‹ Lettres (volume 2)Chapitre 70 sur 163 · SUPERIEURE DE LA COMMUNAUTÉ DE CUAMPLITTE RÉFUGIÉE A GRAY · texte numérisé non relu

SUPERIEURE DE LA COMMUNAUTÉ DE CUAMPLITTE RÉFUGIÉE A GRAY

Souhaits de bonne année. — Nouvelles des Sœurs de Turin. — Affaires.

vive -J- JÉSUS î

[Annecy], 17 janvier [1640].

Ma bonne et très-chère fille,

Ce marchand nous assurant qu'il va à Besançon , il ne le faut laisser passer sans employer le moment du loisir qu'il nous donne pour vous saluer avec toutes vos chères filles, en cette nouvelle année, que je vous souhaite toute sainte et toute bonne par un perpétuel accroissement au très-saint amour de Noire- Seigneur. Et vous conjure, ma fille très-chère, que vous me continuiez toujours la charité de vos prières; car, plus je vais, plus je m'en trouve nécessiteuse. La très-sainte volonté de Dieu soit faite en tout et partout! Nous nous portons bien, grâce à Dieu , et attendons bientôt de vos chères nouvelles : celles de nos bonnes Sœurs de Turin sont toujours à l'ordinaire, au moins quand elles nous écrivirent; il les faut beaucoup recommander à Noire-Seigneur. Elles sont toujours dans les hasards de la gUerre. — Je vous prie, ma très-chère fille, de poursuivre vers M. Richard l'affaire dont je vous ai écrit pour la dot de ma Sœur [M. -Isabelle] Flory. Voilà tout ce que ce moment de loisir me permet de vous dire, et que je suis, ma très-chère fille, votre, etc.

Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MDCLXVII (Inédite) A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE RABUTIN

SUPÉRIEURE A THONOX

Conseils pour l'âme appelée à l'état de simplicité. — Affectueuses recommandations. — Divers détails.

vive f jésus!

[Annecy], 25 janvier 1640.

Ma très-chère fille,

Je vous réponds par la main de ma Sœur Jeanne-Thérèse, mes yeux ne me permettant de le faire. Je connais si bien votre cœur, ma fille, qu'il n'est pas besoin qu'il me parle pour l'entendre. Priez bien Dieu pour celle que vous chérissez tant, et qui le mérite si peu ; car elle en a grand besoin. Ne dites plus, et ne vous arrêtez guère à penser que vous êtes aveugle à connaître vos défauts de Mère ; abaissez-vous devant Dieu simplement pour cela, et ne laissez pas votre âme dans l'ignorance de la grâce que Dieu vous fait de vous tenir de sa sainte main et vous empêche de faire plusieurs défauts, dont il lui faut rapporter la gloire fort simplement. Aloins vous permettrez à votre esprit de faire des réflexions et d'agir, prou vous cheminerez en la voie que Dieu vous veut; et tant plus vous simplifierez et purifierez votre regard en Dieu, tant plus vous laisserez de place et de liberté à Noire-Seigneur pour faire ses opérations en votre âme; faites-le donc et souffrez doucement, comme vous faites, les tracassements de l'amour-propre, qui veut toujours faire quelque chose, où l'on n'a pas à faire de lui, ni de son service.

Je viens à celle heure à cette grande santé que vous dites que vous avez, laquelle je vois pourtant avoir de très-dangereuses marques et dangereuses attaques. J'ai pensé que vous étiez fille de ne pas tenir le régime que je vous ai priée d'observer

exactement, et que je fais encore, sans vous en départir; car l'obéissance de votre Père spirituel, la prière affectionnée que je vous en ai faite, et le grand désir que vous savez que j'ai pour cela, méritent bien que vous ne vous en départiez point, sous quelque prétexte que ce soit; et moins encore des veilles du soir et du trop lever matin, et de souffrir le froid en ce temps ici et le soleil en été; car c'est cela qui vous attire ces grands catarrhes, et c'est un grand miracle qu'ils aient ainsi passé. Et spécialement gardez-vous du serein; car si vous ne prenez garde à ces choses-ci, Dieu ne vous en saura pas gré et vous me désobligerez extrêmement. [Plusieurs lignes illisibles.] Ne faites point de réplique sur ce que je vous dis ci-dessus; car cela sera plus agréable à Dieu que toute satisfaction que vous avez à mortifier votre corps.

Pour tout ce que vous me dites, touchant ces pauvres Sœurs, je vois que Dieu vous assiste de sa lumière pour leur conduite; c'est pourquoi je n'ai à vous dire sur cela sinon que vous continuiez à la suivre. Je suis touchée avec vous du rejet que nos Sœurs ont fait de ma Sœur A. -Françoise [Dunant] ; vous me ferez plaisir de leur dire de ma part qu'elles ne connaissent pas la bonté et vertu de cette Sœur; elles n'ont pas fait en cette occasion ce qu'elles voudraient qui leur fût fait. Pour ma Sœur J. F. , vous ferez grande charité de lui faire connaître cette vanité. Il y a longtemps que je sens cela en elle. Faites-lui bien connaître la nécessité qu'elle a de s'amender de ce défaut-là.

Nous reçûmes [hier] à soir votre billet daté du 22 janvier. Dieu soit béni de quoi la maladie n'a pas repris en votre ville. Nous ne pouvons dire davantage, crainte que cette occasion ne nous échappe. Nous ne manquons de vous écrire par toutes celles qui se présentent. Nous avons reçu le paquet de lettres où étaient toutes vos images et votre grande lettre. Nous ne savons pas nous souvenir des précédentes, au moins vous a-t-on tou* jours répondu à toutes vos lettres; mais vous savez nos affaires,

et par-dessus toutes je prends volontiers la consolation de vous parler; car vous savez bien que vous êtes ma bien-aimée et très-chère fille. — Jour de saint Paul.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MDCLXVIII (Inédité)

A LA SOEUR MARIE-MADELEINE DE GRANIEU

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