‹ Lettres (volume 2)Chapitre 52 sur 163 · A QUELQUES RELIGIEUSES DE LA VISITATION · texte numérisé non relu

A QUELQUES RELIGIEUSES DE LA VISITATION

A AIILES

La Sainte les remercie de s'opposer à la déposition de leur Supérieure. Avec quelle prudence on devrait procéder, s'il était jugé nécessaire de le faire avant le temps.

Mes vraiment très-chères filles,

Je vous sais certes très-bon gré du zèle que vous me témoignez pour la conservation de la bonne odeur de notre Institut , et bénis Dieu de la lumière qu'il vous a donnée comme vous vous devez opposer à la déposition de votre bonne Mère, [si] en conscience et devant Dieu vous voyez qu'elle n'ait rien fait qui mérite cela et qu'elle ne soit pas incapable de sa charge. L'on m'en avait écrit tant de choses, que je serais bien misérable si je n'eusse pas témoigné de la soumission au commandement que Mgr d'Arles me faisait de la rappeler et d'en envoyer une autre d'ici : comme nous n'en voulions point envoyer, nous priâmes que l'on attendit après l'élection d'Avignon, que l'on

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verrait laquelle de ma Sœur de Saint-Michel ou Bourgeat vous pourrait être envoyée; et quand elle serait là, elle aviserait, avec les Supérieurs et toutes les bonnes Sœurs de la maison et votre chère Mère, si elle devait être déposée : voilà eu substance, mes très-chères filles, ce que j'ai mandé et ce que je réitère.

Mais, pour vous ôter de toute perplexité, voici une copie de l'ordre que notre Bienheureux Père avait ordonné que l'on tînt quand il faudrait déposer une Mère avant le temps : il faut suivre cela, mes très-chères filles. C'est par la négligence des copistes que cela est omis dans nos Constitutions, mais nous le faisons mettre ailleurs, Dieu aidant l. Vos bons cœurs jugeront bien, mes très-chères filles, qu'oulre l'intérêt général que cette maison a du bien de l'Institut, le particulier qui nous touche pour le regard de votre bonne Mère, qui est certes fille bienaimée de cette maison , nous ne devons ni pouvons faire autre chose en ce sujet : il faut, comme vous voyez, faire les preuves de son incapacité , avant que l'on la puisse déposer selon toute justice et ordre de l'Institut.

J'espère en Dieu que toutes vous autres, qui êtes zélées pour le bien de votre maison, parlant aux Supérieurs, selon que la divine Bonté vous inspirera, la chose ne passera pas plus outre. Mais je vous demande, mes très-chères filles, que tout ceci se fasse avec grande douceur de cœur, suivant la règle de la vraie charité, compatissant aux défauts du prochain que l'on ne peut pas empêcher. Je prie le Saint-Esprit qu'il vous donne la lumière dont vous avez besoin , et me recommande à vos prières, mes très-chères filles, vous assurant que je vous chéris trèscordialement, et suis en toute sincérité, votre très-humble, etc. Deuxième jour de la Pentecôte.

Conforme à 1111e copie gardée aux Archives de la Visitatiou d'Annecy. 1 Cel article a été inséré dans l'addition aux Constitutions.

LETTRE MDCXXV (Inédite)

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