sur le monastère d'Aoste firent briller la vertu de la Mère de Chamousset. Mgr Vercelin, évèque de la cité, disait qu'en la voyant il lui semblait voir sainte Catherine de Sienne ou un Séraphin embrasé des flammes de la charité. Cette digne Supérieure avait achevé son sixième triennat quand le 11 mars 1671 elle s'éteignit paisiblement en prononçant ces paroles : « Je suis une petite goutte d'eau qui va se perdre et s'abimer dans l'océan de l'immensité divine. » (Année Sainte, IIIe volume.)

requis pour le bien de ces âmes. Noire béni Sauveur soit loué qui vous a commis cette chère troupe, que sa Bonté conduira, j'espère, par votre entreprise, fort heureusement : vous n'avez besoin que de vous tenir en sa sainte main par une très-humble et fidèle confiance, et voir souvent votre pauvre incapacité pour cela; car l'esprit de Dieu repose sur le cœur humble et qui craint ses paroles. Inculquez souvent ces deux saintes vertus d'amoureuse crainte et profonde humilité; c'est le nécessaire fondement pour le salut et la perfection. Et, avec cela, faites-les marcher généreusement et exactement dans la voie de l'observance, et que jamais elles ne soient oisives.

Extraite de l'Histoire de la fondation du monastère d'Ao9te.

LETTRE MDLXV

A LA MÈRE MAR1E-AIMÉE DE RARUTIN

SUPÉRIEURE A THOXOS

Notre-Seigneur prend soin de la perfection de la Supérieure quand elle travaille à le faire régner dans le cœur des Religieuses.

vive •{• jésus!

Personne ne fait pour moi mes recommandations, c'est de tout mon cœur que je les fais moi-même, et vous dis que vous n'ayez aucun soin de vous-même en particulier, je dis de votre perfection. Notre-Seigneur l'aura, tandis que vous travaillerez à le mettre dans le cœur de ces pauvres Sœurs ; mais souvenezvous d'aller tout doucement en cette besogne et de vous tenir joyeuse et au-dessus de tout. Je suis vôtre.

Ma très-chère fille, je vous écrirai au premier jour; cependant soulagez-vous parmi votre grand tracas et durant ces

grandes chaleurs. Laissez-vous soigner, car je sais que vous en avez besoin. Mortifiez-vous en cela, et Dieu soit béni.

Ce billet est formé de deux post-scriplum ajoutés par la Sainte à des lettres que Sœur J.-Th. Picoteau adressait à la Mère de Rabutin. Les originaux sont gardés aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MDLXVI

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