‹ Lettres (volume 2)Chapitre 28 sur 163 · A UN RELIGIEUX · texte numérisé non relu

A UN RELIGIEUX

Joie de la Sainte en voyant que Dieu manifeste la sainteté de son Bienheureux Père-

— Remercîments.

vive f jésus!

[Annecy, 1638.]

Mon Révérend et très-cher Père,

J'ai lu votre lettre avec très-grande consolation, y ayant remarqué des traits si particuliers de la spéciale Providence et volonté de notre doux Sauveur, à faire toujours plus connaître la véritable sainteté de son très-humble serviteur notre Bienheureux Père, et à manifester le dessein de sa glorification, que je ne puis assez à mon gré en remercier sa divine Majesté, ni vous, mon très-cher Père, de la communication si cordiale que votre bonté nous fait des saintes inspirations que vous avez reçues pour cela. La foi, la confiance et la persévérance que Dieu nous communique en cette occasion sont d'autant plus

remarquables que moins la chose était espérée par tant de personnes de considération. Dieu soit éternellement béni, qui a voulu en cette occasion consoler votre âme, et donner, par ce moyen, ce signe manifeste à tout le monde de la sainteté de ce Bienheureux prélat. Nous avons fait mettre son image, que Votre Révérence nous a envoyée, sur son tombeau, attachée au dais. Vraiment, elle est excellemment élaborée, et nous vous en offrons mille très-humbles remercîments, mon très-cher Père, vous suppliant d'avoir agréable celle que vous trouverez dans cette lettre, et laquelle représente, autant naïvement qu'il se peut, le visage de ce Bienheureux.

J'ai ressenti au cœur la douleur qu'a reçue le vôtre tout bon, de n'être venu ici avec ces bons Pères qui amenèrent la Révérende Mère des Ursulines de Loudun, car Votre Révérence en eût reçu, je m'assure, très-grande consolation, et nous aussi, qui regrettons la privation de ce bien; mais notre bon Dieu l'ayant permis, il nous faut soumettre. Je vous supplie, mon cher Père, que nous ayons part à vos saintes prières et sacrifices, et je vous assure que nous ne vous oublierons point devant Dieu, et dès maintenant j'en présente à sa Bonté l'intention. — Je suis, puisque Votre Révérence désire de le savoir, cette trèsindigne première fille du Bienheureux François de Sales, mon vrai et très-débonnaire Père, qui ai très-mal correspondu à ^etle très-précieuse grâce. Aidez-moi de quelques saints sacrifi ;es, mon très-cher Père, afin que je commence à mieux faire. Pieu en sera votre récompense, je l'en supplie, et de vous combler des trésors infinis de sa grâce, demeurant en tout respect, votre très-humble, etc.

LETTRE MDLXXXI

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