SUPÉRIEURE AU DEUXIÈME MONASTÈRE D ANNECY
La bonté et le support gagnent les creurs. — Caractères de la vraie amitié. vive f jésus!
[Turin, 1638.]
Ma très-chère fille,
Béni soit éternellement notre très-débonnaire Sauveur, qui nous a amenées heureusement et nous maintient en très-bonne santé! Pour nos nouvelles, je m'en remets à M. Marcher. —
Quant à votre conduite en ce qui se passa avec la petite Sœur N. , cela ne pouvait être mieux. Croyez-moi , la patience , l'amour cordial et maternel, avec la fermeté douce et raisonnable, gagnent tout sur les cœurs. Continuez à prendre cet esprit de la sorte et vous lui profiterez , et à vous encore et à toutes les autres aussi.
Je suis bien aise et bénis Dieu de quoi vous trouvez soulagement et assistance en notre Sœur F. A. [de la Pesse]. C'est une digne fille, qui me témoigne aussi grande satisfaction de vous et confiance. Affranchissez-vous de ces craintes, et agissez en esprit de sainte liberté et franchise. Reposez-vous fort en notre bon Dieu , Il conduira tout bien. N'écrivez point tant à notre Sœur l'assistante , sinon dans les besoins ; car souvent ce n'est que vaine satisfaction et temps perdu. L'union qui est en Dieu n'a pas besoin de tant de démonstrations; il les faut rendre par les effets, et non en paroles, lorsque l'occasion s'en présente. Enfin il faut que cette union soit constante , forte , inébranlable, et non environnée de crainte, ni nourrie de tendresse et paroles de compliments. Dans le vrai besoin elle pourrait aller à vous, je veux dire notre Sœur l'assistante; hors de là, point. Je salue votre cher cœur et toutes nos Sœurs : qu'elles prient Dieu pour nous. A part, je salue nos Sœurs assistante et directrice. Je ne puis leur écrire.
Dieu soit béni!
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MDLXXXIX