‹ Lettres (volume 2)Chapitre 43 sur 163 · A MADAME MATHILDE DE SAVOIE · texte numérisé non relu

A MADAME MATHILDE DE SAVOIE

A TURIN

Congratulations sur le rétablissement de sa sauté. Désir de recevoir sa visite.

vive -J- JÉSUS !

[Turin, 1639]

Notre très-hoivorée et vraiment très-chère et ronne Mère,

Nous ne pouvons plus demeurer sans nous conjouir avec Votre Excel'ence du retour de sa tant désirée santé, pour laquelle, comme nous avons beaucoup prié notre bon Dieu, aussi maintenant nous l'en remercions de tous nos cœurs, en suppliant sa souveraine douceur de nous conserver à longues années votre chère vie, pour la combler de grâces et de mérites devant sa divine Majesté, et lui donner une entière consolation de la sainte œuvre que votre piété, ma très-honorée Madame , a si généreusement accomplie pour sa plus grande gloire. Mais que Votre

Excellence me permette de lui faire cette douce plainte, de quoi nous jouissons si peu de l'honneur de sa chère présence. De vrai, j'en ai quelquefois mal au cœur. Nos Sœurs qui sont pour demeurer ici, pourront recouvrer cette perte; mais moi, jamais, sinon que Votre Excellence fasse un jour une saillie jusqu'à nous, ce que je désire de cœur, car enfin je vous honore entièrement et me sens très-obligée d'être à jamais et de toutes mes affections, Madame, votre très-humble, très-obéissante et fidèle servante.

LETTRE MDCIX

A MONSIEUR BAYTAZ DE CHATEAU-MARTIN

DOYEN DE LA COLLÉGIALE DE NOTRE-DAME D'ANNECY, PÈRE SPIRITUEL DU PREMIER MONASTÈRE DE LA VISITATION

Lenteur des affaires de la fondation de Turin. — La Sainte demande son obéissance pour revenir à Annecy.

VIVE -j- JÉSUS !

Turin, 3 février [1639].

Monsieur mon très-honoré Père,

J'ai reçu la vôtre du commencement de cette année, elle a demeuré longtemps en chemin; nous fîmes donner incontinent celle de M. de Verbeau , et avons salué de votre part le Père dom Juste, lequel vous honore et chérit très-particulièrement; ses affaires à Rome vont avec autant de longueur que les nôtres ici. Si jamais, que je me souvienne, je fus exercée en patience pour des affaires temporelles, nous le sommes ici pour les affaires de cette maison , où quelque presse que nous ayons su faire, nous n'en avons encore su avoir la conclusion. L'on nous promet enfin que ce sera dans la semaine prochaine, car je témoigne du déplaisir de telles longueurs; la volonté de madame notre fondatrice est forte; mais elle est si attachée à la cour que ce qui se pourrait faire en une heure avec elle, il y faut des mois. Nous n'attendons que cela pour nous retirer, car

le temps va s'adoucissant; toutefois, je vois si peu de certitude aux promesses, que je crains du retardement.

Je vois bien que l'on me menace de Madame qui voudra nous arrêter jusqu'à Pâques, mais je me résous de parler si ferme que l'on nous laissera aller sitôt que nos affaires seront conclues ; cela veut dire entre ci et le 8 ou le 15 de mars au plus loin, si Dieu en donne le temps. Je pense toutefois, mon très-cher Père, que, pour plus grande assurance et facilité, il sera bon que Votre Révérence nous envoie une petite obéissance de nous retirer en notre maison [d'Annecy] le plus tôt qu'il se pourra, voire, soudain après avoir ici achevé les affaires de la fondation; et, si vous jugez à propos d'y faire insérer notre passage vers nos Sœurs de Pignerol, je crois qu'il serait bien utile de les voir, afin qu'après cela l'on résolut ce qui se doit faire de cet établissement-là. — Le Père dom Juste espère que les Bulles seront expédiées dans la tin de ce mois, puis les procès de ces premiers actes, reçus sans difficulté. Dieu, par sa bonté, réduise toutes choses à sa gloire et vous comble de ses saintes bénédictions! Je suis de cœur en tout respect, mon très-honoré Père, votre, etc.

LETTRE MDCX (Inédite)

A LA MERE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

SUPÉRIEURE ft BOURG KSI IiRESSE

Détails sur la communauté de Turin. — On ne peut dispenser de l'assistance aux Offices du chœur que dans une absolue nécessité. — Ce serait charité de recevoir au monastère de Bourg les Sœurs du Saint-Amour réfugiées dans cette ville.

