‹ Lettres (volume 2)Chapitre 77 sur 163 · SUPÉRIEURE DE LA COMMUNAUTÉ DE SAINT-AMOUR RÉFUGIÉE A BOURG EN BRESSE · texte numérisé non relu

SUPÉRIEURE DE LA COMMUNAUTÉ DE SAINT-AMOUR RÉFUGIÉE A BOURG EN BRESSE

La Sainte applaudit à sa résolution de garder auprès d'elle la Sœur déposée.

vive j- jésus!

Annecy, 11 avril 1640.

Ma toute chère fille,

Vous avez fort bien fait de mander à ma Sœur la Supérieure deRiomquevousne pouviez pas donner la chère Sœur déposée; car, en effet, étant dans un petit exil et votre santé en l'état où elle est, il n'y aurait pas moyen, en conscience, de vous ôter ce cher appui. Je vous avoue, ma chère fille, que je suis en peine de votre mal; soyez bien souple, je vous en conjure, à prendre le repos et les soulagements que l'on vous jugera nécessaires, car votre santé et votre vie ne sont pas à vous, ains à la Congrégation, à qui vous les avez sacrifiées. Je suis bien consolée, ma chère fille, de la paix avec laquelle votre chère communauté persévère en l'observance. Je conjure toutes ces chères Sœurs d'avancer sans cesse par cet amoureux chemin à la très-sainte éternité, et de me recommander quelquefois à la souveraine bouté de Notre-Seigneur, qui ne les abandonnera jamais, tandis qu'elles se reposeront de tout en son soin paternel. Je salue tout à part ma très-aimée fille Fr.-Augustine [Brungj, qui sait bien de quel cœur je suis toute sienne, et prie notre bon Dieu vous tenir toujours plus unies en son très-saint amour, auquel je suis d'un cœur tout invariable, votre, etc. — Mercredi après Pâques.

Conforme à une copie gardé'e aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MDCLXXXIV (Inédite)

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE RABUTIN

SUPÉRIEURE A THOXO.V

Demande de renseignements sur une jeune personne entrée au monastère de Thonon.

vive -J- jésus!

[Annecy], 14 avril 1640.

Ma très-chère fille, Monseigneur nous a commandé de vous écrire, afin que vous nous mandassiez bien particulièrement toute l'histoire de cette fille qui s'est venue jeter chez vous, ce qu'elle a porté, où elle l'a pris, ou de qui elle l'a eu. Ces bonnes gens sont venus se plaindre à Sa Seigneurie, disant qu'elle leur a pris huit vingts pistoles, qui étaient toute leur substance pour vivre en ces temps de misère, que la Sœur Georges [tourière] l'a attirée et l'amena avec elle pour la faire travailler, puis l'amena chez vous. Enfin, ma chère fille, dites-nous bien tout comme la chose s'est passée, je vous en prie. Et moi je vous supplie de nous dire de vos nouvelles, et de m'offrir à Celui en l'amour duquel je suis toute vôtre, de tout le cœur que vous savez, ma fille. Dieu soit béni! Amen.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MDCLXXXV

A LA MÈRE MADELEINE-ELISABETH DE MAUPEOU

SUPÉRIEURE A CAEV '

Eclaircissement sur la Constitution XIVe. — Promesse de prier pour la conversion de son père. — Souhaits de bénédictions. — Dans quel cas on peut prendre une cinquième Sœur domestique.

vive ■{• jésus!

[Annecy], 14 avril 1640.

Votre maison intérieure va donc bien, ma chère fille, puisque votre cœur ne veut que son Dieu et son observance; et votre

1 La grâce de la vocation religieuse n'avait pénétré dans le cœur de la

maison extérieure va aussi bien, grâce à Dieu, puisque l'exactitude et l'union y régnent. — Vous n'avez nullement mal fait d'acheter des toiles et dentelles pour Mgr N. Quand c'est pour les prélats et ornements sacerdotaux, nous n'en faisons aucun scrupule. Pour plus d'honneur aux saintes ordonnances de la Constitution qui défend de vendre ni acheter, vous pouviez faire ces petites emplettes-là par quelque dame amie, bien qu'en vérité cela n'est pas grand'chose, ni vous n'en devez point entrer en scrupule.

Nous ne manquerons pas de prier Dieu de bon cœur, afin qu'il donne sa sainte lumière à M. votre père et le retire de son

respectable Mère de Maupeou que par des brèches sanglantes. Issue de parents très-connus à la cour de France sous le règne de Henri IV, elle avait été enchaînée dans les liens du mariage contrairement à sa volonté et se vit pendant huit années victime des plus aveugles passions. Aussi, dès son entrée au premier monastère de Paris (1628) jusqu'à sa mort (1674), ne pouvait-elle se lasser de répéter : Le joug du Seigneur est doux et son fardeau léger!

Un total oubli d'elle-même, joint à une grande force d'esprit, la rendit bientôt capable de servir l'Institut. Elle gouverna six ans la communauté de Caen , d'où sa charité s'étendit aux pauvres monastères de Lorraine qu'elle assista en jeûnant avec ses Religieuses plusieurs jours de la semaine. Sainte J. F. de Chantai, ravie de cette inspiration charitable, s'écria les yeux pleins de larmes : Voilà qui est sorti du cœur d'une vraie fille de la Visitation! En 1641, la Mère de Maupeou dut se rendre aux désirs de Mgr François Fouquet, son neveu, qui, l'année précédente (21 septembre), avait fondé à Rayonne un monastère de la Visitation. Les sept Religieuses sorties du premier de Paris étaient demeurées sous la conduite d'une assistante commise, Sœur M. -Geneviève de Furnes, jusqu'à l'arrivée de la Mère Madeleine-Elisabeth, dont le sage gouvernement assura la prospérité de la communauté naissante.

Rentrée en 1655 à sa maison de profession, elle y fut élue Supérieure, et de là employée avec le même succès en divers apostolats, chez les Ursulines de Melun, à Port-Royal et à la Magdelaine. Avant de quitter l'exil, la fervente Mère de Maupeou eut l'indicible joie de voir son vieux père, intendant et contrôleur des finances, abjurer le calvinisme et mourir enfant de la sainte Eglise romaine. {Année Sainte, VII' volume.)

erreur. Je ne doute point que ce ne vous soit une sensible touche de voir en un état de mort éternelle celui qui vous a donné la vie temporelle. Mais, ma chère fille, il faut se consoler en ce que ces âmes sont plus chères à Notre-Seigneur qu'à nous ; sa Providence sait quelle gloire elle veut tirer de leurs maux. Il ne faut pas laisser de solliciter, par une humble prière, la divine miséricorde.

Vous me demandez que je fasse un souhait sur votre communauté. 0 Seigneur Jésus ! que peut souhaiter mon cœur à ces très-chères filles, sinon qu'il plaise à votre souveraine Bonté de leur faire la grâce de cheminer de vertu en vertu en votre saint amour par une amoureuse, fidèle et sincère observance de tout ce qui nous est marqué par notre saint Fondateur? — Certes, ma fille, j'ai eu une joie sensible d'apprendre avec quelle révérence et amour filial votre communauté a reçu le Coutumier nouvellement imprimé, où les intentions de ce Bienheureux sont. — Il n'y a point de doute qu'ayant une Sœur domestique infirme pour le reste de ses jours, vous n'en puissiez prendre une cinquième en sa place, puisque l'autre est hors de pouvoir faire ce qui est de sa condition, bien qu'elle demeure toujours dans ce rang. Votre, etc.

LETTRE MDCLXXXVI (Inédite)

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