A LA VISITATION' DE FBIBOURG
Promesse de les compter au nombre des Religieuses d'Annecy. Vertus qu'elles
doivent acquérir.
VIVE -j- JÉSUS !
[Annecy], 7 avril 1640.
Mes très-chères filles,
Le récit que le Père Dufour m'a fait des bonnes qualités que Dieu a mises en vos chères âmes, et la généreuse action que vous avez faite pour vous déprendre du monde et de ses vanités,
1 Les magistrats de Fribourg, n'ayant reçu dans leur ville les Religieuses de la Visitation qu'à titre de réfugiées, ne leur permettaient pas de se recruter par l'admission de nouveaux sujets. « La Mère M.-Marg. Michel, ne pouvant se résoudre à éconduire les âmes désireuses de se consacrer à Dieu dans notre Institut, pria sainte J. F. de Chantai de l'autoriser à les recevoir en
jointe à l'affection que vous me témoignez de vous rendre de vraies Filles de la Visitation, nous donne une grande consolation et courage de vous accorder ce que vous désirez. Mais, mes très-chères filles, comme cette maison [d'Annecy] a reçu les prémices de l'esprit, et la grâce d'avoir été si souvent arrosée des avis salutaires et des instructions de son saint Fondateur, elle requiert de ses chères enfants une ponctuelle observance de ses règlements, par le moyen de laquelle les âmes acquièrent et se forment dans une profonde humilité, une sincère candeur et simplicité, une amoureuse obéissance et une douce et suave charité en leur conversation : voilà les principales vertus qui doivent reluire aux vraies Filles de notre Bienheureux Père, et qui contiennent toutes les autres. Travaillez à les acquérir, mes très-chères filles, et devenez tous les jours plus petites en l'estime de vous-mêmes : c'est la vraie grandeur des âmes qui prétendent à l'union des épouses. Dieu vous a choisies pour ce souverain bonheur; correspondez fidèlement à une si haute dignité, et sa Bonté vous comblera des grâces de son saint amour. Je l'en supplie de tout mon cœur, et vous, mes chères filles, de me recommander souvent à sa divine miséricorde, et croyez que je suis de cœur, mes très-chères filles, etc.
qualité de novices d'Annecy. » — « Oui, ma très-chère fdle, répondit la « Sainte, ce sera avec plaisir que nous ouvrirons les portes de notre maison « à ces filles, puisqu'elles sont si généreuses que de vouloir non-seulement « quitter leurs parents, mais encore leur patrie, pour se consacrer à Dieu « dans notre Ordre. » Les quatre prétendantes honorées de la lettre de la Sainte étaient mesdemoiselles de Praronian, de Diesbach, de Gléresse et de Reynold, issues des plus nobles familles de Fribourg. (Histoire de la fondation de Fribourg.)
LETTRE MDCLXXXIII (Inédite)