‹ Lettres (volume 2)Chapitre 50 sur 163 · A AVIGNON · texte numérisé non relu

A AVIGNON

Obligation pour une Religieuse de se rendre au monastère où l'obéissance l'envoie. — Eloge des Sœurs de Marseille.

vive f jésus!

Annecy, 12 juin 1639.

Ma très-chère fille, Je n'eusse pas cru que ma Sœur la Supérieure ni nos Sœurs eussent donné leur consentement pour [que vous soyez] élue hors de votre maison d'Avignon; mais puisqu'elles l'ont fait, quel moyen de se dédire, sinon que Mgr le cardinal l'empêche? car le lieu du séjour de votre personne dépend de lui. Comme j'ai confiance en Dieu que votre bon cœur, par l'intime affection qu'il a au mien , se trouvera toujours de même volonté et désir que moi, [plusieurs mots illisible]. Je suis bien de votre

1 Des son entrée au premier monastère de Lyon en 1620, Sœur Anne- Françoise Bourgeat comprit « l'excellente beauté d'une âme dépouillée de toutes les choses de la terre et uniquement possédée de Dieu ». Aussi saint François de Sales recommanda-t-il à la Mère de Blonay d'avoir un soin particulier de cette jeune professe, «parce que, dit-il, si elle venait à tomber, elle tomberait de bien haut, et si elle persévérait, elle irait bien avant dans la perfection. Cette courageuse persévérance est la faveur que Dieu lui a faite (ajoutent les anciens Mémoires), ayant été une de ces âmes que Dieu mène de grâces en grâces, en sorte qu'allant de vertus en vertus elles parviennent à la totale destruction d'elles-mêmes et à la possession du souverain Bien. » Envoyée en 1623 à la fondation du monastère d'Avignon, Sœur Anne-Françoise y succéda à la Mère J. M. Compain dans la charge de Supérieure, et prépara l'établissement des maisons de Forcalquier et du Pont- Saint-Esprit. Plus lard elle gouverna les communautés de Marseille et de Saint-Flour, et contribua à la fondation d'Aurillac. De pénibles épreuves marquèrent la dernière supériorité de cette généreuse Mère, et contribuèrent puissamment à l'élever au degré de perfection que saint François de Sales avait prévu qu'elle atteindrait. « Le 22 juillet 1658 elle fut appelée à jouir de cette meilleure part de Marie qu'elle avait choisie et qui ne lui sera jamais àtée. » (Année Sainte, VIP volume.)

sentiment que l'on ait ma Sœur la déposée de Forcalquier devant que vous sortiez, et à laquelle il ne faudrait point d'autre témoin pour faire croire la certitude de votre vœu, que votre seule parole ou écriture. Les effets font bien voir qu'il vous fut inspiré de Dieu.

Il est vrai, ma fille, que je ne me souviens pas de ce que vous a dit notre Bienheureux Père; mais vous me le manderez bien à votre loisir. Certes , vous trouverez une famille de bénédiction; car ces chères Sœurs de Marseille sont de très-bonnes filles. Je crois que vous en recevrez de la consolation , et nos chères Sœurs, de votre conduite. Ma très-chère fille, priez bien Dieu pour moi quand vous serez à Marseille, et nos Sœurs aussi. Je crois que Mgr le cardinal, étant dans les sentiments où il est, ne vous refusera pas. Je prie Dieu qu'il vous comble de ses plus précieuses grâces, et suis sans réserve, ma très-chère fille, votre très-humble, etc.

Couronne à l'original gardé à fa Visitation Je Montpellier.

LETTRE MDCXXIII {Inédite)

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