‹ Lettres (volume 3)Chapitre 101 sur 351 · LETTRE CXXV · texte numérisé non relu

LETTRE CXXV

A LA MÊME

La Sainte exhorte la Mère Favre à ne pas refuser obstinément les soins nécessaires à la conservation de ses forces , et prend occasion de lui dire qu'elle-même a failli en ce point.

vue -j- jésus!

[Annecy, 1617].

Vilement ce petit billet à ma très-chère fille, afin de lui donner un très-cordial bonjour avant que partir de notre cellule ; car à soir bien tard le bon Père nous dit qu'il allait à Lyon, et nous ne saurions laisser passer une occasion sans vous dire peu

ou prou, car enfin vous êtes la très-chère grande fille de mon cœur. Mon neveu est retourné tout consolé de votre visite, il nous en entretint une petite heure avec Monseigneur; mais il nous avait promis de le faire encore bien plus amplement. Hélas ! il nous dit que vous alliez vous rendant fort maladive , cela nous tient fort en peine, car enfin la force et santé corporelle nous est nécessaire à nous autres, ma très-chère fille; mais ne vous rendez pas obstinée comme j'ai fait autrefois. Pour l'amour de Dieu , laissez-vous gouverner, vous ne sauriez faire un meilleur service à nous, ni de meilleure édification à vos filles. Souvenez-vous du trouble que j'ai donné pour cela, et faites comme maintenant je fais, par la grâce de Dieu, qui m'a enfin fait connaître ma faute. Recevez fort simplement tout ce que l'on vous donnera, et faites ce que l'on voudra, je vous en conjure, ma très-chère fille, et ne faites pas le contraire sous quelque prétexte que ce soit. Bonjour, je n'ai pas le loisir.

Je ne sais si vous avez reçu un billet que nous vous avons écrit, où Monseigneur et moi vous priions de retirer madame Léotard, si elle vous en priait.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.

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