VIVE 7 JÉSUS

Turin, 7 février 1639.

Ma très-chère fille,

Dieu soit éternellement béni de nos âmes ! J'ai enfin reçu une de vos lettres en date du 8 janvier; le temps m'était long dès que je n'en avais eu. Je remercie la bonté de Dieu de vous avoir

guérie et la supplie de vous maintenir longtemps en santé. Nous y sommes toutes, grâce à sa divine Majesté, et me suis toujours très-bien portée dès que nous sommes ici. Je vous ai écrit il y a plus de six semaines toutes nos nouvelles. Nous avons trois novices, une prétendante, trois d'assurées qui toutes me plaisent bien; nous en avons renvoyé deux. Nous sommes toujours après ces bénites affairés temporelles de la fondation, pour laquelle l'on remet deux fort beaux grangeages. Nous espérons, Dieu aidant, de partir pour retourner à Nessy au commencement de mars, si la saison le permet, comme nous l'espérons.

Vous êtes si bonne que vous jugez ainsi chacun. Je crois bien certes que votre Sœur que vous avez mise au noviciat est bonne, mais ne laissez de bien veiller sur elle et sur les autres. Si votre maison a une vraie nécessité, vous pouvez dispenser ces deux bonnes Sœurs de l'assistance à l'Office du cbœur, pour, du travail de leurs mains, y subvenir; mais non certes pour autre occasion, sinon pour quelque Office, par-ci par-là.

Nos Sœurs écriront bientôt à votre communauté toutes leurs nouvelles. Il y a longtemps que je n'en ai eu de nos Sœurs de Saint-Amour. Certes, j'ai compassion d'elles, car les maisons sont si pauvres, excepté quelque petit nombre, qu'elles ne peuvent pas redoubler leurs charités : ce sont celles-là qui ont besoin de travailler. Hélas ! la grande charité que vous feriez si vous pouviez les retirer en une partie de votre maison; mais il faut bien regarder si vous pourrez vous en passer, et s'il sera à propos, cela étant, que les filles parlent beaucoup ensemble. Je crois que chacune se devra, pour l'ordinaire, tenir en son quartier. Bonjour, ma très-chère et vraie fille. Dieu vous bénisse toutes et vous fasse prier pour moi , qui suis toute vôtre.

Dieu soit béni!

Conforme à l'original gardé aux Archives delà Visitation d'Annecy.

LETTRE MDCXI (Inédite)

A LA SOEUR ANNE-MARIE ROSSET

AL' rilliMIKR MONASTÈRE D'ANNECY

Témoignage de maternelle affection.

VIVE j JÉSUS !

iTurin, 1639.]

J'ai reçu depuis peu de jours votre lettre et mémoire, lequel je ne lirai qu'à notre retour, n'ayant, je vous assure, aucun loisir. Il ne faut plus envoyer les lettres par le Val d'Aoste, cette voie est trop longue. J'ai reçu grand contentement de vous ouïr un peu parler en ce langage muet. J'espère, Dieu aidant, qu'environ le commencement de mars nous parlerons avec profit de tout ce que vous m'écrivez, et tandis je bénis Dieu des saintes grâces qu'il continue à votre chère âme, et vous conjure, ma très-chère fille, de me recommander souvent à ce très-débonnaire Sauveur , afin que sa très-sainte volonté s'accomplisse en nous et par nous.

Je salue, mais très-cordialement, mes très-chèreu filles M.-Gasparde [d'Avisé], M. -Françoise [Humbert], Jeanne-M. [de Fontany], Jeanne-Marg. [de Mongeny], et toutes les autres que je voudrais nommer, ayant leurs noms engravés dans mon cœur. Croyez qu'il me tarde bien de revoir cette chère et bénite troupe. Dieu répande sur elle ses chères bénédictions. — J'écris à ma Sœur l'assistante qu'il faut que vous cachetiez toutes les lettres1. Ma très-chère fille, je suis, mais de cœur, entièrement vôtre.

Conforme ù une copie faite sur l'original par la Mère Rosset elle-même. Archives de la Visitatiou d'Annecy.

1 A la Visitation, le soin de cacheter les lettres esl une des attributions de la charge de coadjutrice.

LETTRE MDCXII

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