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CIRCULAIRE ADRESSÉE AUX SUPÉRIEURES DE LA VISITATION

Envoi du Coutumier; désir d'en voir la pratique solidement établie dans l'Institut. ■ — Promesse de communiquer bientôt à tous les monastères les lies des Sœurs défuntes, tes Fondations, les Méditations, tes Petites Coutumes et plusieurs points omis dans les Entretiens de saint François de Sales.

vive -j- jrésus!

Annecy, 4 juillet 1638.

Ma très-chère fille, Je bénis Dieu qui me donne le contentement, avant mon départ de celte vie, selon le grand désir que j'en avais, de distribuer à nos monastères le Coutumier nouvellement réimprimé, et qui est augmenté de plusieurs éclaircissements nécessaires en la déclaration plus spéciale des intentions de notre Bienheureux Père, dont nous avions ici la science et pratique ordinaire, selon les occasions et nécessités. Et ne me reste, pour le comble de mon désir en ce sujet et pour ma consolation, que le témoignage que j'attends de la bonté cordiale de nos trèschères Sœurs les Supérieures et de leurs bénites familles, qu'elles embrasseront amoureusement l'exacte et fidèle observance, sans jamais s'en départir d'un seul point, non plus que de nos saintes Constitutions. Après cela, il me semble que je dirai de bon cœur, en l'espérance de la divine miséricorde : « Seigneur, laissez aller votre très-indigne servante en paix. » Et, afin que cette grâce m'arrive, je vous conjure, ma très-chère fille, et toutes

'Plusieurs monastères conservent un exemplaire de cette circulaire, signé de la main de la Sainte. Celui de Poitiers ayant un post-scriplum plus complet que les autres est reproduit de préférence.

vin. 4

nos chères Sœurs, d'implorer sans cesse sa douceur sur moi, vous assurant que, tandis que sa Bonté me lairra en cette vie, je continuerai à vous servir, et mourrai, moyennant sa sainte grâce, en aimant parfaitement vos dilections. Et vous souhaite, pour comble de bonheur, à toutes en général, l'intime union de vos âmes avec Dieu, et la très-sincère et cordiale [union] entre vous, par la parfaite observance de tout ce qui nous est marqué, vous assurant que je suis, d'une affection très-sincère, etc.

[P. S.] Ma très-chère fille, j'ai pensé que je vous devais dire encore que la cause pourquoi l'on a retardé jusqu'à présent de distribuer le Coutumier, c'a été pour l'amour de toutes ces petites tracasseries et censures que l'on nous a faites, ainsi que je vous l'écrivis l'an passé. Il me l'a fallu tout revoir : et Mgr de Sens, qui est un saint prélat , auquel nous avons des obligations incomparables, a pris la peine de le relire mot à mot, sur les mémoires que je lui envoyai, afin que, comme dit notre Bienheureux Père, lorsqu'il revit les Constitutions, nous ne laissions rien qui puisse donner matière dejïicoter et tracasser aux esprits qui se plaisent à cela. Au reste, ma très-chère fille, j'espère que, d'ici quelques mois, Xotre-Seigneur me fera la grâce de vous communiquer encore les Vies de nos chères Sœurs défuntes, les Fondations, les Méditations, que l'on a extraites des écrits de notre Bienheureux Père pour les solitudes annuelles, et encore nos Petites Coutumes de ce monastère, et plusieurs bons points qui ont été omis dans ses Entretiens imprimés, et que j'ai fait ramasser soigneusement du bon manuscrit que nous avons céans ; car je désire vous communiquer absolument tout ce qui est du Bienheureux et de l'Institut, afin que les Filles de la Visitation vivent toutes du bon et suave pain de cette sainte et pure doctrine, incomparablement profitable à leurs cœurs. Dieu soit béni ' .

1 Ces divers ouvrages annoncés par sainte J. F. de Chantai ne parurent point aussi promptement qu'elle l'espérait. Les Vies des Sœurs défuntes,

LETTRE MDLXVII (Inédite)

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